“A boire et à manger” Guillaume Long

A boire et à manger
Guillaume Long
Gallimard, 2012

"Moorteel! Avec un oeuf pourri tu peux lancer 
un sortilège 2 niveau 5 sur un berserk!"

Il était temps que je la lise cette BD. Déjà parce que j’aime la BD. Ensuite parce que j’aime manger! Et rassurez-vous, vous aurez de quoi faire après avoir lu ça. Guillaume Long raconte les différents aspects de son amour pour la bonne bouffe. Expériences à l’étranger, recettes favorites, tout y passe.

Les food lovers vont aimer : ce livre est truffé d’humour et de bonnes idées. Je recommande particulièrement la recette sur les endives. Car Guillaume Long aime redonner une seconde chance aux vilains petits légumes que tout le monde déteste (voir récemment, cette note sur le poireau). Bref, on rigole et on apprend plein de choses, alors pas d’hésitations! Et allez lire son blog tant que vous y êtes :)

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Miss Alfie
Rose and Cook
Hop Blog

Une pincée d’albums… Avril !

Voici une petite sélection d’albums sortis récemment… avec mes coups de coeur en rouge :)
Régalez-vous bien!

Oh non, Georges!, Chris Haughton, Thierry Magnier, 2012

Georges est un chien plutôt maladroit qui promet d’être sage. mais qu’arrive-t-il quand son petit maître est parti? Un album très drôle par l’auteur de Un peu perdu, on retrouve un graphisme très coloré et cette tête débile me fait toujours sourire.

La charade des animaux, Alice Vieira, Madalena Matoso, La joie de lire, 2012

Chaque double page de cet album renferme une charade en rimes où il faut deviner le nom d’un animal, lui-même caché dans les détails du dessin. Ludique, et très original.

ABC Bestiaire, Janik Coat, Autrement jeunesse, 2012

Un paysage, et puis des animaux qui s’y ajoutent, il faut aussi deviner leurs noms… Mais le mieux c’est qu’ils vivent de pages en pages. Il y a donc plein de détails très amusants à observer. Beaucoup d’humour, un peu de cogitation, et un super visuel!

Coincé, Oliver Jeffers, Kaléidoscope, 2012

Comment fait-on pour débloquer le cerf-volant coincé dans l’arbre? On lance des trucs dessus bien sûr. Et ça prend des proportions inattendues… Un album à l’humour décalé et bien british, et des illustrations surréalistes et drôles.

Tout au long de la route, Frank Viva, Albin Michel Jeunesse, 2012

On suit un cycliste dans sa balade à travers la ville. Cet albums propose une expérience tactile de la lecture très sympathique. Les dessins tout en rondeur font très années 60.

Nour, le moment venu, Mélanie Rutten, MeMo, 2012

Je ne sais pas s’il faut encore faire la promotion de Mélanie Rutten. À chaque fois qu’on a un de ses albums entre les mains, on sait que ça va être magnifique. Celui-ci ne fait donc pas exception!

Une ombre qui glisse, Marco Carrara, Chiara Carrer, Atelier du Poisson Soluble, 2012

Un album qui aborde le délicat thème de l’autisme avec force justesse, beauté et mesure. Les illustrations de Chiara Carrer expriment toute la complexité de la chose, en mélange d’imprimés et de crayonnés. C’est également plein d’amour.

Akim court, Claude K. Dubois, Sarbacane, “Amnesty International”, 2012

Des illustrations façon crobart pour un album fort sur la guerre et l’exil vus par les yeux d’un enfant. Une histoire universelle et très émouvante.

Catfish : une histoire de combats, de liberté et de courage, Maurice Pommier, Gallimard, 2012

Ce très beau livre est un documentaire-fiction sur l’esclavage et l’Histoire des Etats-Unis. On suit la vie du jeune Catfish, engagé comme esclave qui apprend finalement le métier de tonnelier, et on apprend l’histoire de tous ces gens venus en Amérique, exilés. Les illustrations sont très finement ouvragées.

La maison en petits cubes, Kenya Hirata, Kunio Kato, Nobi Nobi, 2012

Voilà une histoire qui a été très appréciée par la critique. Un homme doit reconstruire sa maison au fur et à mesure que le niveau de l’eau monte. Une belle métaphore sur la vie qui passe, et les souvenirs engloutis. Poétique et visuellement vraiment beau.

Rong rouge, Claire Garralon, Actes Sud Junior, 2012

Succès garanti avec la lecture de ce court album très graphique et au texte oral. La chute est si naturelle et jolie que vos auditeurs garderont un sourire béat sur les lèvres quand vous refermerez le livre.

 

“Tu mourras moins bête” Marion Montaigne

Tu mourras moins bête
Vol. 1 : La science, c’est pas du cinéma!
Marion Montaigne
Ankama éditions, 2011

Liebe Moustachen Professor...

La librairie est un lieu de perdition parfait pour moi, surtout le rayon BD. Voilà, j’ai craqué, il a fallu que j’achète ce joli pavé, retravaillé d’après le blog Tu mourras moins bête (mais tu mourras quand même) de Marion Montaigne. Bien sûr, j’adore le blog, bien sûr je ne rate jamais une note ni une occasion de m’instruire. Depuis peu, j’adore dire que j’ai des “douleurs déplacées irradiant de mon plexus cœliaque“. Ca rend tout de suite les choses plus classe.

Donc si vous aussi, vous avez envie de vous la péter en allant voir des films d’action pour décrédibiliser toutes les scènes et ce faisant emmerder les copains, cette BD est faite pour vous. Le Professeur Moustache se chargera de vous apprendre tout ce que vous devez savoir de manière ludique et drôle. La vulgarisation scientifique, il sait le faire mieux que quiconque! Par contre, c’est très générationnel. N’allez pas offrir ça à Papi, c’est pas sûr qu’il comprendrait toutes les références, le pauvre, même s’il aime la science.

Le tome 2 est déjà lancé, et pour cause, il reste tellement de matière!

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Blog brother
Miss Alfie
bdouille

“Le jour où j’ai abandonné mes parents” Agnès de Lestrade

Le jour où j’ai abandonné mes parents
Agnès de Lestrade
Rouergue, “Dacodac”, 2011

Ma mère peut bien prier tous les saints de la Terre, 
mon père se prosterner devant la statue de Che Guevara, 
on ne sera jamais heureux tous en même temps.

Les contraires s’attirent. C’est ce qu’on dit, non? Karla-Madeleine a un père facteur et communiste et une mère bourge qui bosse chez Total. Leur union incongrue a fait fuir toute leur famille. Un jour, lors de vacances au camping, Karla-Madeleine retrouve sa cousine par hasard.

Quand il faut dépeindre la lutte des classes au sein même d’un couple, d’une famille, Agnès de Lestrade décide d’y aller à gros coups de pinceaux. Malgré une caricature très efficace et humoristique, j’attendais que l’histoire soit un peu plus aboutie. J’ai même trouvé le style peut-être un peu trop simple pour de grands ados.

L’avantage de ce roman est surtout d’insister sur le non-fondement des préjugés sociaux entre la classe dominante et le bas peuple, et les préjugés physiques en rapport avec sa cousine. Tout ça, c’est plein de vérité et de bons sentiments, c’est léger, mais c’est aussi et malheureusement inconsistant. Il manquait peut-être quelque chose de plus frappant qui fasse résonance et permette de prolonger un peu la réflexion.

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Parolimage
Fantasia
Feu Otium

“Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère?” Susin Nielsen

Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère?
Susin Nielsen
Traduit de l’anglais par Valérie Le Plouhinec
Hélium, 2011

Que les choses soient bien claires : 
je n'ai pas fait exprès d'expédier 
mes deux demi-soeurs aux urgences.

Les parents de Violette son divorcés. Sa mère erre sentimentalement de naze en crétin et son père est remarié avec une blonde à forte poitrine. Violette est bien décidée à faire en sorte que sa mère quitte son dernier amant en date pour l’idéal George Clooney.

Hélium est synonyme de confiance. Quand on avise ce roman à la couv sympa et au titre déjà drôle, on a qu’une hâte, c’est d’en manger les mots. Violette portraiture avec un humour noir sa mère à la dérive conseillée par des amies qui feraient mieux de se regarder un bon coup dans le miroir avant d’ouvrir la bouche. Violette est une protectrice farouche, comme souvent lors de divorces lorsque les rôles sont inversés. Complètement décalée, solitaire et acide, elle nous narre sa difficulté à faire le deuil de sa famille.

À côté des clichés estampillés “US” dont on se joue beaucoup, on goûte ici à une aventure vraiment rafraîchissante (je sais, ça ne veut pas dire grand chose) qui dépasse les préjugés pour toucher le rêve du doigt. Ca se dévore comme un bon croissant à la confiture. La question principale étant : George Clooney l’a-t-il lu? George, if you read me, you’re welcome to post a comment. Hé oué, moi aussi je vise haut.

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Fantasia (Sophie Pilaire)
Adelalu
Cannibales lecteurs
Et le blog de Susin Nielsen

“Maman, papa, les frites et moi” Leila Rasheed

Maman, papa, les frites et moi
Leila Rasheed
Bayard jeunesse, “Estampille”, 2011

Je suis Bathsheba Clarice de Trop! Ma vie est fantastique!

Bathsheba Clarice de Trop est la fille d’une auteure à succès et le nom de son héroïne. Bath fusionne sa propre vie et celle de son personnage éponyme pour lutter contre la solitude. Son père refait surface après des années et l’aide à retrouver la vraie réalité.

Un petit roman sympathique qui se lit d’une traite. Bath est une gamine profondément seule et mythomane qui vit dans une illusion entretenue par sa mère. Aucune des deux ne sait prendre de distance avec la fiction. La réalité qu’elles bâtissent ensemble est confortable mais terriblement triste d’un point de vue extérieur.

Cependant, tout est traité avec un humour fin et la fraîcheur du personnage de Bath permet de ne pas trop dramatiser. Elle finit évidemment par devoir faire face au monde, découvre la valeur des liens familiaux et amicaux, bien plus gratifiants qu’une bulle de mensonges.

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Fantasia (Sophie Pilaire)

 

“Comment vous saviez pas?” Gilbert Laffaille, Jean-Luc Allart

Comment vous saviez pas?
d’après une chanson de Gilbert Laffaille
illustré par Jean-Luc Allart
Editions les Grandes Personnes, 2011

Si c'est pas malheureux... Manger des chats français!

Je m’en tiendrai à peu de mots pour cet album qui est une petite perle. D’abord par l’originalité de ses illustrations, mélange de décors 3D et de photographies. Et ensuite, pour le sujet, abordé très finement et avec beaucoup d’humour.

Je vous laisse avec une découverte en images et en musique. Cette chanson, une fois que je l’ai écouté, je n’arrivais plus à m’en défaire. Elle me revient à chaque fois que je vois l’album!

 

 

 

Le grot chat du marché...

 

Niark, niark, niark, niark!

“A la recherche du paon perdu” Angélique Villeneuve

A la recherche du paon perdu
Angélique Villeneuve
Editions des Grandes Personnes, 2011

Mon père ne m'a JAMAIS adressé la parole DE MA VIE, 
sauf deux fois, et c'est pour ça qu'avec Procopée, 
on l'appelle Sauf2fois.

Mollux détecte un comportement bizarre chez son père. Il cache un paon empaillé dans un placard secret du salon et disparaît mystérieusement le lendemain. Mollux et son meilleur ami, Procopée, partent à sa recherche.

Enfin, enfin, enfin un livre drôle dans l’édition ado. Merci les Grandes Personnes, merci beaucoup. C’est une vrai bouchée d’oxygène de lire un livre avec le sourire aux lèvres. Avec Mollux, jeune garçon décalé qui aime donner des surnoms à son entourage, on ne s’ennuie pas un seul instant. Même si son histoire a des côtés bien tristes, il n’y a aucune trace de pathos dans le récit mais de l’humour à foison, et d’hilarantes bêtises de gamins. J’imagine que ça marcherait très bien au cinéma.

La narration est vraiment bien menée par ce garçon de 12 ans. On s’y croirait : digressions, explications, pensées, prise à parti du lecteur, retours en arrière, et plein de blagues. Ce roman a juste ce qu’il faut de folie et d’originalité. Cette manie des surnoms qu’a Mollux a une fâcheuse tendance à déformer la réalité… Ou plutôt à montrer son point de vue sur sa famille de timbrés.
Que du bonheur!

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Cathulu
Méli-mélo de livres

La Galerie des Horreurs… Bruce Coville

Pour bien commencer 2012, quoi de mieux qu’une nouvelle section? Alors Bienvenue dans La Galerie des Horreurs.

Episode 1 : Bruce Coville !

Il y a quelques semaines, j’avais posté sur la page Facebook (pour ceux qui y vont) une couverture de livre pour guetter les réactions potentielles. Il s’agissait d’un roman de Bruce Coville, intitulé Mon prof s’allume dans le noir. Oui, ce genre de titre qui, tout de suite, vous fait perdre tout votre sérieux.

Il s’agissait de la série “Un extraterrestre dans ma classe” qui a rendu classique le schéma de l’élève qui apprend par hasard que ses professeurs ne sont pas vraiment ce qu’ils semblent être.
Aussi célèbres que les “Chair de poule”, mais plus cosmiques et humoristiques, ces romans datent clairement de l’enfance de ma génération, c’est-à-dire des années 90. Pour les nostalgiques, je tiens à vous préciser qu’ils sont tous épuisés. Alors ne jetez pas vos exemplaires à la poubelle, qui sait, d’ici quelques siècles, vous pourrez peut-être les vendre très cher sur eBay.

Venons-en au vif du sujet : les couvertures. J’allais les fustiger, j’allais les descendre, les traiter d’hideuses, horribles et débiles. Mais ça, c’était avant
1. de m’être rendue compte que mes amis avaient lu (et aimé) ces romans
2. d’avoir vu les couvertures des éditions rééditées.
Aïe, là, pour le coup, ça fait vraiment vraiment mal. Si les anciennes couv étaient kitsch, au moins elles étaient bien dessinées. Mais le couperet tombe avec ce merveilleux “RIGOLO” en gros et large au-dessus du nom de l’auteur, parce que c’est vrai que les histoires de cervelle dans un bocal en première de couv, aujourd’hui, ça fait peur aux géniteurs (la violence, les jeux-vidéos, tout ça tout ça). Et pour le comble du mauvais goût, choisissons une belle police comme… le Comic Sans MS. Un jour, un ami avait très justement dit qu’utiliser cette police  – en particulier sur un CV – était un réel suicide graphique qui assurait une absence totale de crédibilité. La preuve en image!

Et vous? Que pensez-vous de ces nouvelles couvertures?
Avez-vous lu les romans de Bruce Coville et quel souvenir en avez-vous gardé?

Quelques images de plus pour les amateurs (désolée pour la piètre qualité, ces photos ont été prises sur mon téléphone, très peu technologieux).

“Fromage ou dessin” Jean-François Ménard

Fromage ou dessin
Jean-François Ménard
Ecole des Loisirs, “Neuf”, 1994

A notre client bien-aimé, 
regrets éternels du maître saucier.

Théo est au restaurant avec ses parents et fait un caprice pour quitter la table. Il est puni et mis dans une salle vide de laquelle il sort pour poursuivre une petite fille qui court plus vite que tout. Elle fait des dessins aussi, plus vivants que la réalité…

Voici un roman complètement azimuté sur lequel je suis tombée par hasard. Un monde caché derrière un restaurant? Pourquoi pas. Sauf que les clients qui meurent empoisonnés par la fameuse sauce sont enterrés là. Le poète qui écrit les menus vit dans un recoin, et se transforme parfois en loup-garou. Au milieu de tout ça, Manon est une petite fille-fée qui entraîne Théo dans une aventure excentrique et drôle.

L’auteur vous offre sa spécialité d’idées saugrenues, agrémentées d’humour piquant, et d’une sauve veloutée à l’imaginaire. Par-dessus tout ça, il mène une petite réflexion sur le pouvoir de création, et la capacité de montrer par le dessin l’extérieur et l’intérieur à la fois. Un petit délice décalé.