Ce soir-là, Dieu est mort
Christian Grenier
Éditions de la Martinière, “Confessions”, 2005
"Tu vois, gamin? Voilà comment on fait des affaires."
Selon le principe de la collection, l’auteur relate un épisode marquant et fondateur s’étant passé dans son adolescence. Il raconte comment il a perdu la foi. Pendant son enfance et adolescence, il passe ses vacances à Besançon près de chez son oncle Edmond, un authentique goujat qui passe son temps à rabaisser les gesn autour de lui. Son petit-fils Aubin, un jeune homme à la foi particulièrement ardente, en fait les frais.
J’ai découvert dernièrement cette collection que j’ai tout de suite trouvée très intéressante. Par conséquent, j’en ai lu plusieurs tomes, plus ou moins satisfaisants, dont les critiques vont arriver dans les prochains jours. Ce récit-là était tout à fait réussi et convaincant. Ce n’est pas forcément évident pour un auteur de se prêter à l’exercice autobiographique, mais Christian Grenier fait preuve d’une belle honnêteté qui guide sa plume.
L’auteur remet bien l’histoire dans son contexte : un drame familial n’arrive pas du jour au lendemain. Ainsi, il fait remonter le roman à ses premières vacances à Besançon et sa première rencontre avec Aubin. Sa foi est en pleine éclosion mais l’observation du monde le perturbe. Pour son oncle Edmond, c’est la loi du plus fort. Trompeur, menteur et puissant, il peut se permettre d’écraser n’importe qui, y compris son fils.
En constatant ces abus de pouvoir, le jeune Christian approfondit encore sa foi comme une promesse de justice éternelle, une après-vie où chacun sera à sa place. C’est une foi active, et donc souvent perturbée par de nombreuses questions que se pose l’adolescent. Il traverse des moments de doute qui, une fois dépassés, ont renforcé sa foi. Mais ce qui arrive à Aubin provoque un choc irréversible et une répulsion immédiate pour la religion, ou en tout cas, pour celle qui est appliquée par des hommes corrompus.
L’efficacité de ce roman tient au fait que l’auteur a bien su replacer dans son contexte et expliquer les tenants et les aboutissants de l’événement. Il est alors compris, qu’on adhère ou non à ses opinions. L’authenticité du récit tient un rôle très important, et je le précise car d’autres romans de la collection en font peu de cas. Au final, c’est un court récit très émouvant sur un être en formation et son rapport au monde et à la spiritualité.
Dans tous les cas, ne manquez pas de découvrir cette collection!
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