« A la fraise » Hélèna Villovitch

A la fraise
Hélèna Villovitch
Ecole des Loisirs, « Neuf », 2009

 

Un beau matin, David décide de changer de prénom. Désormais, il s’appellera Georges. Il en profite pour changer ses habitudes, comme manger de la glace à la fraise au lieu du chocolat. Il se fait également une nouvelle amie avec qui il modifie le monde, sans le faire exprès…

La décision initiale de David tient beaucoup du caprice. Il change de prénom, ça a peut-être l’air bête, mais mine de rien, c’est la première chose qui nous définit. Et on pourrait se poser de sérieuses questions sur cette histoire de prénoms quand on voit ceux dont sont affublés ses amis : Anesthésie, Klaxon, Brouette ou même Zeugme! Doit-on y voir une légère critique sur ce besoin d’originalité très fashion qui veut qu’un enfant se démarque par son prénom? En tout cas, c’est un premier pas dans un monde où le fantastique fait de petites irruptions.

Je parle de fantastique au sens où l’entendait notre cher Tzvetan Todorov : l’insertion d’éléments extraordinaires voire surnaturels dans la réalité quotidienne. C’est tout à fait ce qui se passe avec ce roman. David-Georges se voit soudain comme une démiurge avec sa nouvelle amie Anesthésie : ils transforment leur quotidien grâce à des dessins, plus précisément des caricatures, qu’ils exécutent de leurs petits camarades… et qui deviennent réalité dès le lendemain.

Derrière cette aventure aux limites du rêve éveillé, on peut voir un mouvement de changement de soi, amorcé de manière capricieuse par David, mais qui aboutit finalement à de bonnes choses, même s’il ne se l’avoue pas tout de suite. Il découvre une nouvelle amie, ignorée jusqu’alors, il accepte ses différences, et finit par construire quelque chose avec elle, et aussi à devoir réparer les dégâts de leurs aventures! Car forcément, la situation leur échappe rapidement…

Bref, c’est avec un style léger et plein d’humour qu’Hélèna Villovitch nous transporte en vitesse lumière dans un univers décalé, parfois effrayant mais surtout extraordinaire.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là.
Enna vit, Enna lit
Otium
Travailler moins pour lire plus
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