“Vérité, vérité chérie” Valérie Zenatti

Vérité, vérité chérie
Valérie Zenatti
Audrey Poussier (ill)
Ecole des Loisirs, “Mouche”, 2009

 

Camille est la petite louve la plus intelligente de l’école. Un jour, elle doit écrire une rédaction sur son grand-mère, mais elle ne le connaît pas. Devant les réponses vagues de sa mère, elle mène elle-même une enquête sur son aïeul.

Je crois bien que c’est la première fois que j’ai un coup de coeur pour une première lecture! Dans le cas présent, ça m’a l’air un peu inévitable : la qualité est bien au rendez-vous.

Le lecteur s’immisce dans la société des loups, société qui, de prime abord, semble être simplement un double de la nôtre où les animaux sont humanisés. Cependant, cette communauté rejoint l’univers du conte de manière très fine. L’auteur fait en effet référence à des éléments de contes très connus sans les citer, et nous relie principalement au Petit Chaperon Rouge… mais du point de vue des loups.
Les principales qualités de cette première lecture est qu’elle développe une histoire construite proprement, qui satisfait la curiosité, tout en restant très accessible aux plus jeunes lecteurs. L’intrigue y est développée correctement, l’action est dense, ainsi que la diversité des sentiments qui s’emparent de Camille. L’auteur conserve également souvent un ton de conteur, en insérant ici et là des vérités générales.

Enfin, Audrey Poussier nous régale avec de très belles illustrations en dégradés de gris/noir et une touche de rose, illustrations qui s’adaptent parfaitement au propos et au public visé.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là!
Ricochet
Blog culturel
Otium

 

“Charlotte et le Croque-Mioche” Olivier Muller

Charlotte et le Croque-Mioche
Olivier Muller
Clothilde Perrin (ill)
Bayard Poche, “mes premiers j’aime lire”

 

Un monstre dévoreur d’enfants hante la forêt. Un jour, Charlotte s’y aventure, attirée par des bonbons que le monstre avait semé. Elle est capturée et doit répondre aux devinettes du Croque-Mioche.

Voilà une première lecture fort agréable, dont l’univers est très proche de celui du conte. On y retrouve des personnages typiques : l’ogre, l’enfant imprudent ; et le schéma classique des questions qui ont pour but de tester la victime (rappelez-vous… Oedipe-Roi… Sacré Graal!). Il y a une épreuve à passer : l’ogre ayant promis de ne plus manger d’enfants si l’un d’entre répondait correctement à trois devinettes. Au final, l’histoire est simple, amusante et bien écrite.

Le tout est agrémenté d’illustrations assez colorées qui apportent de la légèreté au récit. L’ogre est assez ridicule par certains aspects, mais garde tout de même une belle dégaine de méchant!

“Un visiteur étrange-bizarre” Anne Didier

Un visiteur étrange-bizarre
Anne Didier
Nicolas Hubesch (ill)
Bayard Poche, “J’aime lire”, 2009

 

Félicien répond à la petite annonce d’un extraterrestre, pensant que c’était une plaisanterie. Mais l’extraterrestre en question débarque chez lui quelques secondes plus tard. Ce dernier doit faire un exposé sur la Terre et les us et coutumes de ses habitants. En échange, Biourk apprend à Félicien quelques ruses pour se défendre contre le gros dur de l’école.

Voici une première lecture très fraîche et amusante. On sourit au naturel avec lequel Félicien accueille Biourk – après le choc de la surprise passé – alors qu’il le dissimule à ses parents journalistes, de peur qu’ils fassent de son nouvel ami un scoop! L’histoire est simple mais très efficace, et touche par sa simplicité et la facilité avec laquelle les deux enfants s’acceptent et s’entraident. Biourk est un personnage très attachant, et sa manière très spéciale de s’exprimer donne l’impression qu’il a appris à partir d’un dictionnaire de synonymes!
Les dessins ajoutent à l’humour de l’ensemble. Ils aident bien à se projeter dans l’histoire, et à représenter les fantasmes (pas forcément enfantins) des super-pouvoirs.
J’ai particulièrement apprécié cette petite lecture parce qu’elle me rappelait Mon copain bizarre de Jean Guilloré (illustré par Serge Bloch) que je lisais quand j’étais moi-même petite. Un petit goût de reviens-y, donc, pas désagréable du tout!

 

“Celle que j’aime” Audren

Celle que j’aime
Audren
Ecole des Loisirs, “Mouche”, 2009

 

Paul est amoureux de Lison, mais il découvre qu’elle est végétarienne. C’est le grand choc : il lui est désormais impossible de réaliser son rêve, être charcutier avec Lison…

Voici une première lecture très sympathique. Mais qui est réellement une toute première lecture. Elle est vraiment destinée aux plus jeunes lecteurs de par la douce naïveté de son histoire. Les illustrations de Stéphanie Blake renforcent ce côté naïf, et donnent même une teinte très simplette. La morale repose sur l’acceptation des différences d’autrui (et l’amûûr aussi!)
Les points positifs sont à chercher au niveau de l’écriture : Audren joue souvent sur les sonorités, si bien que l’on a parfois l’impression de lire un poème en prose! Le texte est imprégné d’une rythmique poétique et musicale très agréable et stimulante pour le jeune lecteur.

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Clarabel
Culturofil

“Conversation avec un gâteau au chocolat” Martin Page

Conversation avec un gâteau au chocolat
Martin Page
Aude Picault (ill)
Ecole des Loisirs, “Mouche”, 2009

 

Un petit garçon est tout seul chez lui le soir de son anniversaire : ses parents sont pompiers et ils ont dû partir en urgence pour éteindre un incendie. Il décide alors de manger son gâteau seul, mais ce dernier se met à parler.
Voilà une histoire à la limite du fantastique, au sens propre du terme : l’irréel qui se faufile dans la vie quotidienne. Tout est très bien mené. C’est parfois effrayant, mais surtout fantaisiste, et assez réaliste pour y croire! Le style réussit à porter le lecteur à travers les différents tons du récit, et gagne en douceur au fur et à mesure du déroulement de l’histoire. Enfin, tout ce que je dis coule de source puisqu’il s’agit de Martin Page qui nous fait l’honneur de nous offrir un texte en jeunesse.
Les illustrations sont d’Aude Picault et construisent un univers qui sied parfaitement au texte. C’est un décor plein de petits détails qui font notamment référence aux parents pompiers. Elles apportent beaucoup d’humour au texte, et complètent donc parfaitement ce dernier.

A lire même si on n’aime pas le chocolat… (ça existe des gens comme ça?)

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Les jardins d’Hélène
Canelkiwi
Otium

“Je ne sais pas dessiner” Colas Gutman

Je ne sais pas dessiner
Colas Gutman
Ecole des Loisirs, “Mouche”, 2009

 

Un enfant se lamente de ne pas savoir dessiner. Il envie son camarade Dimitri qui peut séduire Eva avec ses beaux dessins…
Une première lecture écrite avec beaucoup de simplicité pour imiter l’oralité et le vocabulaire quotidiens chez un enfant. Les dessins de l’auteur ponctuent le texte et ne manquent pas d’humour. C’est un livre à recommander aux enfants qui ont particulièrement du mal à lire, ou peur d’aller vers les livres. Le texte est très espacé et il est fait une grande place aux dessins. C’est une histoire qui pousse l’enfant à s’assumer et à faire des qualités de ses petits défauts. Il invite aussi l’enfant à s’exprimer par le dessin, même s’il ne le maîtrise pas, et avant tout, à faire ce qu’il aime.

Notons à la fin la présence de nombreuses pages blanches : est-ce pour dessiner soi-même? Drôlerie et douceur, le tandem gagnant : )

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Jardins d’Hélène
Clarabel
Librairie Dialogues

“La lettre mystérieuse” Massenot, Guillerey

La lettre mystérieuse
Véronique Massenot
Aurélie Guillerey (ill)
Bayard Poche, “J’aime lire”, 2009

 

Martin est un petit garçon atteint d’une maladie des os. Le traitement demande à ce qu’il soit immobilisé pendant 6 mois. Durant ses longues journées d’ennui, Martin se promet de rattraper le temps perdu en partant en voyage en Chine dès qu’il sera guéri. Un jour, il reçoit une lettre venant de Chine qui lui est adressée.


Véronique Massenot
(connue pour ses albums publiés chez Gautier-Languereau) nous offre une histoire fraîche et pleine d’espoir. L’enfant est confronté à l’immobilisation, imaginez l’effet pour un gamin de 7 ou 8 ans… il doit donc apprendre la patience. Pendant sa convalescence, il bâtit doucement son rêve, reçoit des visites de ses amis et mène sa petite enquète sur l’expéditeur de la lettre. Il découvre également que sa guérison peut être accélérée grâce à son état psychologique, en d’autres termes, s’il a le moral. Bref, c’est une première lecture très accessible où l’importance de la famille et des amis est soulignée. En prime, de très jolies illustrations “guillerettes” d’Aurélie Guillerey (oui, je sais, c’était trop simple…)

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Un petit tour en littérature jeunesse

“Le Professeur de distractions” Lorris Murail

Le Professeur de distractions
Lorris Murail
Ecole des Loisirs, “Animax”, 1993

Antoine est un garçon de 10 ans et le seul ami de Ladislas, insupportable M. Je-sais-tout. Malgré de nombreuses tentatives de modestie, sa supériorité est écrasante : cours particuliers d’anglais, de violoncelle… Un jour, un de ses cours est annulé, et il découvre en la personne d’Antoine une autre sorte de professeur.

Voici un des romans que je recevais par l’école étant petite, et qui vient s’ajouter à ma catégorie “Livres de mon enfance”, à laquelle je n’avais rien ajouté depuis longtemps.
Il s’agit d’une histoire d’une grande tendresse entre deux garçons que tout semble séparer : origines sociales, centres d’intérêts… Sauf peut-être la curiosité l’un de l’autre et la notion de partage. Chacun découvre en l’autre des qualités insoupçonnées, des imperfections également, tout ce qui fait que les enfants sont des graines d’hommes et qu’ils ont besoin de s’apprivoiser pour se connaître. La vision de la figure parentale (paternelle) est également intéressante : beaucoup de bonnes intentions qui finissent par porter préjudice au jeune Ladislas, éloigné du reste de ses enfants de son âge par un savoir un peu trop étendu.
Les illustrations d’Olivier Matouk ne sont peut-être plus si accrocheuses aujourd’hui qu’à l’époque. Ces figures tracées au fusain, ces traits épais me semblent un peu trop dur et pas très attrayantes. Cependant, elle donnent une atmosphère étrange, floue, même un peu mystérieuse.
Au final, c’est une première lecture très agréable! J’ai été très contente de la relire, et par la même occasion de chercher des informations sur Lorris Murail, qui n’est autre que le frère de Marie-Aude et de Moka. Parfois, j’ai l’impression de venir d’une autre planète…

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là!
Lectures de Julien