« A quoi tu penses » Karine Reysset

A quoi tu penses
Karine Reysset
Editions Ecole des Loisirs, collection « Médium », Paris, 2004.

 

Pauline est une jeune fille de 15 ans. Lors d’un stage à Londres, elle rencontre en boîte de nuit un jeune anglais du nom de Mark. Jeune mais tout de même de 5 ans son aîné. Pour elle, c’est l’amour fou, elle fait tout pour venir habiter chez lui. Elle oublie son amoureux français Nicolas, fuit ses parents qui se séparent. Mais une fois arrivée chez lui, elle se rend compte que le sentiments ne sont apparemment pas partagés.

Choisi au hasard sur un présentoir, ce roman n’est pas la bonne surprise que j’avais imaginé. Lu très très vite, le résumé me parassait prometteur… Voyons les mots clés : une ado, un anglais plus vieux, histoire d’amour, problème… Bon, on va bien voir. Malheureusement, la déception est au rendez-vous.

Premier choc : le style. Dès les premières pages, j’ai été dérangée par ce style complètement en décallage avec le personnage principal, Pauline, qui est par ailleurs la narratrice. Ce style manque de crédibilité. En un mot, il fait bien trop « adulte », pour une héroïne qui finalement se montre immature et égoïste. Elle fume des cigarettes, parce que ça lui donne un air cool, elle évoque les divers endroits où elle a fait l’amour avec son briton, raconte ses soirées où elle finit bourrée au Malibu. Tout cela dans l’espoir vain de paraître plus âgée.
Cette narration discordante n’est pas améliorée par l’action qui l’accompagne. On a plutôt tendance à s’étonner du caractère non réaliste de l’affaire. Il y a trop d’éléments qui font que Pauline ne devrait pas être adolescente, mais plutôt jeune adulte. Certes, chacun est égoïste : Pauline refuse d’être le réceptacle des problèmes sentimentaux de ses parents, mais s’en sert pour montrer à son ex, Nicolas, qu’elle est très malheureuse. Quant aux parents, obnubilés par leur couple en lambeaux, ils se définissent par leur inattention totale envers cette enfant – car elle a beau faire pouet-pouet avec un anglais dans une voiture, ça n’empêche que c’est encore une enfant.
L’originalité tient, je pense, à la ligne temporelle du roman. Sur le fil conducteur – le séjour de Pauline chez Mark – se rattachent des souvenirs, qui amènent le lecteur à comprendre la situation d’impasse dans laquelle Pauline se trouve. Or, cette situation semble plus que claire dès le début, et ce puzzle à reconstituer est un obstacle. Un peu comme le saut de haies en sport : on arrive à toute vitesse, on lit le passage, on piétine en disant « attends, ça se passe quand, ça? ah oui… » et hop, on saute en atterissant un peu maladroitement. L’effet était sans doute recherché.

C’est un des premiers romans jeunesse de Karine Reysset, qui écrit également des romans adulte chez l’Olivier et aux éditions du Rouergue. Peut-être n’ai-je pas pioché la bonne carte! Comme à mon habitude, je ne m’arrêterai pas à une déception et je tenterai d’autres titres plus récents une prochaine fois, et plutôt en littérature adulte.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Lenegezh

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