“Désordre au paradis” Gabrielle Vincent

Désordre au paradis
Gabrielle Vincent
Casterman, 2008

Il a raison le petit. On vit assis.

Le petit Séraphino ne tient plus en place au Paradis. Il s’ennuie alors qu’il voudrait créer, dessiner, vivre! Il sème la pagaille dans la routine millimétrée des anges.

Voici une petite perle de Gabrielle Vincent, qu’on connaît surtout pour sa série d’albums “Ernest et Célestine” mais qui a fait plusieurs albums très limitrophes avec la bande-dessinée, et celui-ci l’est particulièrement. Le paradis est présenté comme une sorte de gouvernement où on organise pour canaliser. C’est ici que Séraphino entre en jeu. Il remet en cause les acquis et suggère que la création est essentielle pour s’échapper de la pensée unique, et devenir pleinement des individus.

On pourrait croire à une critique religieuse, mais ça ne l’est aucunement. C’est une métaphore bien trouvée et très justement menée pour exhorter à la création et surtout à se développer soi-même au maximum pour toucher à une sorte de félicité. Le Vatican aurait même demandé un exemplaire à Casterman… Je ne parle pas des dessins de Gabrielle Vincent qui sont superbes. Des esquisses libres, légères et très expressives.

Un petit bijou!

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Mange, lit, voyage
Pages d’écriture

Notez que l’adaptation au cinéma d’Ernest et Célestine a été présentée pour la Quinzaine des Réalisateurs. Mais je ne suis pas sûre que l’histoire générale ait été vraiment très respectée.

“La morte amoureuse” Théophile Gautier

La morte amoureuse
Théophile Gautier
Lu par Laurence Noris
Sous la lime, 2005

"Malheureux! Qu'as-tu fait?"

Romuald se destine à être prêtre. Le jour de son ordination, il aperçoit Clarimonde qui hantera désormais ses nuits.

Avec toutes ces histoires et films de vampires à droite et à gauche, j’avais une envie de retour aux sources. Ca fait toujours du bien. Ce texte – très joliment lu, au passage – est une classique de la littérature fantastique. On y retrouve de nombreux thèmes : passion, embrouillement des sens, tentation d’un personnage pur souvent lié à la religion, rêve et folie, l’amour interdit… Cela m’a beaucoup rappelé Le Moine de Lewis.

Le texte est très riche et poétique et il prend tout son sens de l’écouter parlé. Si vous n’avez jamais tenté l’expérience, je vous la recommande. Je ne sais pas si tous les genres se valent en textes lus, mais je valide celui-ci!

 

“Le garçon qui n’était pas noir” Jacqueline Woodson

Le garçon qui n’était pas noir
Jacqueline Woodson
Trad. de l’américain par Agnès Piganiol
Bayard jeunesse, “Estampille”, 2011

Blanc et silencieux comme la neige, 
il est apparu sur le pas de la porte.

Aux USA, dans les 70′s, tout n’est pas forcément funky. Frannie vit dans un quartier peuplé de noirs américains et voit arriver un jeune garçon blanc dans son école. Il n’est pas très bien accueilli…

Dans une Amérique souffrant encore des résidus de la ségrégation, le racisme est présent dans la communauté blanche comme dans la communauté noire. La différence, voilà quelque chose de bien effrayant. Ici, même si on s’attarde beaucoup sur les différences raciales, on en aborde également d’autres : handicap, croyances…

Ces thèmes forts sont traités avec une simplicité qui rend accessible ce roman aux enfants dès 8 ou 9 ans. Pattes d’eph, afros et Jackson Five sont autant de détails kitchs qui donnent un peu de recul sur le récit. Je suppose que le placer de nos jours aurait été un peu plus frappant… peut-être un petit peu moins inconséquent. Mais cela reste une lecture bien agréable.

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Les lectures de Nicolas

“Fuir les taliban” André Boesberg

Fuir les taliban
D’après l’histoire vraie de Sohaïl Wahedi
André Boesberg

Traduction du néerlandais d’Emmanuèle Sandron
Thierry Magnier, 2011

 

Dans la montagne, nous pouvions encore nous bercer de l'illusion 
qu'il était possible de faire demi tour.
Cette illusion a maintenant volé en éclats.

 

Sohaïl habite en Afganistan et se souvient du pays dans sa prospérité révolue. Avec la montée de l’extrémisme et des taliban, son ami Obaïd se lance discrètement dans la résistance. Hafiza, quant à elle, devra être mariée à un riche propriétaire terrien de 25 ans son aîné. Le propre père de Sohaïl est recherché et doit se cacher. Toute la famille doit fuir le pays.

 

C’est par une scène d’exécution publique dans un stade que ce roman débute, la toute première à laquelle Sohaïl est témoin. On ne peut pas dire que ça commence en douceur, mais cela annonce la couleur. A travers le regard de Sohaïl, on assiste à la vie de tous les jours : les brimades inattendues, les femmes en tchadri toujours accompagnées d’un chaperon, les hommes en turbans… C’est le portrait d’un peuple complètement asservi à un ensemble de lois, de règles et d’obligations aussi nombreuses qu’inapplicables. Il est impossible de ne pas fauter. Malgré la souffrance, pas de rébellion. Une explication? Ce peuple a été soumis à plusieurs jougs auparavant et préfère attendre que la roue tourne.

Comme dit le grand-père de Sohaïl, les taliban sont peut-être drogués et analphabètes, mais ils sont surtout imprévisibles. La peur habite donc chaque ligne de ce roman. Toujours sur le qui-vive, les personnages sont constamment menacés d’être exécutés sommairement ou de devoir rentrer dans la clandestinité. Mais certains se réclament un devoir de résistance.

Avec un style candide et un ton très nostalgique. Sohaïl raconte sa fuite. La conscience d’être arraché d’un pays qu’il aime malgré tout lui brise le cœur. Il doit également vivre dans l’incertitude, n’ayant pas toutes les informations en main, mais ainsi, il est protégé et blanchi. Il ne comprend pas tout, comme le lecteur. Il tente cependant de garder un mince espoir.

Un roman très frappant à lire et à faire lire aux ados et adultes.

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Sophie Pilaire
Libouli 

“La colline aux mille croix” Perrissin, Renault

La colline aux mille croix
Christian Perrissin

Déborah Renault (scénario)
Futuropolis, 2009

 

Et toujours on parlait de Luce de Mirail comme si elle vivait encore.

 

Rouergue, XVIe siècle. Durant la période de la Réforme, deux familles se disputent un domaine et la légitimité de leurs croyances et pratiques religieuses. Luce Dalmayrac est l’héroïne tragique. Elle perd la confiance et la protection de son beau-père en essayant de donner une sépulture à son frère, tué lors d’un duel.

 

J’ai tout de suite été attirée par le graphisme de cette bande-dessinée. L’histoire est assez dense et les relations entre les familles un peu compliquées, mais l’important est Luce, l’héroïne tragique, une Antigone transposée au XVIe siècle. Face à son destin, cette femme doit se décider à être forte pour gagner son indépendance et sa liberté. Cette histoire est contée, malgré tous ces éléments tragiques, avec une certaine pudeur et pas mal de noirceur qui imprègnent le récit de froideur et empêchent la lumière de transparaître.

Cette impression de noirceur est bien sûr influencée par le dessin. Tout en noir et blanc, à l’image de la couverture, sans doute fait au fusain, l’atmosphère est crayeuse, floue et pesante. Les personnages, très réalistes, se dessinent parmi les ombres. Ces illustrations sont couchées sur du papier d’une superbe qualité, ce genre de papier qu’on prend plaisir à toucher pendant la lecture. Seul bémol (il en fallait bien un), la typographie en comic sans ms fait… comment dire… tâche. Pourtant, c’est pas les polices qui manquent…

Dans tous les cas, une magnifique BD, forte et grave dans un très beau livre.

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Bodoï
Du9
Librairie Graffiti 

“Trois Christs” Mangin, Bajram, Néaud

Trois Christs
Récit en trois variations
Valérie Mangin (scénario)

Denis Bajram et Fabrice Neaud (illustrations)
Éditions Quadrants, “Astrolabe”, 2010

 

Il est de ces chevaliers qui veulent contempler Jésus 
souffrant et pleurer sur ses plaies pendant leur prière.

 

1353, France. À Lirey, les fêtes de Pâques vont débuter. La nouvelle église vient d’ouvrir ses portes sous le mécénat du Chevalier Charny. Celui-ci serait en possession du Saint-Suaire… Trois variations : “Dieu existe”, “Dieu n’existe pas”, “Dieu est radioactif”.

 

La règle du jeu est la suivante : “montrer qu’avec la même matière, on peut raconter tout et son contraire.” Les trois versions de ce récit sont donc basées en majorité sur les mêmes dialogues, les mêmes dessins. Les trois auteurs ont réussi à ajuster de main de maître un étonnant puzzle scénaristique.Les trois récits trouvent leur origine dans des hypothèses scientifiques ou historiques sur l’authenticité du Saint-Suaire. Le sujet semble être parfait pour l’occasion. Aucun besoin d’être un expert en la matière puisque ces théories sont résumées entre les histoires.

Le dessin est assez réaliste. Par je ne sais quel procédé, le grain semble très épais, et efface un peu les contours, comme dans une impression ou un souvenir lointain. Cela contribue également à une ambiance très étrange et surnaturelle, surtout dans la dernière version, la plus excentrique des trois. Mais je n’en dis pas plus. Trois Christs faisait partie de la sélection du festival d’Angoulème 2011.

Une BD à lire, ne serait-ce que pour applaudir la prouesse scénaristique et graphique.

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Les singes de l’espace
Blogbrother
Publikart 

“Les vacances de Jésus et Bouddha” Hikaru Nakamura

Les vacances de Jésus et Bouddha
Tome 1

Hikaru Nakamura
Éditions Kurokawa, 2011

Le Bouddha smile!

C’est l’heure des vacances pour Jésus et Bouddha, après s’être donné du mal pour oeuvrer à la paix sur Terre. Ils se trouvent un appartement et s’adonnent aux activités favorités des japonais modernes… En toute discrétion.

Jusqu’à présent, je n’ai critiqué que des séries que j’avais lu en entier, mais je fais une entorse pour cette fois-ci pour faire un peu de pub à un nouveau manga sorti il y a quelque mois. Qu’est-ce que ça donne deux divinités essayant de vivre dans notre monde moderne? Entre rassemblements d’animaux, séparation des eaux à la piscine et transformation de l’eau en vin, on pourrait croire que c’est la routine qui continue. Mais quand Jésus est confondu avec Johnny Depp au supermarché ou que Bouddha se plaint d’être toujours représenté gros, les choses deviennent plus amusantes.

Ces petites aventures du quotidien mettent en situation ces deux personnages hautement saints pour jouer sur un décalage cocasse. L’auteur, visiblement assez calé sur les deux religions, fait de nombreuses références (oui, si vous n’y connaissez rien, ça risque d’être moins drôle) et révèle de terribles secrets… comme le fait que Jésus ne sait pas nager. Mais je n’en dis pas plus.

Certes, le dessin n’a rien de particulièrement exceptionnel, mais justement, étant très accessible et réaliste, il permet aux non-lecteurs de manga de lire la série sans encombre. J’ai déjà fait cette remarque à propos de Sacrée Mamie, et c’est aussi le cas pour Yotsuba&!. La production manga cherche à toucher un public plus large grâce à ces séries, ce qui n’est pas un mal. Ce genre s’adressait jusqu’à présent à une tranche bien précise de lecteurs, mais ces séries qui abordent une diversité de thèmes – la religion dans notre cas, et l’oenologie dans Les Gouttes de Dieu, par exemple – ont l’opportunité de toucher de nouveaux lecteurs.

Et pour revenir à nos moutons, c’est un moment de lecture très drôle et léger qu’accorde Les vacances de Jésus et Bouddha. Le terrain était miné pourtant! Confronter deux religions est assez risqué, mais grâce à l’humour et au second degré, on réussit à accomplir beaucoup de choses. Vive la suite (à paraître pour septembre).

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Actua BD
La caverne d’Ankya
Billet bulles

“La vie de Bouddha” Osamu Tezuka

La vie de Bouddha
(8 volumes)

Osamu Tezuka
Éditions Tonkam, 2004 à 2006

Ce brasier... Vous tous réunis ici, regardez tous ce brasier.
Tout se consume !

Le jeune Siddartha est l’héritier du Kosala. Mais il est appelé par les circonstances et une force intérieure à quitter les richesses de ce monde pour errer sur les routes, subir des austérités et finalement développer sa propre pensée. Le bonheur se trouve dans l’entraide. Il se voyage afin de diffuser son enseignement et sa sagesse, et rencontre des esprits parfois réticents.

Je n’aurais pas pu faire une catégorie “Mangas” sans faire au moins un article sur le génie qu’est Osamu Tezuka. Il est le maître du manga, le grand sensei. Chaque lecteur sait de quoi je parle et a au moins lu ne serait-ce qu’un tome de son oeuvre foisonnante : Astro Boy, Histoires pour tous… Sans compter toutes les adaptations d’histoires déjà connues comme Pinocchio, Don Dracula, Metropolis… C’est sur la série La vie de Bouddha que je m’arrête. Parce que je n’y connaissais absolument rien à la vie de Bouddha, parce que ça m’intéressait et que je voyais que j’avais de sacrés manques en lisant Les vacances de Jésus et Bouddha (dont la critique va vite arriver). Maintenant, je comprends les références, c’est quand même mieux pour apprécier le manga.

Cette série montre bien pourquoi l’auteur a été sacré Dieu du manga chez nos amis japonais. La vie d’une divinité, c’est difficile à raconter. Je n’ai jamais lu d’adaptation du Nouveau Testament par exemple (mais il en existe peut-être) mais ce que je sais, c’est que l’exercice serait difficile. Ici, Tezuka réussit, mais en plus il réussit à conjuguer parfaitement plusieurs tons contradictoires. L’humour et la solennité, le sérieux et les anachronismes, l’anecdotique et le spectaculaire… Tezuka transforme une hagiographie potentiellement ennuyeuse en une histoire drôle, pédagogique et à portée universelle.

Et bien dessinée. Tezuka a un trait reconnaissable parmi tous, une patte inimitable. Je me souviens de mes premières lectures de Tezuka et j’avais l’impression que le dessin était daté. Maintenant, je l’apprécie à sa juste valeur. Un dessin sur lequel beaucoup prennent exemple, mais qu’on ne retrouve nulle part, une pure maîtrise de la mise en page et du scénario. La physionomie du personnage de Bouddha évolue en même temps que sa sagesse (ce qui est montré très clairement sur les couvertures Tonkam) et devient de plus en plus rassurante. Avec ce manga, non seulement on gagne en culture religieuse, mais Tezuka nous fait approcher du sentiment “zen” de la religion bouddhiste.

Un coup de maître.

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Espace from Marseille
Hachiju
Wakanim

“Little Big Bang” Benny Barbash

Little Big Bang
Benny Barbash

Trad. de l’hébreu de Dominique Rotermund
Éditions Zulma, “Littérature étrangère”, 2011

Maman se tut un long moment, en réfléchissant à la formulation
la plus délicate possible, et finit par dire :
"Tu as remarqué qu'un olivier sort de ton oreille?"

Tout commence avec cet homme en surpoids. Pour perdre ces kilos superflus, il essaie tous les régimes les plus farfelus. Lors d’un régime “tout olives”, il manque de s’étouffer avec un noyau qui finit par se loger dans sa gorge. Sans qu’il s’en aperçoive, la graine germe et fait pousser un olivier dans son oreille.

J’aime ce genre de roman. Il est si étrange, atypique et absurde qu’on a aucune idée de là où il veut aller. Finalement, cela se dessine peu à peu…

Nous sommes au coeur d’une famille juive habitant en Israël. Entre le grand-père et la grand-mère, les discussions sont animées. L’un est scientifique et l’autre, rescapée des camps, est parée d’une inébranlable foi en Dieu. La singulière irruption de l’olivier parasite dans l’oreille de leur fils permet de dialoguer à l’infini en opposant religion et raison, et à développer deux philosophies de la vie, deux théories du hasard complètement opposées. Le conflit israëlo-palestinien est également abordé de manière très ironique et noire. Finalement, à défaut de pouvoir tout expliquer, il faut tout relativiser. Pourquoi s’inquiéter de tous ces conflits et de cet olivier quand on sait que la Terre finira brûlée par l’explosion du soleil dans des millions d’années?

Humoristique et piquant, plein d’humour noir et d’ironie, ce court roman vaut vraiment le détour. La seule petite incohérence est que le narrateur est censé avoir 12 ans. Cela dit, on met vite cela de côté quand on comprend l’utilité d’un point de vue extérieur et relativement neutre pour faire la satire de cette famille. Les sujets d’actualité les plus brûlants sont abordés avec une exagération qui dissimule, on le devine, une certaine gravité.

Une belle découverte, une fable sur l’étrange(r) et son acceptation… À ne lire que si vous ne craignez pas les situations absurdes : )

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Bricabook
Livres et cinéma
Reading in the rain

“Ce soir-là, Dieu est mort” Christian Grenier

Ce soir-là, Dieu est mort
Christian Grenier

Éditions de la Martinière, “Confessions”, 2005

 

"Tu vois, gamin? Voilà comment on fait des affaires."

 

Selon le principe de la collection, l’auteur relate un épisode marquant et fondateur s’étant passé dans son adolescence. Il raconte comment il a perdu la foi. Pendant son enfance et adolescence, il passe ses vacances à Besançon près de chez son oncle Edmond, un authentique goujat qui passe son temps à rabaisser les gesn autour de lui. Son petit-fils Aubin, un jeune homme à la foi particulièrement ardente, en fait les frais.

 

J’ai découvert dernièrement cette collection que j’ai tout de suite trouvée très intéressante. Par conséquent, j’en ai lu plusieurs tomes, plus ou moins satisfaisants, dont les critiques vont arriver dans les prochains jours. Ce récit-là était tout à fait réussi et convaincant. Ce n’est pas forcément évident pour un auteur de se prêter à l’exercice autobiographique, mais Christian Grenier fait preuve d’une belle honnêteté qui guide sa plume.

L’auteur remet bien l’histoire dans son contexte : un drame familial n’arrive pas du jour au lendemain. Ainsi, il fait remonter le roman à ses premières vacances à Besançon et sa première rencontre avec Aubin. Sa foi est en pleine éclosion mais l’observation du monde le perturbe. Pour son oncle Edmond, c’est la loi du plus fort. Trompeur, menteur et puissant, il peut se permettre d’écraser n’importe qui, y compris son fils.

En constatant ces abus de pouvoir, le jeune Christian approfondit encore sa foi comme une promesse de justice éternelle, une après-vie où chacun sera à sa place. C’est une foi active, et donc souvent perturbée par de nombreuses questions que se pose l’adolescent. Il traverse des moments de doute qui, une fois dépassés, ont renforcé sa foi. Mais ce qui arrive à Aubin provoque un choc irréversible et une répulsion immédiate pour la religion, ou en tout cas, pour celle qui est appliquée par des hommes corrompus.

L’efficacité de ce roman tient au fait que l’auteur a bien su replacer dans son contexte et expliquer les tenants et les aboutissants de l’événement. Il est alors compris, qu’on adhère ou non à ses opinions. L’authenticité du récit tient un rôle très important, et je le précise car d’autres romans de la collection en font peu de cas. Au final, c’est un court récit très émouvant sur un être en formation et son rapport au monde et à la spiritualité.

Dans tous les cas, ne manquez pas de découvrir cette collection!

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La vie des livres
Ca sent le book
Parolimage