La légende de nos pères
Sorj Chalandon
Grasset, 2009
Tristan lui, n'avait pas bougé. Il se relisait, feuille levée à hauteur de lunettes, et l'eau de pluie faisait larmes d'encre.
Frémaux est un biographe et écrit la vie de personnes âgées pour en faire des livres souvenirs. Il est engagé par Lupuline pour raconter la vie de son père, Tescelin Beuzaboc. Héroïque résistant, il a toujours fait rêver sa fille avec ses récits trépidants.
C’est un petit tour sur le blog de Midola qui m’a donné envie de me lancer dans cette lecture. Elle a mis tous les romans de cet auteur en coups de coeur. Je ne risquais donc pas grand chose. Ce roman développe une histoire très subtile sur le devoir de mémoire. Pour devenir un héros aux yeux de sa fille, Tescelin ferait n’importe quoi, comme s’inventer un passé glorieux. La rencontre avec ce biographe doit le pousser à assumer son passé. Tescelin est le personnage cible de jugements sur l’Histoire et sur certaines personnes n’ayant pas pris le maquis. Frémaux, lui-même, doit accomplir une quête sur son histoire familiale.
C’est une histoire à la fois, belle, délicate et compliquée. J’ai vraiment pris plaisir au style d’écriture parfois très poétique de l’auteur (que je n’avais encore jamais lu). Il décrit cette situation avec beaucoup de sensibilité, de justesse et nous pousse à nous interroger sur ces oubliés de l’Histoire. Est-il vraiment besoin de faire de nos aïeuls des héros pour les aimer?
Une très belle lecture.
PS : mais d’où ils sortent ces noms de personnages??
On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Midola
Le grenier à livres
Chroniques d’une lectrice















Léo reçoit chez lui des photographies adressées à son père. Sans lettre, sans explication, l’expéditeur inconnu fait planer le mystère qui finit par s’éclaircir. Louis, son père, doit remonter dans son passé et revenir sur un voyage à Soukhoumi.
Deuxième incursion en jeunesse pour cette auteure qui promet beaucoup de bonnes lectures. Ici, elle nous livre un court roman où l’humour cotoie le sérieux au rythme adéquat. Le thème de divorce n’est pas stéréotypé ni diabolisé : preuve en est tous les exemples différents que donnent les copains de Pierrot. Tout le monde peut en venir à se séparer. Les enfants, de leur côté, apprennent à jouer avec des situations quotidiennes que les parents ne supportent plus. Le roman donne aussi une vision de la vie adulte assez réaliste. Pouvoir soutenir une vie de famille après les dures journées de travail n’est pas facile. Garder quelques bonheurs simples permettent de sortir la tête de l’eau. Quant à Pierrot, il apprend à aimer ses parents tels qu’ils sont. Comme quoi, vouloir être comme tout le monde n’est pas forcément bon.