« Le portrait de Dorian Gray », Wilde, S. Gros

Le portrait de Dorian Gray
Oscar Wilde
Stanislas Gros (ill)
Delcourt, « Ex-Libris », Paris, 2008

 

Le jeune et innocent Dorian Gray fait ses premiers pas dans la société anglaise mondaine. Son ami peintre Basil fait un portrait de lui saisissant. En le voyant, Dorian souhaite que ce portrait puisse vieillir à sa place et porter les marques physiques de sa décrépitude future. En écoutant les phrases d’esprit de Lord Henry, il profite de sa jeunesse pour pénétrer dans les lieux de perdition de Londres.

En tant que grande admiratrice de Mr Wilde, il m’était impossible de passer à côté de cette bande-dessinée. C’était un défi : Stanislas Gros s’est attaqué à un bastion de la littérature anglaise.

Le point positif est la fidélité au roman : le lecteur qui aura adoré les pointes d’esprit semées çà et là, les répliques cinglantes, et les aphorismes ne sera pas déçu. La bande-dessinée n’est pas prétexte à amputation des discussions telles qu’on le lit dans le roman. Certes, parfois cela peut donner l’impression visuelle d’un trop plein de texte, mais tout cela est nécessaire au vu des personnages, spécialement Lord Henry, ce fameux bavard. Rappelez-vous de l’adaptation cinématographique en noir et blanc : l’acteur qui le jouait était un réel moulin à paroles, il ne reprenait jamais son souffle. Bref, fidélité au roman dans ses grandes lignes, on ne pouvait pas en attendre moins.

En ce qui concerne le dessin, Stanislas Gros réussit à construire un décor foisonnant de détails, surtout au niveau du mobilier, des divers objets que M. Gray collectionne. De plus, il introduit une dimension ludique à la bande-dessinée en ajoutant un flip-book. Le lecteur peut suivre les changements dans le portrait de Dorian « en temps réel » : il est reproduit en bas à droite de chanque page de droite. Un stratagème ingénieux : cela permet d’éviter de montrer Dorian devant son portrait après chaque méfait, et lorsqu’il ne le regarde plus, le lecteur peut toujours le voir. Le petit côté désagréable de l’affaire, c’est la représentation des personnages. Lord Henry arbore une expression figée tout le long de la bande-dessinée, qui n’est modifiée à la fin que par la présence de quelques rides. Quant à Dorian Gray, qui symbolise la jeunesse et la beauté, il paraît un peu fade, mais malgré tout très fidèle à la description du roman.

Cela n’empêche pas Stanislas Gros de prendre quelques liberté avec l’original, spécialement à la fin. Il introduit Sherlock Holmes dans le paysage, contemporain littéraire de Dorian Gray. L’apparition de ce personnage est sans doute une référence à l’amitié de Conan Doyle et de Wilde, Stanislas Gros n’est d’ailleurs pas le premier à faire un tel rapprochement, je vous renvoie au roman de Gyles Brandeth, Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles. Cependant, je regrette un peu que ce soit Sherlock Holmes qui soit témoin du dénouement final, cela retire l’aspect de repentance qui émane du roman.

On aime, on n’aime pas? Allez donc faire un tour par là!
ActuaBD
Littexpress
A propos de rien

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