« Un swing parfait » Jean-Paul Nozière

Un swing parfait
Jean-Paul Nozière
Editions Syros, « Rat noir », 2009

 

Ugo, le frère de la jeune Eléna revient après une fugue de 6 ans qui l’a manifestement changé aussi bien physiquement que psychologiquement. Cependant, il est accueilli comme le fils prodigue, ses parents faisant bien attention de ne pas le contrarier, de peur de le voir repartir.

Bienvenue au Village, résidence surveillée et grillagée située dans les alentours de Dijon, où habitent des familles aisées aux enfants névrotiques. Nous sommes introduits dans la famille d’Eléna : le père, Antoine Jeunet, gérant de la résidence est un riche amateur de golf, passion qu’il tente d’imposer à son fils, qui finit par fuguer, las d’une vie qui ne l’intéresse pas. La mère, Manon, trop déprimée pour réagir, ne dit mot ; Eléna vit dans l’espoir de son retour.

Encore une fois, nous nous trouvons face à une intrigue policière qui a lieu en huis-clos, dans un univers très superficiel qui rappelle celui de Pascal Garnier dans Lune captive dans un oeil mort. Ce concept des gated communities, développé aux Etats-Unis, offre un décor idéal aux romans noirs. C’est dans une atmosphère absolument oppressante et chargée de menaces que se déroule l’intrigue du roman. L’impression d’enfermement est aussi bien présente à l’intérieur de la résidence qu’au sein même de la famille Jeunet où sont bannies les moindres allusions au frère disparu, où l’on doit toujours tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler.

Les personnages sont décrits avec force et authenticité, ce qui nous permet de nous immerger totalement dans le récit. On doute parfois sur le parcours du « revenant », parcours assez improbable en soi, mais nécessaire au déroulement de l’histoire. L’auteur, grâce à un style infaillible, fait durer le suspense jusqu’à la dernière minute,  jusqu’à la dernière page. Il se permet des incursions narratives dans le passé, des changements de points de vue, qui donnent l’illusion au lecteur de détenir les clés de l’affaire. Mais non! Car complètement absorbé par le pouvoir de manipulation du-dit Ugo, le dénouement est une surprise.

Jean-Paul Nozière nous offre donc un roman noir très fort, où le sujet de l’usurpation d’identité est abordé de manière pertinente et crédible. A conseiller à tous les amateurs du genre!
Je vous conseille également d’aller visiter son site Internet, qui recèle d’informations très intéressantes, notamment concernant la genèse de ses romans.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là…
Clarabel
Otium
Routes de l’imaginaire

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