« La tombe du tisserand » Seumas O’Kelly

La tombe du tisserand
Une histoire de vieux hommes

Seumas O’Kelly, Frédéric Coché (illustrations)
Editions Attila, 2009

 

Irlande, fin XIXe / début XXe siècle. Un des doyens du village, le tisserand Mortimer Hehir vient de décéder. Il doit être enterré dans le cimetière (presque légendaire) de Cloon Na Morav. Cahir Bowes le casseur de pierres et Meehaul Linskey le cloutier doivent retrouver l’emplacement de sa tombe. Cela provoque maintes disputailles de vieillards en furie et tourne ce qui a commencé comme un texte métaphysique et sérieux, en récit burlesque et absurde par moments.

J’ai ici savouré un texte d’une grande sobriété et élégance, comme j les aime. La lecture en est aisée mais laisse une trace profonde et laisse le lecteur méditatif. D’un auteur relativement peu connu, ce texte est considéré comme l’une des meilleures nouvelles de la littérature irlandaise. Les noms des personnages donnent tout de suite une couleur locale sans déstabiliser le lecteur pour autant. Les portraits des vieillards débordent d’humour et de ridicule, ce qui évite au lecteur de penser « ah, pov’vieux ». Et ce n’est d’ailleurs pas du tout le but du récit, qui fait autant réfléchir à la mort qu’à la vie! Les deux figures de vieillards trouvent leur pendant chez les deux fringants fossoyeurs, et accessoirement chez la jeune veuve, dernière épouse du défunt.

Ce nouvel ouvrage est une réédition d’une traduction paru aux éditions Aubier Montaigne en 1982 où l’on trouvait une bibliographie et une biographie de l’auteur. Le principal avantage de cette nouvelle édition est tout d’abord le soutien à une toute jeune maison, Attila, qui nous offre une maquette très agréable. De plus, cette maison d’édition tend à faire participer plus activement les illustrations à la publication des romans. Ici, nous disposons d’un dépliant avec des gravures d’une grande finesse de Frédéric Coché, jeune illustrateur français dont on nous donne la biographie. Ces gravures n’illustrent pas exactement les situations du roman mais plutôt son atmosphère. C’est un très bel objet-livre.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là…
Taverne du Doge Loredan
A sauts et à gambades
La PAL d’Hélèna

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s