“Scott Pilgrim” Bryan Lee O’Malley

Scott Pilgrim
Bryan Lee O’Malley
Trad. de l’anglais par Philippe Touboul
Milady, “Graphics”, 2010-2011
(6 tomes, série complète)

Scott a 23 ans et c’est un loser paumé qui ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Il tombe amoureux de la mystérieuse Ramona Flowers, mais pour la conquérir, il lui faut affronter ses 7 ex maléfiques!

Voilà Scott Pilgrim, le héros ordinaire ou presque des ados et des geeks. J’ai découvert le comics après avoir vu le film. Scott est un gros squatteur. On découvre sa joyeuse bande de copains, tous plus ou moins inadaptés, et on a envie de leur ressembler (ah… c’est déjà le cas, en fait). L’histoire mélange le fantastique et le réalisme et garantit de nombreux rebondissements. Le livre est au format manga et le dessin y fait énormément penser, mais ne vous y trompez pas, c’est bien un comics. Mais un comics qui se joue des frontières.

Quant au film, il a vraiment été bien adapté. Les scénaristes ont bien fait leur boulot et ont bien réussi à recentrer l’action. Il y aurait eu moyen de se noyer dans les détails. La musique est bonne (bonne, bonne, bonne), l’univers visuel et les bruitages geeks à souhait. Rien que d’entendre le jingle Universal en 8-bit, ça fait rentrer dans l’ambiance. Le cadre change de forme dans certaines scènes et donne vraiment l’impression d’être dans une BD… qui bouge. En gros, voyez-le et lisez-le, dans l’ordre que vous préférez!

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Lis tes ratures
Yozone
Lalynx

 

Et puis une bande-annonce du film parce que quand même…

“La légende de nos pères” Sorj Chalandon

La légende de nos pères
Sorj Chalandon
Grasset, 2009

Tristan lui, n'avait pas bougé. 
Il se relisait, feuille levée à hauteur de lunettes, 
et l'eau de pluie faisait larmes d'encre.

Frémaux est un biographe et écrit la vie de personnes âgées pour en faire des livres souvenirs. Il est engagé par Lupuline pour raconter la vie de son père, Tescelin Beuzaboc. Héroïque résistant, il a toujours fait rêver sa fille avec ses récits trépidants.

C’est un petit tour sur le blog de Midola qui m’a donné envie de me lancer dans cette lecture. Elle a mis tous les romans de cet auteur en coups de coeur. Je ne risquais donc pas grand chose. Ce roman développe une histoire très subtile sur le devoir de mémoire. Pour devenir un héros aux yeux de sa fille, Tescelin ferait n’importe quoi, comme s’inventer un passé glorieux. La rencontre avec ce biographe doit le pousser à assumer son passé. Tescelin est le personnage cible de jugements sur l’Histoire et sur certaines personnes n’ayant pas pris le maquis. Frémaux, lui-même, doit accomplir une quête sur son histoire familiale.

C’est une histoire à la fois, belle, délicate et compliquée. J’ai vraiment pris plaisir au style d’écriture parfois très poétique de l’auteur (que je n’avais encore jamais lu). Il décrit cette situation avec beaucoup de sensibilité, de justesse et nous pousse à nous interroger sur ces oubliés de l’Histoire. Est-il vraiment besoin de faire de nos aïeuls des héros pour les aimer?

Une très belle lecture.
PS : mais d’où ils sortent ces noms de personnages??

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Midola
Le grenier à livres
Chroniques d’une lectrice

“Tuer le père” Amélie Nothomb

Tuer le père
Amélie Nothomb
Albin Michel, 2011

Le but de la magie, 
c'est d'amener l'autre à douter du réel.

Joe Whip et Norman Terrence sont deux magiciens. Malhonnêté, talent et psychologie facile se mélangent sur fond de LSD et de fête aveuglante à Burning Man.

Qu’avez-vous fait avec Amélie? Rendez-nous Nothomb! Encore une déception. Une semaine après avoir lu ce roman, j’avais déjà oublié de quoi parlait l’histoire. Les relations entre les personnages sont étranges, et peu creusées. Ou bien c’est à nous de creuser? Dommage, parce que le lecteur, pris de désintérêt, est loin de faire l’effort de prendre la pelle pour comprendre. Par conséquent, l’action devient obsolète.

Comme l’indique discrètement le titre, Nothomb fait usage de psychologie sans se donner de limites. Encore dommage. Ce goût de superficiel ne quitte pas le palais. Et qu’a-t-elle fait de sa plume? Amélie n’utilise aucun mot rare ou compliqué dans ce roman, pas plus qu’elle ne nous gratifie d’une chute surprenante. Ca fait toujours mal au coeur d’écrire de mauvaises critiques. Mais quand on n’a pas le choix…

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Aniouchka
Tioufout
Accro des livres

“Paris est une fête” Ernest Hemingway

Paris est une fête
Ernest Hemingway
Trad. de l’anglais par Marc Saporta
Gallimard, “Folio”, 2009

Tel était le Paris de notre jeunesse, 
au temps où nous étions très pauvres et très heureux.

Paris dans les années 1920 est un vivier d’artistes, d’écrivains, d’originaux formant une petite société. Hemingway raconte sous forme de chroniques sa vie parisienne, ses discussions avec Fitzgerald, sa vie de famille…

Ah! De remonter dans le temps, et de connaître Paris à son page d’or… Ca ne vous rappelle pas vaguement un film récent? On peut dire que Woody Allen avait bien raison. J’ai passé de longs moments à rêver en faisant cette lecture. Le Paris des années 1920! Rentrer dans un café et y trouver un écrivain. Hemingway décrit sa vie d’écrivain en herbe, en recherche de soi et de son style. De longues heures à travailler à la terrasse de petits bistrots.

Paris est une fête invite au pèlerinage dans les rues de la capitale, sur les lieux qu’on connus ces illustres noms. Hemingway décrit une ville merveilleuse, qu’il parcourt le plus souvent à pied, une ville relativement peu onéreuse, propice au bonheur. Damned, ça a bien changé. J’me sens nostalgique…

La bande-annonce de Midnight in Paris : un super film même si Woody Allen y est allé fort sur l’accordéon et le romantisme proverbial de Paris.

“La page blanche” Boulet, Pénélope Bagieu

La page blanche
Boulet et Pénélope Bagieu
Delcourt, “Mirages”, 2012

Vous auriez du Marc Lévy?

Une jeune fille est assise sur un banc à Paris. Elle a complètement perdu la mémoire. Elle doit entièrement reconstituer son histoire.

Deux pointures pour une BD. Autant vous dire que tout le monde s’est jeté dessus. Et comme tout ce qui fait beaucoup de bruit, on est souvent déçu… Boulet et Pénélope Bagieu ont construit leur scénario autour de clichés, des attentes des lecteurs sur le sujet des pertes de mémoire. Ce qu’on voit dans les films, ce qu’on lit. Ils nous baladent un peu pour finalement revenir à une intrigue très réaliste. Quant à la chute, j’avoue m’être dit sur le moment quelque chose comme “ah… c’est tout?” Évidemment, les auteurs soulèvent un thème plus profond que les classiques sur l’amnésie, un thème qui pourrait apporter plein de choses mais qui n’a pas été creusé.

Cependant, ça n’empêche pas à cette bande-dessinée d’avoir des points positifs. Le dessin de Pénélope nous emmène dans Paris, nous y promène la nuit à la lueur mystérieuse des réverbères. On pénètre le monde de la librairie où l’héroïne travaille, ce qui donne lieu à quelques petites blagues de libraires. Une bonne lecture, mais dommage que ça ne soit pas plus… Consistant? On reste sur notre faim.

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Bricabook
La fille dans sa cabane
Petites madeleines

Et les premières pages sur le blog de Boulet.

“Messager” Lois Lowry

Messager
Lois Lowry
Trad. de l’américain d’Agnès Desarthe
Ecole des Loisirs, “Médium”, 2005

Ils ne s'expriment même pas correctement. 
Nous ne les comprenons pas. 
Leurs besoins sont trop nombreux. 
Nous ne voulons plus nous occuper d'eux.

Nous retrouvons Jonas, personnage du Passeur. Il tente de diriger le Village. Un jour, les habitants se mettent à troquer leur âme, leur générosité et leur gentillesse contre des biens superficiels et inutiles mais qui excitent leur envie. Ils émettent le désir de fermer les frontières du Village, jusqu’à présent ouvert à tous les égarés.

Et enfin, la conclusion de la trilogie du Passeur. Au risque de vous ennuyer, je vais le répéter, le Passeur reste mon favori des trois. Dans Messager, on entend clairement les échos de notre monde actuel : consumérisme, envie, “fermer les vannes de l’immigration” (ça doit bien vous dire quelque chose en cette période électorale, hein?). Malheureusement, l’auteur ne développe pas autant ces aspects qu’elle le pourrait. Les personnages restent au premier plan, ainsi que leur don. On retrouve donc Matty, le compagnon de Kira dans L’Élue, qui cherche le sien et le trouve lors de la quête que lui attribue Jonas. Toute quête se déroule dans une vaste forêt menaçante, il suffit d’avoir lu un seul roman de la Table Ronde pour le savoir. On ne manque pas de forêt menaçante. Elle vit, se transforme, devient un endroit purement glauque.

J’ai lu à droite à gauche des critiques assez négatives sur la fin de Messager. Je vais devoir m’y joindre. Cette fin tombe comme un couperet! Trois tomes pour une fin si courte et brutale? On a un peu l’impression de s’être fait volé sur la marchandise… Encore très focalisée sur le fantastique et le miraculeux, elle m’a déçue. Aucune morale explicite, pas de mot de la fin. Bref, une fin formidablement expédiée pour une trilogie qui était pourtant bonne.

Mon conseil final? C’est peut-être un peu vilain mais, tenez-vous en au Passeur. Il se suffit à lui-même.

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Bel lecteur
La rongeuse de livres
Otium

La Trilogie du Passeur
1. Le Passeur
2. L’Élue
3. Messager

“Contre courants” Richard Couaillet

Contre courants
Richard Couaillet
Actes sud junior, 2011

Alcyone, encore quelques touches à effleurer, 
comme ton corps à caresser, tes lèvres à respirer 
et un dernier souffle bleu avant de disparaître.

Jérôme écrit sur son désarroi, sur ses parents absents, sur son frère persécuteur. Il fugue et tombe amoureux d’une gothique. Du moins, c’est ce qu’il veut nous faire croire.

Aïe, aïe, aïe. Pourtant, le début était prometteur. Je trouvais que le style réussissait à mettre en valeur une histoire d’apparence simple et à lui donner une vraie profondeur. Mais la suite, très brutale, est assez surprenante (notez le mot aux consonances aussi bien positives que négatives). Le texte devient abrupte et direct, la psychologie du personnage prend un tournant dangereux. Et complètement bizarre.

J’ai été trop déstabilisée pour que ça me plaise. J’ai eu la nostalgie du début du roman. On s’éloigne de la psychologie ado, ou bien on en aborde une vraiment marginale. On ne sait plus trop à qui le texte s’adresse ni comment l’appréhender. La fin m’a déçue. Finalement, quelle est l’origine de ce mal-être? En a-t-il une? Jérôme était-il prédestiné à l’instabilité? Dans ces conditions, l’espoir de rémission est maigre. Un roman qui plonge dans la dépression mais qui n’apporte aucune réponse. Très gênant pour moi.
Malgré tout, c’est un roman encensé par beaucoup de professionnels du livre et de lecteurs, et il figurait dans la sélection Juke-box ados de cette année.

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Des flots d’encre
A lire au pays des merveilles
Ricochet