« Quand la banlieue dort » Guérif

Quand la banlieue dort
Benjamin et Julien Guérif
Editions Syros, « Rat Noir », 2009

 

Matthieu habite dans une banlieue de milieu aisé. Pour vérifier les fanfaronnades de certains de ses camarades, il a pris l’habitude de visiter les maisons du voisinage lorsqu’elles sont vides durant la nuit. Un soir, son meilleur ami Tristan veut l’accompagner dans la maison d’un camarade dont le père est avocat. Mais les choses prennent une tournure inhabituelle.

Je fais plein d’efforts! J’essaie de lire des romans noirs et policiers, car c’est vraiment un domaine de la littérature jeunesse que je ne connais pas suffisamment. Pour ce roman-ci, il n’y a pas eu besoin de faire beaucoup d’efforts…

Nous sommes plongés dans le quotidien de Matthieu, un adolescent sans doute un peu à part, malgré ce qu’il veut bien faire croire. Ses visites nocturnes lui permettent d’exercer une pression sur des jeunes gens qui se vantent un peu trop, c’est une manière de faire peur, de se faire respecter. Les personnages de ce roman sont très authentiques. C’est l’adolescence dans tous ses côtés : ses plus belles conneries, comme ses envies de maîtrise totale, jusqu’au dérapage.

L’intrigue est très simple : Matthieu commet une erreur, et passe son temps à la regretter. Cependant, tout l’intérêt se trouve dans les petits détails, les menus événements qui font peser jour après jour un peu plus le larcin qu’il a commis sur sa conscience. Matthieu, qui est le narrateur à la première personne, partage tout son stress et son angoisse avec le lecteur : la peur d’être poursuivi, ou que Tristan soit accusé à sa place, l’impression d’être dans un cul-de-sac. Les auteurs retranscrivent toutes ses pensées avec un style d’adolescent, parfois oralisé, sans l’être trop, un style qui, dans tous les cas, réussit à faire stresser le lecteur. Comme quoi, il n’y a pas forcément besoin de sang, de meurtres ou de tripes qui giclent pour ressentir de la tension. Tout tient au caractère réaliste de l’intrigue : c’est quelque chose qui pourrait arriver à n’importe qui.

En ce qui concerne le dénouement, je le trouve très bien joué! Car la chute n’apporte aucun soulagement, si on peut dire. Matthieu se retrouve face à l’avocat volé, dont le cynisme poussé à l’extrême est absolument insupportable. La morale finale est placée dans la bouche de ce personnage. C’est en effet d’une importance majeure que la morale soit placée dans la bouche d’un personnage complètement immoral, sans quoi, elle eût été d’une fadeur à mourir.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là!
Clarabel
Comptines et cie

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