À l’enfant que je n’aurai pas
Linda Lê
NiL, “les Affranchis”, 2011
Je me demande quels traits auraient été les tiens si je t'avais donné le jour.
L’auteur écrit une lettre à un enfant potentiel, celui qui aurait pu être le sien, si elle avait voulu être mère. Ses névroses, son caractères, sa famille, elle explique toutes les raisons qui font qu’elle refuse la maternité.
Le principe de cette collection veut que les auteurs écrivent la lettre qu’ils n’ont jamais écrite, de parler d’un épisode de leur vie non résolu. Linda Lê offre un texte extrêmement sensible et dur à la fois. En réfléchissant sur le fait qu’elle ne désire pas être mère, elle revient sur des détails très personnels et intimes, par moments crus, de sa vie privée. Elle souligne l’idée que toute femme n’est pas forcément faite pour être mère. Que l’acte d’enfanter demande réflexion et qu’elle agit donc pour le mieux. C’est une réflexion d’autant plus importante dans une société qui, même si elle se dit plus ou moins paritaire, reste sur l’idée qu’une femme se réalise en étant mère. D’où le profond désarroi de nombres de femmes ne réussissant pas à avoir d’enfants.
Linda Lê écrit sans reprendre son souffle. Elle débite ses réflexions dans un flux continu de mots qui ne s’arrête pas. Ce qui montre bien son désir de parler, d’expliquer. C’est un autoportrait parfois brutal, mais très frappant, d’une femme qui brûle de désirs, de contradictions, de questions. Ce court texte a eu un grand succès critique. Moi qui n’avais jamais lu cette auteure, je suis tentée d’aller lire ses autres ouvrages.
Prix Renaudot Poche 2011
On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Madimado
Papillons de mots
Littexpress





La narratrice racontre les événements qui lui font peu à peu perdre la raison. Adolescente, elle cause involontairement la mort d’un nourrisson en le promenant dans une poussette. Depuis les poussettes sont une obsession qu’elle garde secrète, ce qui empêche quiconque de l’aider.
J’ai tout de suite été attirée par le graphisme de cette bande-dessinée. L’histoire est assez dense et les relations entre les familles un peu compliquées, mais l’important est Luce, l’héroïne tragique, une Antigone transposée au XVIe siècle. Face à son destin, cette femme doit se décider à être forte pour gagner son indépendance et sa liberté. Cette histoire est contée, malgré tous ces éléments tragiques, avec une certaine pudeur et pas mal de noirceur qui imprègnent le récit de froideur et empêchent la lumière de transparaître.
Séoul, années 1990. Dans ces cinq nouvelles nous sont contées des histoires de couples où les femmes étonnent leurs maris. Femmes secrètes, insoupçonnées, désirant une autre vie s’opposent à leurs compagnons, englués dans la routine.
Homeyra se rend au chevet de son père Abou, en train de mourir. Le retour à son village natal fait surgir en elle de nombreux souvenirs qu’elle s’était efforcé d’oublier. Elle se souvient de la vie de son quartier, des escapades avec son amie Azar, une fougueuse enfant riant au nez des adultes.