Désordre au paradis
Gabrielle Vincent
Casterman, 2008
Il a raison le petit. On vit assis.
Le petit Séraphino ne tient plus en place au Paradis. Il s’ennuie alors qu’il voudrait créer, dessiner, vivre! Il sème la pagaille dans la routine millimétrée des anges.
Voici une petite perle de Gabrielle Vincent, qu’on connaît surtout pour sa série d’albums “Ernest et Célestine” mais qui a fait plusieurs albums très limitrophes avec la bande-dessinée, et celui-ci l’est particulièrement. Le paradis est présenté comme une sorte de gouvernement où on organise pour canaliser. C’est ici que Séraphino entre en jeu. Il remet en cause les acquis et suggère que la création est essentielle pour s’échapper de la pensée unique, et devenir pleinement des individus.
On pourrait croire à une critique religieuse, mais ça ne l’est aucunement. C’est une métaphore bien trouvée et très justement menée pour exhorter à la création et surtout à se développer soi-même au maximum pour toucher à une sorte de félicité. Le Vatican aurait même demandé un exemplaire à Casterman… Je ne parle pas des dessins de Gabrielle Vincent qui sont superbes. Des esquisses libres, légères et très expressives.
Un petit bijou!
On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Mange, lit, voyage
Pages d’écriture
Notez que l’adaptation au cinéma d’Ernest et Célestine a été présentée pour la Quinzaine des Réalisateurs. Mais je ne suis pas sûre que l’histoire générale ait été vraiment très respectée.


Sohaïl habite en Afganistan et se souvient du pays dans sa prospérité révolue. Avec la montée de l’extrémisme et des taliban, son ami Obaïd se lance discrètement dans la résistance. Hafiza, quant à elle, devra être mariée à un riche propriétaire terrien de 25 ans son aîné. Le propre père de Sohaïl est recherché et doit se cacher. Toute la famille doit fuir le pays.
J’ai tout de suite été attirée par le graphisme de cette bande-dessinée. L’histoire est assez dense et les relations entre les familles un peu compliquées, mais l’important est Luce, l’héroïne tragique, une Antigone transposée au XVIe siècle. Face à son destin, cette femme doit se décider à être forte pour gagner son indépendance et sa liberté. Cette histoire est contée, malgré tous ces éléments tragiques, avec une certaine pudeur et pas mal de noirceur qui imprègnent le récit de froideur et empêchent la lumière de transparaître.
La règle du jeu est la suivante : “montrer qu’avec la même matière, on peut raconter tout et son contraire.” Les trois versions de ce récit sont donc basées en majorité sur les mêmes dialogues, les mêmes dessins. Les trois auteurs ont réussi à ajuster de main de maître un étonnant puzzle scénaristique.Les trois récits trouvent leur origine dans des hypothèses scientifiques ou historiques sur l’authenticité du Saint-Suaire. Le sujet semble être parfait pour l’occasion. Aucun besoin d’être un expert en la matière puisque ces théories sont résumées entre les histoires.
C’est l’heure des vacances pour Jésus et Bouddha, après s’être donné du mal pour oeuvrer à la paix sur Terre. Ils se trouvent un appartement et s’adonnent aux activités favorités des japonais modernes… En toute discrétion.
Le jeune Siddartha est l’héritier du Kosala. Mais il est appelé par les circonstances et une force intérieure à quitter les richesses de ce monde pour errer sur les routes, subir des austérités et finalement développer sa propre pensée. Le bonheur se trouve dans l’entraide. Il se voyage afin de diffuser son enseignement et sa sagesse, et rencontre des esprits parfois réticents.
Cette série montre bien pourquoi l’auteur a été sacré Dieu du manga chez nos amis japonais. La vie d’une divinité, c’est difficile à raconter. Je n’ai jamais lu d’adaptation du Nouveau Testament par exemple (mais il en existe peut-être) mais ce que je sais, c’est que l’exercice serait difficile. Ici, Tezuka réussit, mais en plus il réussit à conjuguer parfaitement plusieurs tons contradictoires. L’humour et la solennité, le sérieux et les anachronismes, l’anecdotique et le spectaculaire… Tezuka transforme une hagiographie potentiellement ennuyeuse en une histoire drôle, pédagogique et à portée universelle.
Tout commence avec cet homme en surpoids. Pour perdre ces kilos superflus, il essaie tous les régimes les plus farfelus. Lors d’un régime “tout olives”, il manque de s’étouffer avec un noyau qui finit par se loger dans sa gorge. Sans qu’il s’en aperçoive, la graine germe et fait pousser un olivier dans son oreille.
Selon le principe de la collection, l’auteur relate un épisode marquant et fondateur s’étant passé dans son adolescence. Il raconte comment il a perdu la foi. Pendant son enfance et adolescence, il passe ses vacances à Besançon près de chez son oncle Edmond, un authentique goujat qui passe son temps à rabaisser les gesn autour de lui. Son petit-fils Aubin, un jeune homme à la foi particulièrement ardente, en fait les frais.