« L’amour en chaussettes » Gudule

L’amour en chaussettes
Gudule
Editions Thierry Magnier, coll. « Roman », Paris, 1999

 

Un prof d’arts plastiques qui fait un cours sur le préservatif, ce n’est pas très commun. Cela séduit, ou plutôt, fait fantasmer Delphine, qui se met à le désirer avec passion. Poussée par une instance peu intelligente – sa meilleure amie – elle drague son professeur. Cela ne s’arrête que lorsqu’il lui fait comprendre de manière plus que claire que rien n’est possible entre eux. Devant cet échec cuisant, Delphine se tourne vers Arthur, son grand « nunuche », un garçon sensible mais mal dans sa peau. Elle vit avec lui les premiers émois amoureux.

Eh oui! Vous avez remarqué, l’intrigue commence comme le roman de Jacqueline Wilson (voir ci-dessous). Une commentatrice fort pertinente m’a amené vers cet autre roman, en me précisant qu’il avait été censuré dans l’établissement scolaire où elle travaille, par un comité de mères de familles outrées… Papa, maman, détendez-vous, je vais vous expliquer.
Delphine est une gamine. Son « amour » pour son prof n’est en fait qu’un désir fort prononcé auquel elle se permet de croire avec le soutien d’une amie pas plus mature qu’elle. Comme toutes les filles à un moment de leur vie, elle est une machine à fantasmes. Son erreur est de les penser réalisables. Elle s’emballe littéralement pour un rien (voir citation plus bas).
J’ai lu sur le blog Otium qu’il ne fallait pas raconter la fin de l’histoire… M’est avis que pour une fois, au contraire, on peut le faire! Ce qui est surprenant, c’est la manière dont son professeur l’envoie paître, si je puis dire. Cela, je vous laisse le découvrir. L’acte sexuel étant le thème majeur de ce roman, il ne me semble pas utile de le cacher.
Ce récit est celui de son passage de sa vie fantasmée à sa vraie vie. Et, bizarrement, elle découvre que c’est beaucoup mieux de vivre la vraie vie. Tout évolue chez elle : sa manière de penser, d’apprécier les gens, son langage également. Gudule nous fait réfléchir sur le l’utilisation de la langue (ne voyez là aucun mauvais jeu de mots), autant à travers Delphine qu’Arthur, et montre qu’il peut être une manifestation de la maturité.
Enfin, pour en venir au vif du sujet, celui qui fait débat, ce tout premier acte sexuel… n’a pour moi rien de choquant. Au contraire, il est plein de maladroitesse (voyez le titre!), de douceur… Il est certes très détaillé, en partie parce qu’il s’agit du journal intime de Delphine. Il est la parfaite application de la leçon du professeur, conlusion : la boucle est bouclée. C’est un exemple à suivre, si je puis me permettre. On trouvera toujours des romans ado qui effleurent l’acte sexuel, l’évoquent, ou bien en parlent de manière très crue. Ici, chaque mot est pesé. Même après une seconde lecture, je n’ai aucun reproche à émettre. Pour une fois, aussi, on assiste à un acte sexuel adolescent, et pas un acte sexuel adulte qu’on retranscrit chez des adolescents. Aucune fausse note. Eh, qu’est-ce que vous croyez… c’est Gudule tout de même.

Pour finir, une petite citation extraite du blog Echappées à propos du livre Qui a peur de littérature ado? Aux éditions Thierry Magnier toujours :
<<Il montre, à travers l’analyse d’exemples concrets comme L’amour en chaussettes de Gudule, l’impact que peut avoir un livre sur son lecteur et explique que : « Lire dans un roman le risque de mourir, de tuer, de violer, de transgresser les lois de l’espèce, conjure les pires angoisses, c’est là le vrai cadeau de la littérature« . >>

 

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là!
Altersexualité
Lectures de Lilah
Livre enfant

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