« Sortilège » Alex Finn

Sortilège
Alex Flinn
Hachette Jeunesse, « Black Moon », 2009

 

New York, de nos jours. Kyle Kingsbury a tout pour être heureux : il est beau, riche, fils d’un présentateur télé célèbre, et est lui-même la coqueluche du lycée. Toute son existence repose sur son apparence physique qu’il sait parfaite. Il entre en conflit avec une jeune fille étrange nommée Kendra. Finalement, il propose de l’emmener au bal, tout en ayant en tête de l’humilier en lui posant un lapin pour y aller avec Sloane, la bombe sexuelle du lycée. La vengeance est terrible : Kendra est en fait une sorcière et lui lance un sort qui le transforme en monstre. C’est à sa beauté intérieure qu’il doit songer désormais.

On ne compte plus les romans traduits en français et publiés dans cette collection grâce à l’essor de la série Fascination. Destinés aux adolescents, ils ne sont pas tous d’une qualité égale. Cependant, Sortilège n’a rien à envier à un Stephenie Meyer.

Il s’agit d’une reprise du conte « La Belle et la Bête », initialement écrit par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Auparavant retravaillé de manières plus différentes les unes que les autres (enfantine et édulcorée avec Disney, érotique et sucrée avec les Morceaux choisis de La Belle et la Bête du Marquis de Carabas illustré par Nicole Claveloux), ce conte nous est maintenant adapté sous une version « adolescents du XXIe siècle ». On entre dans l’intrigue comme dans une série américaine : le lycée, le super beau gosse, la mentalité physiquement élitiste et la « méchante » bien entendu incarnée par une jeune goth à l’esprit rebelle. Heureusement, par la suite, on creuse un peu plus loin. Même si le style d’Alex Flinn tient en haleine, ce n’est que lorsque le sort est jeté que l’intrigue devient réellement intéressante.

On retrouve tout au long du récit les principales étapes narratives du conte d’origine. Pour ceux (ou celles) qui comme moi, on vu et revu l’adaptation de Disney étant petite, certaines scènes remontent à la surface comme des flashes… ce qui n’est pas toujours agréable, mais il faut bien tenir compte de sa propre culture enfantine! L’ambiance du conte donne toute sa profondeur à l’histoire. Le jeu des apparences complique les relations entre les personnages.

On doit sans doute cette réussite au style d’Alex Flinn. C’est un style léger mais qui sait appuyer sur certains passages clés. On devine que c’est un style qui a dû être travaillé sur les romans qu’a écrit l’auteur précédemment, des romans aux thèmes beaucoup moins légers (notamment sur le Sida et les problèmes familiaux), qui n’ont d’ailleurs pas été traduits en français… Cela dit, comme Mme Flinn se lance dans cette veine de la réécriture (déjà publié en anglais, un nouveau « Belle au Bois Dormant », A Kiss in Time), on devrait peut-être voir plus de traductions.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Chroniques d’une accro aux livres
The inn at Lambton
Coffee books

L’adaptation au cinéma est sortie cette année. Oui, décidément, le livre se lit mieux. Le film est dégoulinant (l’avantage de la bande-annonce ci-dessous est qu’elle montre tout!)

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