« Mon violon argenté » Aurélien Loncke

Mon violon argenté
Aurélien Loncke
Ecole des Loisirs, coll. « Médium », Paris, 2009.

 

La mère de Franne est décédée lorsque celle-ci n’était encore qu’une petite enfant. Elle a hérité de son talent pour le violon, et entretient ce don tout le long de son adolescence. Mais le jour où elle décide d’intégrer un grand conservatoire, son père s’y oppose avec fermeté.

Troisième roman d’Aurélien Loncke après L’histoire d’un épouvantail débutant, et A la recontre des cygnes (publié l’année dernière et qui m’avait énormément plu).

Nous assistons aux efforts désespérés d’une adolescente qui veut réaliser son seul et unique rêve, et d’un père qui veut tenter de la protéger d’éventuels malheurs. Jusque là, vous me direz, rien de très original. Il est vrai que dans les romans ado, certaines situations sont plus exploitées que d’autres : l’inquiétude parentale justifiée par une expérience qu’il estime trop profonde pour être saisie par l’adolescent, qui lui, de son côté, réagit au quart de tour par des accès de colère. Ce sont d’autres éléments qui permettent à ces caractéristiques de rendre le roman poignant, et d’exhaler toute la puissance des émotions.

Tout d’abord, la poésie. Il est souvent très frustrant de lire la description d’un morceau de musique. Mais dans le cas présent, ces airs de violon sont décrits avec tant d’authenticité et de sentiment, qu’on les entendrait presque si on tendait l’oreille. Une comparaison est suivie sur l’ensemble du récit (et aussi sur la couverture) : celle de la mer et de la musique. Franne désespère de pouvoir exprimer les vagues de la mer, les vagues de son coeur. Cette comparaison nous amène à nous demander si ces deux éléments mis en parallèle sont réellement compatibles. La musique et la mer n’ont pas su s’entendre et ont séparé à jamais les parents de Franne, chacun préférant son propre élément. Peuvent-ils donc cohabiter en la personne de Franne?

Ensuite, la fin, partie qui risque de faire débat… Je ne la dévoilerai pas, mais je trouve que c’est une conclusion plutôt judicieuse! Chacun y met ce qu’il veut y mettre, y trouve ce qu’il veut y trouver. C’est également une de ces fins qui laisse le lecteur flotter dans l’apothéose du crescendo. C’est sûr, on pourrait aussi dire que c’est une fin en queue de poisson, mais je ne crois pas. Elle est tout à fait dans l’atmosphère du roman. Grâce à elle, le roman continue de résonner en nous, et nous laisse méditatif.

C’est réellement un plaisir de lire un tel roman! Il laisse une trace qui ne s’effacera pas si rapidement. Et le talent de M. Loncke continue de se confirmer.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là!
Livresse
Clarabel
Otium

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s