« Lune captive dans un oeil mort » Pascal Garnier

Lune captive dans un oeil mort
Pascal Garnier
Editions Zulma, coll. »Littérature française »,  2009.

 

Deux couples de retraités ainsi qu’une femme seule s’installent dans la résidence hyper-sécurisée des Conviviales dans le Sud de la France. Ils n’ont plus qu’à couler des jours paisibles au soleil, dans une atmosphère calme et protégée. Du moins, c’est ce que promet la brochure de publicité. La réalité est plutôt différente. Lorsque des gitans s’installent non loin de là, les propriétaires paniquent et dévoilent leurs facettes les plus noires.

 

J’ai vraiment bien fait d’aller fureter sur Moisson Noire… Cela m’a permis de dénicher cet excellent roman dans notre office adulte.
Les propriétaires des Conviviales nous invitent à passer un moment avec eux. Une expérience unique, si je puis dire. C’est à travers leurs regards à tous que nous découvrons leur cadre de vie. Peu à peu, ils nous fournissent aussi quelques éléments à propos de leur passé. Ce point de vue omniscient permet aussi à l’auteur de fournir plusieurs récits d’un même événement. Il s’amuse aussi en donnant les détails sur les personnages au compte-goutte : ainsi il stimule notre imagination, et joue sur nos attentes. Dans mon cas, au moment de la « révélation », je jubile toujours!
Car en effet, quand je parlais plus haut de « facettes noires », je devrais plutôt dire de troubles psychiques assez conséquents. A vrai dire, il y a un moment où j’ai même cru que l’auteur m’avait plongée dans un asile psychiatrique. Mais la métaphore qu’il construit est plus forte. Psychopathes, paranoïaques, dépréssifs… tout y passe. Le passé revient par bouffées, et il suffit d’un événement imprévu pour que tout explose sous cette chappe de sécurité uniformisée. Cependant, cette explosion ne marque pas la fin du roman. Quand le lecteur a bien compris à qui il a affaire, il observe une décadence progressive et efficace.
Mais ce que j’ai le mieux apprécié dans le style de Pascal Garnier, c’est cette capacité à faire coopérer l’humour et l’horreur. L’intrigue et les personnages sont entièrement glauques et morbides, mais parallèlement à ça, le lecteur savoure des passages réellement drôles et burlesques. L’auteur utilise les images de manière efficace pour servir ces différents tons, et donner une autre vision des personnages que la leur.
C’est horrible, c’est ridicule, c’est angoissant. C’est réussi!

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Télérama
Polar noir
Un lapin dans la bibliothèque

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