“Désordre au paradis” Gabrielle Vincent

Désordre au paradis
Gabrielle Vincent
Casterman, 2008

Il a raison le petit. On vit assis.

Le petit Séraphino ne tient plus en place au Paradis. Il s’ennuie alors qu’il voudrait créer, dessiner, vivre! Il sème la pagaille dans la routine millimétrée des anges.

Voici une petite perle de Gabrielle Vincent, qu’on connaît surtout pour sa série d’albums “Ernest et Célestine” mais qui a fait plusieurs albums très limitrophes avec la bande-dessinée, et celui-ci l’est particulièrement. Le paradis est présenté comme une sorte de gouvernement où on organise pour canaliser. C’est ici que Séraphino entre en jeu. Il remet en cause les acquis et suggère que la création est essentielle pour s’échapper de la pensée unique, et devenir pleinement des individus.

On pourrait croire à une critique religieuse, mais ça ne l’est aucunement. C’est une métaphore bien trouvée et très justement menée pour exhorter à la création et surtout à se développer soi-même au maximum pour toucher à une sorte de félicité. Le Vatican aurait même demandé un exemplaire à Casterman… Je ne parle pas des dessins de Gabrielle Vincent qui sont superbes. Des esquisses libres, légères et très expressives.

Un petit bijou!

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Mange, lit, voyage
Pages d’écriture

Notez que l’adaptation au cinéma d’Ernest et Célestine a été présentée pour la Quinzaine des Réalisateurs. Mais je ne suis pas sûre que l’histoire générale ait été vraiment très respectée.

Une pincée d’albums… Avril !

Voici une petite sélection d’albums sortis récemment… avec mes coups de coeur en rouge :)
Régalez-vous bien!

Oh non, Georges!, Chris Haughton, Thierry Magnier, 2012

Georges est un chien plutôt maladroit qui promet d’être sage. mais qu’arrive-t-il quand son petit maître est parti? Un album très drôle par l’auteur de Un peu perdu, on retrouve un graphisme très coloré et cette tête débile me fait toujours sourire.

La charade des animaux, Alice Vieira, Madalena Matoso, La joie de lire, 2012

Chaque double page de cet album renferme une charade en rimes où il faut deviner le nom d’un animal, lui-même caché dans les détails du dessin. Ludique, et très original.

ABC Bestiaire, Janik Coat, Autrement jeunesse, 2012

Un paysage, et puis des animaux qui s’y ajoutent, il faut aussi deviner leurs noms… Mais le mieux c’est qu’ils vivent de pages en pages. Il y a donc plein de détails très amusants à observer. Beaucoup d’humour, un peu de cogitation, et un super visuel!

Coincé, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, 2012

Comment fait-on pour débloquer le cerf-volant coincé dans l’arbre? On lance des trucs dessus bien sûr. Et ça prend des proportions inattendues… Un album à l’humour décalé et bien british, et des illustrations surréalistes et drôles.

Tout au long de la route, Frank Viva, Albin Michel Jeunesse, 2012

On suit un cycliste dans sa balade à travers la ville. Cet albums propose une expérience tactile de la lecture très sympathique. Les dessins tout en rondeur font très années 60.

Nour, le moment venu, Mélanie Rutten, MeMo, 2012

Je ne sais pas s’il faut encore faire la promotion de Mélanie Rutten. À chaque fois qu’on a un de ses albums entre les mains, on sait que ça va être magnifique. Celui-ci ne fait donc pas exception!

Une ombre qui glisse, Marco Carrara, Chiara Carrer, Atelier du Poisson Soluble, 2012

Un album qui aborde le délicat thème de l’autisme avec force justesse, beauté et mesure. Les illustrations de Chiara Carrer expriment toute la complexité de la chose, en mélange d’imprimés et de crayonnés. C’est également plein d’amour.

Akim court, Claude K. Dubois, Sarbacane, “Amnesty International”, 2012

Des illustrations façon crobart pour un album fort sur la guerre et l’exil vus par les yeux d’un enfant. Une histoire universelle et très émouvante.

Catfish : une histoire de combats, de liberté et de courage, Maurice Pommier, Gallimard, 2012

Ce très beau livre est un documentaire-fiction sur l’esclavage et l’Histoire des Etats-Unis. On suit la vie du jeune Catfish, engagé comme esclave qui apprend finalement le métier de tonnelier, et on apprend l’histoire de tous ces gens venus en Amérique, exilés. Les illustrations sont très finement ouvragées.

La maison en petits cubes, Kenya Hirata, Kunio Kato, Nobi Nobi, 2012

Voilà une histoire qui a été très appréciée par la critique. Un homme doit reconstruire sa maison au fur et à mesure que le niveau de l’eau monte. Une belle métaphore sur la vie qui passe, et les souvenirs engloutis. Poétique et visuellement vraiment beau.

Rong rouge, Claire Garralon, Actes Sud Junior, 2012

Succès garanti avec la lecture de ce court album très graphique et au texte oral. La chute est si naturelle et jolie que vos auditeurs garderont un sourire béat sur les lèvres quand vous refermerez le livre.

 

“L’arbre généreux” Shel Silverstein

L’arbre généreux
Shel Silverstein
Ecole des Loisirs, 1982

Et l'arbre était heureux.

C’est rarissime que je vous fasse une critique d’un album tout seul. Mais celui-là est spécial, c’est un chef d’oeuvre. Trouvé au détour d’une étagère poussiéreuse dans la réserve de ma bibliothèque, j’ai eu une révélation sur cet album. C’est un des plus beaux et des plus vrais que j’ai pu lire jusqu’à présent.

Le dessin est très simple, des traits en noir et blanc, sert une histoire simple. L’histoire d’un homme et d’un arbre. Plus on avance, plus on comprend, et plus les larmes montent. Chaque lecteur apporte son bagage à la lecture, et les plus jeunes seront peut-être moins bouleversés. Moi, j’ai lu dans cette histoire des choses belles, tristes et inévitables. Il fallait beaucoup de génie et de sensibilité pour exprimer ce regard sur la nature humaine.

Inoubliable. Magique. Fort. A faire lire à tous les âges.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Souris de bibliothèque
Tropisme
Malice

“Comment vous saviez pas?” Gilbert Laffaille, Jean-Luc Allart

Comment vous saviez pas?
d’après une chanson de Gilbert Laffaille
illustré par Jean-Luc Allart
Editions les Grandes Personnes, 2011

Si c'est pas malheureux... Manger des chats français!

Je m’en tiendrai à peu de mots pour cet album qui est une petite perle. D’abord par l’originalité de ses illustrations, mélange de décors 3D et de photographies. Et ensuite, pour le sujet, abordé très finement et avec beaucoup d’humour.

Je vous laisse avec une découverte en images et en musique. Cette chanson, une fois que je l’ai écouté, je n’arrivais plus à m’en défaire. Elle me revient à chaque fois que je vois l’album!

 

 

 

Le grot chat du marché...

 

Niark, niark, niark, niark!

Une pincée d’albums : première série

Les albums de l’été 2011

Voici une catégorie qui fait partie des nouveautés de Suspends ton vol 2.0. C’est une sélection de quelques albums qui ont retenu mon attention — dans la mesure où j’ai le temps d’en lire. Ici, pas de longues critiques, mais il se peut que j’isole certains titres pour m’attarder un peu plus dessus.

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Dans, Ramadier et Bourgeau, Ecole des Loisirs, “Loulou & Cie”, 2011

Un très joli album, aux formes simples pour raconter la naissance aux tout-petits.

 

Il faut le dire aux abeilles, Sylvie Neesman, Nicolette Humbert, La Joie de Lire, 2011

Le thème du deuil et de la mort traité très intelligemment et avec sensibilité. J’ai vraiment aimé ces photographies où on sent une vraie présence. C’est sans doute l’album qui m’a le plus marquée, mais je ne sais pas s’il convient à des enfants avant 5 ans.

 

Mon premier livre des odeurs et des couleurs, Auzou, 2011

Je me suis dit “oula, un livre à sentir, à tous les coups, ça va puer.” Hé bien non, agréable surprise car les odeurs sont fidèles à la réalité. L’avenir nous dire si un tel album tient la route (particulièrement en bibliothèque après avoir été copieusement tripoté).

 

Plus loin que le bec des hirondelles, Annie Agopian, Magalie Bardos, Rouergue, 2011

Une jolie histoire sur la recherche de soi par le voyage… ou serait-ce une fuite? Parfois le bonheur est simplement au coin de la rue.

 

Le sourire du loup, Anne Brouillard, Il était 2 fois, 2011

Un album qui se passe largement de mots, réédité dans ce format plus portable mais qui fait sans doute moins effet que l’ancien grand modèle. Il aurait bien fonctionné en flip book aussi.

 

La plus petite histoire du monde, Sytou et Galou, Bilboquet, “Les trésors”, 2011

Avec de jolies illustrations-collages, on nous raconte la plus petite, la plus ancienne et la plus belle histoire qui soit. Simple, très touchant et poétique.

 

Cours!, Lee Haery, La Joie de Lire, 2011

Il n’y a qu’à voir la couverture pour avoir un aperçu des magnifiques illustrations de cet ouvrage. Avec son format allongé, il prend de la vitesse entre les mains du lecteur et dans ses yeux. Une superbe représentation du mouvement.

 

Mon papa, il est grand, il est fort, mais…, Coralie Saudo, Kris di Giacomo, Frimousse, 2011

Qu’est-ce que j’aime les illustrations de Kris di Giacomo. Je ne m’en lasse jamais. Ici, plein d’humour avec une situation inversée : un papa qui fait des caprices pour aller dormir. Drôle, beau et toujours un bel album avec du beau papier, ça Frimousse, ils savent y faire.

 

Le loup ne nous mangera pas, Emily Gravett, Ecole des Loisirs, “Kaléidoscope”, 2011

Encore une référence pour ce dernier album. On savait qu’Emily faisait une fixation sur les loups, les lapins en avaient été les premières victimes. Maintenant, c’est le tour des cochons! Toujours aussi drôle.