La jeune fille à la plume
Katherine Sturtevant
Trad. de l’américain par Maïca Sanconie
Bayard jeunesse, “Millézime”, 2009
Vous ne voulez pas vous faire capturer par des pirates et devenir esclave en Afrique du Nord?
1681, Londres. Meg a 16 ans, fille d’un libraire et possède une imagination débordante. Elle souhaite devenir écrivain, une activité peu recommandable pour la gent féminine. Son destin est plutôt d’être mariée à un bon parti.
On découvre Meg dans son environnement familier, à l’époque où le libraire est également un éditeur et un imprimeur. Elle est fougueuse, créative et un peu immature. On détecte en elle une sorte de Mme Bovary. Pour grandir, elle doit s’ouvrir au monde et sortir des livres, procédé somme toute assez classique. Je m’attendais à ce que Meg soit une petite féministe en herbe, mais non. En même temps, ç’aurait été un peu anachronique.
Meg lutte pour la réalisation d’un rêve personnel, pas forcément pour améliorer la condition féminine en général. C’est un personnage instable qui change sans arrêt d’avis. Son attitude est souvent très auto-centrée, comme on le voit dans ses relations avec Edward qui lui fait le récit de ses aventures en terre maure. Ce gentil roman, comme tous ceux de Millézime, se lit d’une traite. Malheureusement, il ne laisse pas de souvenir impérissable.
On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Books and iced coffee
A portée de plume
Chablook





Sohaïl habite en Afganistan et se souvient du pays dans sa prospérité révolue. Avec la montée de l’extrémisme et des taliban, son ami Obaïd se lance discrètement dans la résistance. Hafiza, quant à elle, devra être mariée à un riche propriétaire terrien de 25 ans son aîné. Le propre père de Sohaïl est recherché et doit se cacher. Toute la famille doit fuir le pays.
1692. Li-Mei est emportée loin de chez ses parents pour avoir l’honneur de devenir suivante dans la Cité Interdite. Rigueur, discipline et protocole sont de mise. Elle doit se montrer courageuse pour s’adapter, et apprendre rapidement ce qu’on attend d’elle.
J’ai tout de suite été attirée par le graphisme de cette bande-dessinée. L’histoire est assez dense et les relations entre les familles un peu compliquées, mais l’important est Luce, l’héroïne tragique, une Antigone transposée au XVIe siècle. Face à son destin, cette femme doit se décider à être forte pour gagner son indépendance et sa liberté. Cette histoire est contée, malgré tous ces éléments tragiques, avec une certaine pudeur et pas mal de noirceur qui imprègnent le récit de froideur et empêchent la lumière de transparaître.
États-Unis, état de Virginie, XVIIe siècle. Jacob est un jeune négociant peu enclin à soutenir l’esclavage. Lors d’une visite à un client, ce dernier ne peut le payer qu’avec une esclavage. Jacob est contraint d’accepter et il recueille Florens. Il rejoint sa maison où l’attendent sa femme, Lina, une jeune indienne quasiment maîtresse de maison, et Sorrow une enfant maladroite et sauvage recueillie elle aussi au cours de voyages. Jacob nourrit des rêves de grandeurs qui le mènent à sa perte.