“Hunger Games” Suzanne Collins

Hunger Games
Tome 1
Suzanne Collins
Trad. de l’américain par Guillaume Fournier
Pocket Jeunesse, 2008

Arracher des enfants à leurs districts, 
les obliger à s'entre-tuer sous les yeux de la population: 
c'est ainsi que le Capitole nous rappelle 
que nous sommes entièrement à sa merci 
et que nous n'aurions aucune chance de survivre 
à une nouvelle rébellion.

Katniss et Peeta sont les tributs sélectionnés pour les Hunger Games. Bientôt destinés à être placés dans une gigantesque arène avec les autres tributs, ils se demandent comment survivre et encore plus, comment garder leur dignité et leur individualité face à une mort certaine.

Voilà un article qui va faire monter mes stats en flèche! Vous me permettrez, chers lecteurs, de ne pas trop m’attarder sur les détails de l’histoire en elle-même, déjà largement connus et désormais adaptés sur grand écran. J’aimerais en venir directement au débat très répandu, la grande bataille Battle Royale/Hunger Games. Je ne peux le nier, Hunger Games reprend la même histoire, les mêmes idées que son prédécesseur. Là-dessus, c’est clair qu’on ne peut pas mettre en avant l’originalité d’Hunger Games.

Cependant, la différence (de taille) que beaucoup de gens oublient est que ces deux romans ne sont pas destinés au même public. Quand Battle Royale est destiné à un public clairement adulte, Hunger Games est écrit pour l’adolescent. Le point de vue interne du personnage principal, Katniss, laisse clairement voir les objectifs d’identification. Je dirais même que ça permet d’élargir le public féminin de SF (hé ouais, y’a pas que Twilight). Donc, même si l’un copie l’autre, c’est assez délicat de les comparer malgré tout. Autant comparer les romans de chevalerie médiévaux en ancien français et les adaptations jeunesse d’aujourd’hui, m’voyez?

Malheureusement, même si le roman reste très haletant et qu’on a une fâcheuse tendance à le dévorer dans le feu de l’action, il fait appel à trop de références extérieures sans réellement tirer sa propre épingle du jeu. “Tiens, ça me fait penser à…” me venait un peu trop souvent à l’esprit pour une seule lecture. Quant au film, il est assez fidèle au roman, je suppose. Mais j’avoue que même après la lecture du premier tome et le film, je n’ai pas envie de continuer la série. Je me sens trop sceptique, trop mi-figue mi-raisin pour poursuivre. Je ne vous le déconseille pas, cela dit, et tout ça reste un avis personnel.

Lisez-le et faites-vous votre propre avis sur ce débat brûlant.

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Des tomes d’histoires
Lunazione
Antre de livres

“Jack” A. M. Homes

Jack
A.M. Homes
Trad. de l’américain par Jade Argueyrolles
Actes Sud junior, 2011

Je serai toujours tout ça, mais plus que tout 
j'étais Jack tout court, sans ficelles.

Après le divorce de ses parents, Jack apprend que son père est homosexuel. De son côté, son meilleur ami Max voit son père battre sa mère. Perdus, ils ne savent plus où est leur place dans leurs familles brisées.

Actes Sud + couv très belle + sujet intéressant = je ne peux pas me tromper. Mais malgré tout ça, on peut quand même être déçus. C’est laborieusement qu’on commence ce roman dont l’écriture n’est absolument pas travaillée. J’ai lu que l’auteur l’avait écrit dans sa propre adolescence, donc je me dis qu’il ne faut pas trop taper sur la traduction qui met des notes en bas de page à tire-larigot. Par contre pour les terrifiantes coquilles et fautes d’orthographes, les correcteurs ne devaient pas être motivés. Torts partagés. D’une ligne à l’autre, on change de contexte sans une ombre d’explication. Bon, en gros, dur de persévérer.

Les personnages m’ont paru si indigestes… Énervés et énervants, je n’ai pas su m’y attacher. Puis ils mûrissent, mais alors d’un seul coup, pendant un laps de temps minuscule. Pour le sujet principal, c’est-à-dire l’homosexualité, je vous renvoie chez Altersexualité. Si le dernier tiers rattrape un peu le reste du roman, je regrette que ce texte n’ait pas été plus travaillé ou retravaillé. Tous les ingrédients y étaient.

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Fantasia (Sophie Pilaire)

“Comme des trains dans la nuit” Anne Percin

Comme des trains dans la nuit
Anne Percin
Editions du Rouergue, “doAdo”, 2011

Regarde, c'est facile, il suffisait d'oser :
ça sort tout seul, ça vient de moi,
ça va vers toi. Vers le monde.
C'est pas vrai qu'on va crever. C'est pas vrai.
 Putain, on est vivants!

On a chacun notre manière de passer de l’adolescence à l’âge adulte. Souvent, avec quelques obstacles. On brûle des fermes, on a du mal à s’avouer notre amour, on s’immerge dans la création, on déterre des secrets de famille…

La réputation d’Anne Percin comme auteur pour les adolescents de haute qualité n’est plus à faire. Elle est en effet de plus en plus prolixe et plonger dans ses romans, c’est l’assurance de ne pas être déçu. J’ai quelques auteurs comme ça, quand je n’ai plus d’inspiration pour lire, je fais appel à eux. Et c’est toujours une réussite. Vous voyez, là, j’ai deux Percin sous le coude pas encore lus (Le premier été et Comment (bien) gérer sa love story) et un qui est lu et qui attend sagement d’être critiqué ici (Comment (bien) rater ses vacances).

Dans Comme des trains dans la nuit, Anne Percin s’adonne à l’exercice toujours un peu périlleux de la nouvelle, et forcément, elle cartonne. Avec son écriture aboutie, elle donne aux histoires la longueur idéale : l’histoire est consistance, va a l’essentiel, du vrai concentré. Chaque nouvelle a un goût unique : acide, brûlé, sanguin… On explore la violence intérieure en dégradé d’adolescents. Mais toujours avec espoir. Frustrés, étouffés, ils ont besoin d’extérioriser ce mal-être, de l’exorciser pour aller de l’avant, et le plus vite possible car l’asphyxie n’est pas loin.

Ce sont des histoires dures avec un style qui va avec. Des sous-entendus lourds de secrets cachés ponctuent ces récits et augmentent la tension. Tout comme dans la vie. C’est fort et prenant, c’est cathartique. C’est bon, c’est réussi, c’est du Percin.

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Un petit bout de bibliothèque
Fantasia (Sophie PIlaire)
Le jardin d’Hélène

Les routes de l’imaginaire

“Ces années blanches” Julie Jacob-Coeur

Ces années blanches
Julie Jacob-Cœur
Thierry Magnier, “roman”, 2011

En réalité, à chaque minute, je me dis que je n'y arrive pas, 
que j'ai perdu ma sœur, mes parents, 
et je n'arrive pas à envisager le futur 
comme quelque chose qui me permettra d'avancer.

Marie se sépare de sa famille et va habiter chez son frère : sa sœur, Rose, a des accès de violence et fugue régulièrement. Marie essaie de vivre sa vie sans pâtir des angoisses familiales.

Premier roman de l’auteur, qui s’attaque tout de suite à un sujet délicat, la drogue chez les adolescents. C’est un roman qui peut être mis en parallèle des romans comme L’Herbe Bleue, ou Moi, Christiane F., que j’ai personnellement lu pendant mon adolescence. Ici, on s’intéresse moins à la réalité de la drogue mais à un point de vue extérieur important : celui de la famille. On observe les conséquences de la violence de Rose et de son addiction aux drogues sur ses parents et plus particulièrement sa sœur. Cette dernière ne comprend pas ses parents, leur impuissance, leurs réactions et se sent rejetée injustement.

Par des courts chapitres, Marie dévoile ses pensées, sa lutte, ses frustrations, tout ça de manière un peu désordonnée. Comme Marie, on a un peu de mal à mettre tout ça en ordre et à trouver la cohérence. Petit regret : les dialogues aussi désordonnés que dans la réalité, c’est bien, mais dans la réalité, on sait qui parle… Ces années blanches désignent une période où Marie attend de vivre. C’est le blanc, le vide, le besoin vital d’oublier qui hante Marie. Je regrette simplement que ce ne soit pas un tout petit peu plus marquant.

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Bauchette
Ricochet 

“Maintenant c’est ma vie” Meg Rosoff

Maintenant, c’est ma vie
Meg Rosoff

Trad. de l’anglais par Hélène Collon
Éditions Albin Michel, “Wiz”, 2006

 

Au cas où vous l'auriez oublié, on est en guerre.

 

Daisy déteste sa belle-mère et quitte les États-Unis pour vivre dans la campagne anglaise avec ses cousines chez sa tante Penn. Peu après son installation, la guerre éclate alors que tante Penn est à l’étranger. Séparés de force, ils sont tous confrontés aux pires horreurs.

 

L’intrigue se déroule à notre époque. Une guerre éclate. Adoptant le point de vue de la jeune narratrice, on ne comprend pas les tenants et les aboutissants de ce conflit. Les rationnements et la coupure des communication rend, en outre, cette guerre relativement similaire à la Seconde Guerre Mondiale (si bien que je me suis plusieurs fois posé la question du temps). Cette guerre vient rompre des heures de félicité parfaite, de joies partagées, d’escapades dans la nature. Ce bonheur prend tout son sens avec le malheur qui le suit.

Le roman prend réellement son envol à la seconde moitié. C’est un peu comme tirer une flèche : on bande l’arc, on remplit le récit de tension, et on lâche. Le récit prend une vitesse folle, et c’est quasiment impossible de le reposer sans l’avoir fini. Le style est fidèle à celui d’une adolescente, jeune adulte, dans l’urgence de raconter, de confier ce qu’elle a vécu, il est donc sans prétention et très spontané. La jeune narratrice met en valeur les liens de l’amour et de l’amitié, la solidarité pour survivre. On observe aussi quelques refléxions sur la nature qui offre à la fois une protection, tout en étant une grande prédatrice au même titre que l’homme…

Un roman vraiment marquant. Seul le léger ennui que j’ai éprouvé pendant la première moitié du texte m’empêche d’en faire un coup de coeur.

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Lectures de Cécile
Clarabel
Mon coin lecture 

“Une saison parfaite pour changer” Aurélien Loncke

Une saison parfaite pour changer
Aurélien Loncke

École des Loisirs, “Médium”, 2010

Une fée qui fredonne et bondit dans la lumière
en écartant les bras et en remuant les doigts pour caresser le vent.
Le genre d'image que l'on ne voit habituellement qu'en rêve.

Zoé et Syril ont été éloignés de leurs parents pour un temps et habitent chez les Mattie, dans un chalet en plein coeur de la montagne. Au calme dans ce paysage, ils doivent guérir, se reconstruire, aller de l’avancer sans oublier.

Je ne refuse jamais un Aurélien Loncke. Comme d’habitude, je n’ai pas été déçue. Ce court roman est terriblement poétique, grave et beau. Il dresse le portrait de Zoé et Syril, deux frère et soeur inséparables et solidaires face aux épreuves de la vie qui leur arrivent si tôt. Zoé est la plus jeune, une enfant attachante, rêveuse et discrète. Son frère Syril joue parfaitement son rôle et sait attendre qu’elle se confie pour évacuer ses cauchemars et passer à autre chose.

Le lecteur comprend grâce à quelques indices que les enfants ont subi des maltraitances physiques de leur père. Le sujet n’est pas abordé, mais il n’est pas évité non plus. Les enfants ne trouvent pas l’utilité d’y revenir, de ressasser ce passé douloureux. Un mal pour un bien : ils sont transportés dans ce paysage paradisiaque où tous les rêves semblent pouvoir revivre, où on leur permet à nouveau de célébrer la vie.

Un roman très émouvant et plein d’espoir.

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Les jardins d’Hélène
Parfums de livres
Otium

“Un secret de rue” Fariba Vafi

Un secret de rue
Fariba Vafi

Trad. du persan (Iran) par Christophe Balaÿ
Éditions Zulma, “Littérature étrangère”, 2011

J'avalai ma salive, pensant que j'étais de celles
qui ne deviennent pas mères d'un seul coup.
Mon sort était de devenir quelque chose par petits bouts.

Homeyra se rend au chevet de son père Abou, en train de mourir. Le retour à son village natal fait surgir en elle de nombreux souvenirs qu’elle s’était efforcé d’oublier. Elle se souvient de la vie de son quartier, des escapades avec son amie Azar, une fougueuse enfant riant au nez des adultes.

Cette année, j’avais décidé de lire un peu plus de littérature étrangère (hors auteurs anglo-saxons que je connais déjà bien) pour pallier à mes manques culturels… Masse Critique m’a permis de découvrir une jeune auteure iranienne avec son premier roman traduit en français.

J’avoue que j’ai eu un peu de mal pour débuter ma lecture, en partie parce qu’elle a été très segmentée et également parce que c’était un univers et une culture à laquelle il fallait que je m’habitue. Plus que l’histoire d’une fille qui perd son père, Un secret de rue décrit la situation toute puissante du père dans la famille iranienne, la place des femmes, principes qui s’appliquent donc à toute la société. Tout cela est décrit à travers du regard de la narratrice enfant qui observe, questionne et refuse d’accepter.

Malgré leur position et nature “inférieure”, les femmes ont la plus grande place dans ce roman. On parle souvent des femmes de ces pays, décrites soumises et malheureuses. Il faudrait que notre bel Occident et sa liberté vienne les sauver. De manière très concrète, ici, on comprend que le problème est bien plus compliqué. Comment être une femme libérée quand on est rejetée par le reste de la société? Le poids des convenances, la tradition pèsent particulièrement lourd, et je dirais qu’ils pèsent même plus lourd que la religion qui d’ailleurs, n’est que très peu évoquée. Le point de vue est très différent de Marjane Satrapi dans Persepolis, qui elle fait partie d’une famille militante habitant en ville. Ici, c’est la campagne, dans une rue en huis-clos où les murs se referment sur vous.

L’auteur a un style très pudique, tout en sous-entendus. Ici, on parle sous couvert. Elle-même ne verbalise pas les secrets, les événements affreux qui se déroulent dans sa rue. Le lecteur les lit, entre les lignes, comme chuchotés, ce qui demande une lecture très attentive. La tension des moeurs appuie sur chaque mot, sur chaque phrase. Les chapitres sont très courts, on croirait presque que c’est pour nous laisser souffler.

Un beau texte pour un moment de lecture assez éprouvant émotionnellement mais qui donne à réfléchir.

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De page en page
La cause littéraire

“Trois femmes puissantes” Marie N’Diaye

Trois femmes puissantes
Marie N’Diaye

Gallimard, 2009
Prix Goncourt 2009

 

Norah retourne chez son père, homme fier et solitaire, mais qui semble avoir besoin d’elle. Devenue avocate, elle doit aider son frère à sortir de prison.
Rudy n’a peur que d’une chose : perdre sa femme, Fanta. Mais il l’éloigne d’elle par ses accès de violence. Sa vie est balisée d’échecs.
Khady Demba vit chez la famille de feu son mari, jusqu’à ce qu’elle en soit expulsée. Elle cherche des moyens de gagner de l’argent pour s’enfuir en Europe.

 

J’évite généralement de lire les grands prix de la rentrée littéraire, mais cette fois-ci, une prescription universitaire m’y forçait… Pas bon signe.

Les trois nouvelles sont liées par le réseau des personnages et un ensemble de caractéristiques communes. La narration se déroule dans une ambiance lourde, rendue palpable par la chaleur écrasante. Les personnages n’ont aucun contrôle sur leur corps : sueur, énurésie. Ils sont en quête de leur identité. Les relations familiales sont décrites sous l’angle de la violence. Le fantastique rôde également parmi les lignes, sous la forme d’oiseaux menaçants. Enfin, la mort tient un rôle dans chaque nouvelle.

On parle souvent de l’auteur pour la particularité de son style, qui selon les critiques, est arrivé à son aboutissement. C’est un style très travaillé, si travaillé qu’il en devient alambiqué. J’avoue avoir buté sur des paragraphes entiers, sur les excès de style bien trop visibles, notamment les répétitions. Les phrases sont longues, très longues. Des « oh » sont parsemés en début de phrases, sans doute pour accentuer le ton dramatique : on se croirait en effet dans une pièce de théâtre, mais avec de mauvais acteurs. J’évoque à peine l’habitude de la queue de poisson, ou de la fin brutale, usages qui me paraissent un peu faciles.

Finalement, le style m’a tant gênée que j’ai pris trop de distance avec l’histoire, et que je n’ai pas apprécié l’ensemble. Mais ce roman déclenche des réactions très différentes parmi les lecteurs. À vous de voir !

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Encore un blog ennuyeux
Encres noires
Carnets de sel 

“Remember” Benjamin

Remember
Benjamin
Editions Xiao Pan, 2004.

 

Ce volume contient deux nouvelles en bande-dessinée : Personne n’est capable de voler, personne n’est capable de se souvenir, et L’été de cette année-là, ainsi que des illustrations en couleur. Dans la première nouvelle, un dessinateur de BD rencontre une jeune fille qui tente de lui faire partager sa vision de la création et du rêve. Dans la seconde, un jeune homme de la campagne chinoise entreprend des études aux Beaux-Arts à Pékin, et se heurte au mépris et à la violence de ses camarades de dortoir.

Il n’y a pas de résumé qui puisse rendre fidèlement le récit que Benjamin partage avec nous. J’ai été très surprise par ce dessin que je n’ai vu nulle part ailleurs, un style très personnel, et je me suis lancée dans ce volume…  que j’ai dévoré.
Ces deux nouvelles sont partiellement autobiographiques, on le devine assez vite. Il est question du métier de dessinateur de BD, de son apprentissage, de la lutte pour être publié, pour être compris. Les personnages masculins principaux, en plus d’avoir des proximités physiques avec leur créateur, ont aussi des points commun au niveau de leur vécu, notamment leurs origines modestes.
Benjamin, de son vrai nom Zhang Lin, est un jeune auteur chinois de bande-dessinée (manhua) de 34 ans. Il a fait des études d’art à Pékin, et s’est lancé dans la BD avec quelques réticences du côté des éditeurs. Il se caractérise par le fait qu’il utilise uniquement la tablette graphique pour concevoir ses planches.
Je me suis plongée dans cette BD en faisant un certain effort. L’auteur choisit de laisser beaucoup de zones floues dans ses planches, ce qui demande une implication de la part du lecteur. Mais ce n’est que l’affaire de quelques pages, le temps de s’habituer. Passé ce temps, on s’installe dans cette ambiance aqueuse, représentative de la nouvelle Personne n’est capable de voler, personne n’est capable de se souvenir. Les couleurs dominantes sont le bleu, le vert, et leurs dégradés… Ces grands traits verticaux qui donnent l’impression qu’il ne cesse de pleuvoir dans la ville, cette alternance de flous, et de précision notamment dans le dessin des visages… Dans la seconde nouvelle, on reste à peu près dans les mêmes tons, mais plus sombres. Les planches sont bordées de noir, le trait est plus saccadé.
Tout en gardant un style entièrement personnel, voire novateur (je dis ça mais je n’y connais rien), Benjamin réussit à produire des variantes qui véhiculent des sentiments très forts. La mélancolie, la tristesse et la solitude d’un côté, et la violence, la folie et l’incompréhension de l’autre.

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Yozone
Artmony
ActuaBD