“Peindre le vent” Pam Munoz Ryan

Peindre le vent
Pam Munoz Ryan
Trad. de l’américain par Dominique Delord
Actes Sud Junior, 2009

Maya : un voyage qui va commencer.

Maya vit chez sa grand-mère, une vieille bonne femme acariâtre, maniaque et bornée. Mais celle-ci meurt subitement. Maya doit aller vivre chez la seule famille qui lui reste, celle de sa mère, dans un ranch où elle apprend à monter des chevaux.

La lecture, c’est mon dada. Par contre, les lectures avec des dadas, ça ne l’est pas trop. Je me suis quand même laissée tenter par ce roman chez Actes sud et je pense avoir compris l’engouement féminin pour ce genre de littérature dès le plus jeune âge.

Maya vit une belle aventure sur sa soudaine prise d’indépendance et par la même occasion elle découvre une branche de la famille qui lui était dissimulée. Caractérielle, capricieuse et mythomane, il faudra qu’elle change vite pour s’adapter à son nouveau cadre de vie. Ca m’a fait vaguement penser à Little Princess sauf qu’on est dans le Wyoming.

Bien sûr, Maya réussit à apprivoiser un cheval sauvage. Bien sûr, elle survit à quatre jours dans la nature, blessée et sans provisions. Bien sûr, tout est un peu attendu. Mais je ne peux qu’apprécier une certaine qualité du style qui rattrape quand même ce roman. Les nombreux passages gluants de sentiments restreignent malgré tout cette lecture au public féminin. En gros, si vous avez passé l’âge des Grand Galop mais que vous aimez toujours ça, vous avez fait le bon choix.

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Les frappadingues du bouquin
Carnets de Sel
L’accro des livres

“To Kill a Mockingbird” Harper Lee

To Kill a Mockingbird
(Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur)
Harper Lee
Arrow books, 2006 (1960)

Why reasonable people go stark raving mad 
when anything involving a Negro comes up, 
is something I don't pretend to understand.

Dans l’Alabama en plein période de ségrégation raciale, Scout et son frère Jem vivent un procès où leur père est avocat, le procès d’un Nègre accusé de viol.

Grand classique honoré par le prestigieux Prix Pulitzer, To Kill a Mockingbird est le premier livre que j’ai lu cette année… en anglais dans la texte pour me décrasser les méninges! L’idée m’était (re)venue de le lire après The Help de Kathryn Stockett qui traitait le même thème de manière différente. Et je n’ai pas été déçue.

Le point de vue de la petite Scout domine tout le roman. Cette enfant, souvent influencée par les commérages et les préjugés qui vont bon train, apprend à séparer le bon du mauvais auprès de son père, un homme intègre et honnête. Beaucoup de choses lui sont mystérieuses, comme la raison qui garde son voisin Boo Radley cloîtré chez lui. Ce point de vue est judicieusement choisi pour apporter un éclairage innocent à l’histoire.

Ce roman mérite tous les éloges qui lui sont faits. J’admire particulièrement ce personnage de l’avocat, Atticus. Ce n’est pas un révolté, ce n’est pas un militant. C’est un homme qui s’efforce chaque jour de sa vie à être honnête, bon et juste, et à passer ces qualités à ses enfants. Il persévère pour cette notion de justice jusqu’à lutter contre toute sa communauté pour défendre l’innocence d’un homme, quelque soit sa couleur de peau. Courage, droiture et insoumission.

Un grand classique que j’invite tout le monde à lire ou à relire.

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Lecture ado
Naufragés volontaires
Les lectures d’Aurélie

Petite anecdote… Saviez-vous qu’il a existé trois titres différents pour la traduction française?
1961 : Quand meurt le rossignol (trad. de Germaine Béraud)
1989 : Alouette, je te plumerai (trad. Isabelle Stoïanov)
2005 : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (trad. revue par Isabelle Hausser)

“Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère?” Susin Nielsen

Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère?
Susin Nielsen
Traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec
Hélium, 2011

Que les choses soient bien claires : 
je n'ai pas fait exprès d'expédier 
mes deux demi-soeurs aux urgences.

Les parents de Violette son divorcés. Sa mère erre sentimentalement de naze en crétin et son père est remarié avec une blonde à forte poitrine. Violette est bien décidée à faire en sorte que sa mère quitte son dernier amant en date pour l’idéal George Clooney.

Hélium est synonyme de confiance. Quand on avise ce roman à la couv sympa et au titre déjà drôle, on a qu’une hâte, c’est d’en manger les mots. Violette portraiture avec un humour noir sa mère à la dérive conseillée par des amies qui feraient mieux de se regarder un bon coup dans le miroir avant d’ouvrir la bouche. Violette est une protectrice farouche, comme souvent lors de divorces lorsque les rôles sont inversés. Complètement décalée, solitaire et acide, elle nous narre sa difficulté à faire le deuil de sa famille.

À côté des clichés estampillés “US” dont on se joue beaucoup, on goûte ici à une aventure vraiment rafraîchissante (je sais, ça ne veut pas dire grand chose) qui dépasse les préjugés pour toucher le rêve du doigt. Ca se dévore comme un bon croissant à la confiture. La question principale étant : George Clooney l’a-t-il lu? George, if you read me, you’re welcome to post a comment. Hé oué, moi aussi je vise haut.

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Fantasia (Sophie Pilaire)
Adelalu
Cannibales lecteurs
Et le blog de Susin Nielsen

“Bliss, métamorphose d’une fille ordinaire” Shauna Cross

Bliss
Métamorphose d’une fille ordinaire
Shauna Cross
Traduit de l’américain par Marie Cambolieu
Milan, “Macadam”, 2011

À Bodeen, Texas, le style est loin de régner en maître.

Bliss Cavendar habite une petite ville du Texas et s’y emmerde ferme. Sa mère la force à participer à moult concours de beauté entre deux shift au fast-food du coin où elle travaille avec sa meilleure amie. Un jour, c’est la révélation roller-derby.

Eh oui, le film Bliss part d’un roman pour ado, plutôt bien adapté d’ailleurs, puisqu’en l’occurrence, c’est l’auteur qui a écrit le scénario du film. Elle a tout à fait su garder le même ton insolent et drôle et viré les quelques trucs qui auraient pu paraître un peu trop nunuche à l’écran. Bliss est l’exemple même de l’ado décalée : une seule copine, fan d’obscurs groupes de musique, tout ça sans que ce soit trop cliché “lycée US”. Le sport est pour elle une manière de se défouler.

Elle a une fâcheuse tendance à raconter des bobards à tire-larigot et à prendre un peu les gens pour des imbéciles. Ces traits sont un peu nuancés dans le film. Finalement, il n’y a pas qu’elle qui change, les autres apprennent aussi à l’accepter. Ce n’est pas forcément donné à tous les auteurs d’adapter leur roman et encore moins de réussir à le faire correctement quand ils en ont l’opportunité, mais là, le pari est réussi.

Pour ceux et celles qui s’intéressent au roller derby, sachez que ça commence à devenir de plus en plus répandu en France : un article du Monde et le site de l’équipe de France. Sachant qu’il y a des petits clubs qui fleurissent un peu partout…

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La petite marchande de prose
Déblog pas

Et si vous ne voulez pas voir le film, écoutez au moins la bande-originale, juste parfaite!

“Et rester vivant” Jean-Philippe Blondel

Et rester vivant
Jean-Philippe Blondel
Éditions Buchet-Chastel, 2011

J'emporte Rose et ses 50 ans. 
Je voyagerai ma vie entière avec elle
sans qu'elle ne vieillisse jamais.

L’auteur raconte l’année de ses 22 ans. Plus de parents, plus de frères ni soeurs, plus de famille. Pour ainsi dire seul au monde, il décide de s’embarquer dans un road trip aux États-Unis avec ses meilleurs amis, Laure et Samuel. Direction : Morro Bay, California.

J’ai fait une belle découverte avec ce roman autobiographique d’un auteur que je suis déjà depuis un moment. C’est le roman du nouveau départ. Il éclaire beaucoup de thèmes abordés dans ses autres romans, ce qui est souvent le cas des autobiographies. Ici, le deuil tient une place importante. Où se trouve la limite entre “libre” et “perdu”? Est-ce qu’il faut continuer à vivre la routine ou se détacher de tout pour aller ailleurs?

Ce road trip est vraiment émouvant. Les couleurs, les paysages, tout répond aux sentiments du narrateur. Les souvenirs s’en mêlent. De belles rencontres l’attendent sur le chemin, toutes dignes d’un roman. Dans une période charnière où toutes les voies sont ouvertes, il faut d’abord pouvoir lire en soi pour choisir.

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Sophie lit
Biblioblog
Art souilleurs

You never gave her too much thought in your newspaper grey
So waste away to Morro Bay

“La couleur des sentiments” Kathryn Stockett

The Help (La couleur des sentiments)
Kathryn Stockett
Penguin Books, 2011

Années 60, Jackson, Mississippi. Skeeter voudrait devenir écrivain et décide d’écrire un roman sur les bonnes afro-américaines dans sa ville. Elle prend contact avec Aibileen qui prend de gros risques pour soutenir ce projet.

Succès de librairie quasiment depuis les premiers jours de sa sortie, ce roman est encore à ce jour en deuxième place des ventes de livres. Adapté au cinéma à peine un an après sa sortie en France, on peut dire que c’est un blockbuster dans tous les domaines. Donc je l’ai lu, pas seulement pour vérifier son succès mais parce que je l’avais également repéré à sa sortie et que ses thèmes m’intéressaient.

Trois voix de femme ponctuent ce roman. Dans la version anglaise, elles ont chacune leur langage propre, leur syntaxe, qui les rend toutes bien différentiables. Ce qui m’a plu, c’est la force de ces femmes. Aussi bien celle des bonnes noires que celle de Skeeter, qui ne colle désespérément pas à l’image classique de la femme des années 60. Toutes cherchent à se libérer d’un fardeau social, à élargir les mentalités en offrant un récit de leurs vies.

J’avais peur que le style soit un peu “féminisé”, un peu dégoulinant, mais ce n’est pas le cas. C’est un monde de femmes, monde cruel plus que tout autre et donc ce n’est pas un roman de bonne femme. Les événements sont rapportés avec les regards des trois narratrices, des regardes qui captent les injustices criantes d’une société qui a complètement intégré les principes de la Ségrégation et qui abaisse naturellement une certaine population tout en gardant une façade généreuse et propre. Loin d’être manichéiste et simpliste, le roman montre qu’il n’y a pas que les noirs qui sont exclus avec violence.

Vraiment bouleversant et bien écrit (en tout cas en anglais), je vous le conseille si vous ne l’avez pas déjà lu et si vous avez un peu peur des bestsellers comme moi.

Le film, sorti en octobre dernier, est certes un peu hollywoodisé, bien moins dur que le roman à plus d’un égard, mais il reste très bien joué et assez fidèlement adapté.

“Les larmes noires” Julius Lester

Les larmes noires
Julius Lester

Hachette jeunesse, “Black Moon”, 2007

Ce n'est pas de la pluie. Ce sont les larmes de Dieu.

1859, Georgie, États-Unis. Emma et ses parents comptent parmi les esclaves de la plantation Butler. Leur maître a perdu tout son argent au jeu et décide d’organiser une vente massive d’esclaves, la plus grande qu’a connu les États-Unis. Emma accompagne les deux filles du maître à la vente. Sous une pluie diluvienne, la vente se déroule et éparpille tous les esclaves aux quatre coins du pays. Emma, pour une large somme d’argent, est vendue elle aussi. La jeune Sarah, fille du maître, ne lui pardonne pas une telle lâcheté.

L’auteur, Julius Lester, est un professeur à l’université du Massachusetts et un musicien. Le thème de l’esclavage qu’il aborde ici est récurrent dans la plupart de ses romans (dont aucun autre n’est traduit en français). C’est un sujet réellement délicat, encore aujourd’hui. Ce roman le traite de manière pertinente car il aborde le problème de différents points de vue : celui classique des esclaves voulant être libérés en étant conscients du prix, de ceux qui essaient juste de rester en couple ou en famille, des propriétaires indulgents, des tortionnaires… Cette multiplicité de points de vue est absolument indispensable et permet de cerner tous les tenants et les aboutissants de l’esclavage, de la ségrégation et de la possibilité de leur abolition.

L’histoire d’Emma est basée sur des faits réels et historiques, une vente d’esclaves sans précédent aux USA qui dura deux jours. Le compte-rendu de cette vente, document à partir duquel l’auteur à bâti son roman, est lisible en ligne sur le site de la Library of CongressL’auteur a su entremêler Histoire et fiction de manière à expliquer l’une grâce à l’autre, grâce à la sensibilité de tous les personnages qui ponctuent le récit. Et tout cela grâce à un style assez unique, que je n’ai rencontré dans aucun autre roman. À mi-chemin entre le roman et la pièce de théâtre. Les dialogues sont rapportés comme au théâtre, entrecoupés par des dialogues intérieurs et des interludes consacrés aux différents personnages. C’est un style original, bien maîtrisé, et parfaitement adapté au sujet.

En bref, un roman émouvant, passionnant et authentique. Il est d’ailleurs complètement perdu dans la collection “Black Moon” dédiée à toute la bitlit découlant de Stephenie Meyer…

À lire sans attendre.

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Otium
Claire (bis)
Ma cabane en Guyane

“Dewey” Vicki Myron

Dewey
Vicki Myron (et Bret Witter)
Trad. Bérengère Viennot
JC Gausewitch Editeur, Paris, 2008.

Dans une petite ville un peu paumée de l’Iowa, la directrice d’une bibliothèque municipale découvre un matin d’hiver, en ouvrant sa boîte aux livres, un chat à demi mort de froid. C’est avec ce début digne d’un conte de fées que s’écrit l’histoire de Dewey, le chat de bibliothèque probablement le plus connu du monde. L’ancienne directrice nous raconte son intégration à la bibliothèque, ses pitreries, ses habitudes félines…
Bibliothécaires amoureux ou amoureuses des chats, voici un livre pour vous! Ne vous y méprenez pas, ce n’est pas exactement un roman, même s’il en a la forme. Vicki Myron ne cherche pas à faire du style littéraire. C’est tout simplement l’écriture du coeur, si on peut dire ça comme ça. Le lecteur apprend la situation et une partie de l’histoire de la ville de Spencer, ce qui aide pour comprendre pas mal de choses, notamment les combats de Vicki pour que sa bibliothèque soit vivante et attractive (nous devrions en tirer quelques leçons ainsi que quelques bonnes idées).
Parallèlement aux récits épiques deweyiens, Vicki Myron s’épanche sur une tranche de vie difficile, des épreuves personnelles qui ont été rendues supportables par une boule de poil sur pattes. Même si l’auteur se défend d’avoir l’air niaise, il est vrai que le récit tire parfois un peu vers le pathos. Mais on ne lui reproche pas trop. Après tout, c’est une histoire exceptionnelle : un chat de bibliothèque adulé dans le monde entier – et encore maintenant, deux ans après sa mort! Alors merci Vicki de nous l’avoir fait partager. C’est un moment de lecture simple et touchante.
Et cette célébrité risque de continuer : le roman sera probablement adapté au cinéma avec Meryl Streep dans le rôle principal. Priez tous St Dewey pour que les scénaristes n’hollywoodisent pas trop son histoire en y ajoutant plein de miel et d’idéal américain…
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Les livres ont survécu à la télévision, à la radio, au cinéma parlant, aux premiers magazines, aux premiers journaux, aux spectacles de marionnettes Punch et Judy et aux pièces de Shakespeare. Ils ont survécu à la Seconde Guerre mondiale, à la guerre de Cent Ans, à la peste noire et à la chute de l’Empire romain. [...] Ils ne se laisseront pas assassiner par Internet.
Et les bibliothèques non plus. Nous ne sommes peut-être plus le sanctuaire de livres au réconfortant silence d’autrefois, mais nous sommes plus utiles que jamais à la communauté. Nous sommes connectés au monde comme jamais nous ne l’avons été. Nous pouvons commander des livres n’importe quand et faire des recherches en appuyant sur un bouton. Nous communiquons entre bibliothécaires grâce à un panneau d’affichage électronique, nous échangeons nos astuces et nos informations essentielles pour rendre chaque bibliothèque meilleure et plus efficace. [...] Le taux de fréquentation de bibliothèque municapile de Spencer ne cesse de grimper. Qu’ils viennent pour emprunter des livres, louer des films, jouer à des jeux vidéos ou juste rendre visite à un chat, quelle importance?
P 210-211

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Dewey Readmore Books : son site perso
La dévoreuse de livres