« Arthur, l’autre légende » Philip Reeve

Arthur, l’autre légende
Philip Reeve
Trad. de l’anglais Stéphane Carn
Gallimard Jeunesse, coll. « Scripto », Paris, 2008.
Prix Carnegie Medal 2008

Le village de Wynna est mis à feu et à sang par les chevaliers du roi Arthur. Elle fuit en plongeant dans la rivière glacée dont le courant la porte un peu plus loin, à un endroit où elle croise le chemin de Myrddin. Elle devient son écuyer, déguisé en garçon, et assiste à toutes les séances de contes de son maître qui font de la légende arthurienne ce qu’elle est aujourd’hui.

Le principe est un peu celui-ci : vous connaissez les légendes d’Arthur? Eh ben, en fait, ça s’est pas passé comme ça… Ne vous y méprenez pas, ce roman n’est pas fait pour réduire à néant toutes les belles légendes. Au contraire, il ajoute sa pierre à l’édifice. Sans aucune prétention historique, Philip Reeve réussit à nous fournir un condensé des aventures des chevaliers d’Arthur en un seul roman. Si on regrette parfois quelques longueurs (mais c’est peut-être parce que j’ai été souvent coupée dans ma lecture), c’est tout de même une jolie réussite narrative. Comme c’est un peu la mode en ce moment, ce sont les anciens noms bretons qui sont repris (Myrddin, Gwenhwyfar…), ce qui est ludique dans le sens où on cherche toujours à qui l’auteur se réfère. La narratrice est un personnage de l’invention de Philip Reeve. Wynna, c’est en quelque sorte le lecteur lui-même. Elle débarque, là, dans un univers qu’elle ne connaît que très peu, elle se pose des questions, se rebelle, et pour ma part, elle a épousé les réactions que j’ai eues à certains moments de ma lecture. Elle peut amener à réfléchir à la place de la femme dans la société médiévale, puisqu’elle est tour à tour garçon et fille, et tombe amoureuse de quelqu’un qui a un peu le même problème.
Outre tout cela, c’est une très belle réflexion sur le pouvoir d’invention de Myrddin, et la manière dont il détourne les factes de brutalité guerrière d’Arthur pour en faire les éléments d’une légende qui traverse les époques et met cet « Ours » sur un piédestal.
Une dernière précision, certains seront rétifs à lire ce roman parce qu’ils ont déjà lu les versions originales médiévales (c’est ce que m’a dit une collègue). Les ayant moi-même lues, je vous le dis : vous auriez tort de vous priver… c’est que du bon!

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Il n’y a rien dans la vie d’un homme qui ne puisse fournir la matière d’un conte […]. Arthur ne pourrait rien commettre de si noir que je ne puisse le transmuer en or et l’utiliser pour le rendre plus illustre et plus redouté. Dès lors que mes histoires sont assez savoureuses, même le plus démuni des indigents risque de bon coeur la famine pour verser son tribut à Arthur. Je suis le médecin de sa gloire. Je cultive la bonne santé de sa réputation!
Myrddin (p71)

Pour vos histoires… je suis sûre qu’elle survivront, même si tout le reste meurt. Elles demeureront comme une lumière dans la nuit, elles brilleront aussi longtemps que durera l’obscurité, et même bien après le retour du jour.
Wynna (p345)

 

On aime, on n’aime pas? Allez voir par là!
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Chez Claire
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