“Comment (bien) rater ses vacances” Anne Percin

Comment (bien) rater ses vacances
Anne Percin
Le Rouergue, “DoAdo”, 2010

J'étais comme le roi Mithridate qui buvait
chaque matin une gorgée de poison pour s'immuniser
(ça a super bien marché, il est mort poignardé).

Cet été, Maxime décide de ne pas suivre ses parents en randonnée et de passer du temps chez sa grand-mère, tranquille. Ca démarre plutôt bien. Jusqu’au moment où elle a une attaque cardiaque.

Always Anne Percin. Hé oui, j’avais bien dit la dernière fois qu’il me restait une critique à écrire (et deux de ses romans à lire, heureuse réserve). Ici, nous rencontrons Maxime, un ado plutôt replié sur lui-même, sarcastique et ironique. Des vacances tranquilles? C’est beaucoup demandé. Mais malgré ses multiples aventures, il se rend aussi compte de sa solitude. Sur fond de rock et de chansons désuètes, Maxime est un ado qui réfléchit sur lui, sa famille et son avenir… Toujours avec un ton parfaitement désinvolte.

Percin nous fait le portrait de ce garçon un peu arraché, sans apitoiement aucun. Encore une fois, le ton est juste. C’est un roman intelligent et drôle… et très musical, ça, c’est toujours un plus. Vous êtes prévenus. Soyez proches d’Internet en lisant ce roman parce que l’auteure nous met plein de chansons dans la tête. Pour vous faciliter la tache et parce que je suis magnanime, je vous reconstitue en bonus la Fighting Spirit Playlist ci-dessous.

Tome 2 : Comment (bien) gérer sa love story… fait déjà un tabac chez nos têtes pas trop blondes. Moi, j’me le garde sous le coude pour le moment.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Lali
1001 pages
Chiffonnette

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La Fighting Spirit Playlist ! Offert par les CompilàMax
Validée par Aurélie : “c’est que du bon”
(et si quelqu’un peut m’aider avec l’intégration ce serait parfait!)

http://www.deezer.com/fr/plugins/player?autoplay=false&playlist=true&width=729&height=308&scover=true&type=playlist&id=68640441&title=

“Comme des trains dans la nuit” Anne Percin

Comme des trains dans la nuit
Anne Percin
Editions du Rouergue, “doAdo”, 2011

Regarde, c'est facile, il suffisait d'oser :
ça sort tout seul, ça vient de moi,
ça va vers toi. Vers le monde.
C'est pas vrai qu'on va crever. C'est pas vrai.
 Putain, on est vivants!

On a chacun notre manière de passer de l’adolescence à l’âge adulte. Souvent, avec quelques obstacles. On brûle des fermes, on a du mal à s’avouer notre amour, on s’immerge dans la création, on déterre des secrets de famille…

La réputation d’Anne Percin comme auteur pour les adolescents de haute qualité n’est plus à faire. Elle est en effet de plus en plus prolixe et plonger dans ses romans, c’est l’assurance de ne pas être déçu. J’ai quelques auteurs comme ça, quand je n’ai plus d’inspiration pour lire, je fais appel à eux. Et c’est toujours une réussite. Vous voyez, là, j’ai deux Percin sous le coude pas encore lus (Le premier été et Comment (bien) gérer sa love story) et un qui est lu et qui attend sagement d’être critiqué ici (Comment (bien) rater ses vacances).

Dans Comme des trains dans la nuit, Anne Percin s’adonne à l’exercice toujours un peu périlleux de la nouvelle, et forcément, elle cartonne. Avec son écriture aboutie, elle donne aux histoires la longueur idéale : l’histoire est consistance, va a l’essentiel, du vrai concentré. Chaque nouvelle a un goût unique : acide, brûlé, sanguin… On explore la violence intérieure en dégradé d’adolescents. Mais toujours avec espoir. Frustrés, étouffés, ils ont besoin d’extérioriser ce mal-être, de l’exorciser pour aller de l’avant, et le plus vite possible car l’asphyxie n’est pas loin.

Ce sont des histoires dures avec un style qui va avec. Des sous-entendus lourds de secrets cachés ponctuent ces récits et augmentent la tension. Tout comme dans la vie. C’est fort et prenant, c’est cathartique. C’est bon, c’est réussi, c’est du Percin.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Un petit bout de bibliothèque
Fantasia (Sophie PIlaire)
Le jardin d’Hélène

Les routes de l’imaginaire

“A quoi servent les clowns?” Anne Percin

À quoi servent les clowns?
Anne Percin

Éditions du Rouergue, “Dacodac”, 2010

 

 

Un clown, c’est quelqu’un qui te fait marrer
quand tu voudrais pleurer.

Mélinda, sa grande soeur Cindy et leur mère habitent dans une caravane au bord de l’autoroute depuis l’incendie de leur HLM. Dans la ville voisine de Saint-Dizier, un cirque s’installe pour quelques jours. Un bébé tigre s’échappe sur le terrain vague derrière leur caravane. Mélinda voit un beau jour ce gros chat sur son terrain de jeu.

Anne Percin un jour, Anne Percin toujours. Encore un auteur dont je ne me lasse jamais.

Dans ce roman, elle introduit une originalité assez significative : son héroïne, la petite Mélinda n’est pas une adolescente, et pourtant c’est à travers son regard, et celui d’un petit garçon de cirque qui a son âge que la majorité de l’histoire est décrite. Cindy, sa soeur, est l’adolescente de la famille. Je ne sais pas ce que pensent les lecteurs adolescents de ce changement de point de vue mais j’espère que ça ne les rebutera pas.

La famille de Mélinda fait preuve d’une incroyable solidarité et force morale dans l’adversité. Mélinda se doit d’être à la hauteur et donc de devenir responsable, comme sa grande soeur. Cindy et sa mère prennent en effet beaucoup sur elles pour éviter tout stress à la petite enfant. La famille est vraiment pauvre, mais cela est évoqué de manière très fine et sans pathos. Cela pousse seulement l’enfant à quelques imprudences avec le bébé tigre, qu’elle ne reconnaît pas comme tel, et qu’elle cache pour avoir quelque chose bien à elle, son chat qui ne doit pas lui être enlevé.

La métaphore du cirque est très justement développée. Elle évoque les petits moments de bonheur qu’il ne faut pas laisser passer, comme des bouffées d’air frais quand on a la tête sous l’eau. Mélinda aide sa soeur et sa mère à continuer de voir la vie avec un émerveillement d’enfant. On pétille avec les trois filles devant le spectacle, on dévore le roman comme on mord dans la brume sucrée d’une barbapapa. On en veut encore et encore!

Ca tombe bien puisque l’auteur vient de publier Comme des trains dans la nuit, toujours chez Rouergue… Et puis, il m’en manque quelques uns que je n’ai pas lu! Je fais durer un peu le plaisir.

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Miss Orchidée
Amanda Meyre
Télérama 

“Bonheur fantôme” Anne Percin

Bonheur fantôme
Anne Percin

Rouergue, « La Brune », 2009

Nous vivons dans la fiction, il n’y a que ça qui nous convienne.

Pierre est un homme de 28 ans. Il a quitté Paris pour la campagne, changé radicalement de vie et devient brocanteur. Son ambition est d’écrire un livre sur son artiste fétiche, Rosa Bonheur. Durant ses recherches et ses méditations, il dévoile peu à peu les blessures de son passé.

Pierre est un personnage plein de complexités. Il se joue un grand conflit en lui-même qui nous est dévoilé au fur et à mesure qu’il se confie. On a l’impression de devoir apprivoiser le personnage. On comprend d’abord qu’il est homosexuel, et son rapport au corps est pour le moins délicat : beauté parfaite, sensualité mais aussi manipulation. Au milieu de ses nombreuses conquêtes, une seule figure se détache, le mystérieux « R. ». Ce personnage réconcilie Pierre avec la vie, avec lui-même. Très judicieusement, son prénom n’est révélé qu’à la fin, dans une sorte d’épiphanie.

Anne Percin continue de m’enchanter avec ce roman dont le style est si poétique qu’il m’est arrivé d’en lire des passages entier à voix haute. Elle sculpte la sentimentalité de son personnage avec une précision d’orfèvre. Au bord du village, au bord de la solitude, au bord de la faillite, Pierre reste perpétuellement aux alentours de sa vie. L’amour lui apporte la réponse qu’il cherche.

À lire, à lire et à lire. Et puis c’est tout.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Clarabel
Les jardins d’Hélène
A l’ombre du cerisier 

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Écrire, c’est vivre, vivre, vivre, exister encore plus, encore plus fort, et la souffrance, loin de s’effrondrer, monte en puissance dans les poumons des mots et crie de toutes ses forces.

“Né sur X” Anne Percin

Né sur X
Anne Percin
Editions Thierry Magnier, 2008.

Nicolas a 10 ans, et ses parents lui avouent qu’il a été adopté, ou plus précisément, qu’il est né sous X. Il s’imagine alors qu’il est un extra-terrestre, né sur la planète X, et cherche désespérement un moyen d’y retourner. Mais c’est auprès de ses amis qu’il a sa vraie place. Dans sa petite équipe de bras cassés, il apprend la valeur de l’amour filial et de l’amitié.

Anne Percin de nouveau… Comme pour L’âge d’ange, j’ai eu du mal à entrer dans ce livre. Je dois avoir une sorte de malédiction, je ne sais pas! Mais une fois que tout est lancé, on voit que l’auteur sait bien manier la plume et le psychologique. On aurait vraiment pu tomber dans le cliché d’un adolescent rebelle, qui fugue, se drogue ou je ne sais quoi avec ce genre d’histoire, mais non. L’évasion dans l’imaginaire, c’est bien joué. Tous les enfants décrits dans ce roman sont touchants de manière différente, sans tomber dans le pathos. Ils sont les rejetons d’une société cassée par endroits. Cette quête d’un autre univers peut parfois apporter une distance qui allège bien souvent le propos, en nous y faisant réfléchir tout à la fois. Encore une fois, well done…

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Ils ont des boissons surper puissantes sur cette planète! Tout le monde peut les achete et ça rend fou n’importe qui!
(p34)

C’est comme ça que ça marche sur Terre : moins t’as raison, plus tu cries fort et plus on t’écoute. Ils appellent ça le terrorisme.
(p36)

 

On aime, on n’aime pas? Allez voir par là!
Les jardins d’Hélène
Blabla bibli
Miss Orchidée

“L’âge d’ange” Anne Percin

L’âge d’ange
Anne Percin

Ecole des Loisirs, Paris, coll. “Médium”, 2008

La narratrice, une jeune lycéenne, est un rat de bibliothèque qui ne vit que par les livres, et plus précisément la mythologie grecque. Le jeune Tadeusz, issu d’un milieu défavorisé, emprunte son livre favori à la bibliothèque du lycée. L’univers fermé de la narratrice s’ouvre alors par l’intermédiaire de ce livre qu’ils sont les deux seuls à lire. Lorsque des émeutes bouleversent l’actualité, c’est à travers le filtre de l’Antiquité qu’ils peuvent voir et méditer ces événements ensemble, jusqu’à ce qu’ils doivent les vivre. La narratrice nous présente une tranche de vie fondatrice pour son actuelle vie d’adulte.

Anne Percin reprend ce bon vieux fatum, pour nous dérouler doucement une action que l’on saura inévitablement tragique. Même si je dois humblement avouer avoir eu du mal à entrer à proprement parler dans ce roman, je ne peux pas nier la profondeur et l’intensité du sujet aussi bien que de l’écriture. Contrairement à d’autres romans pour adolescents qui pourraient nous laisser complètement déprimés à la fin de la lecture, la narratrice place cet événement majeur au centre d’une philosophie de la vie qui la pousse à avancer malgré l’adversité. Dur, mais finalement…

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La bibliothèque du lycée.
C’était mon sanctuaire. [...]
J’y allais avant la pause de midi.
A cette heure festive, la bibliothèque était encore ouverte, mais dormait d’un oeil. Tout comme la gardienne du temple, une femme entre deux âges.

(P21)


La naïveté… C’est ce qu’on invoque, quand on a peur d’être généreux.

(P66)

 

On aime, on n’aime pas? Allez voir par là!
Clarabel
Culture et questions qui font débat
Les routes de l’imaginaire