« Chanson pour Eloïse » Leigh Sauerwein

Chanson pour Éloïse
Leigh Sauerwein

Traduction de l’anglais par Philippe Giraudon
Éditions Gallimard Jeunesse, « Scripto », 2005

Qui sait son chemin demander par toute la terre peut aller.

Au Moyen-Âge, il n’était pas donné aux jeunes filles de choisir leur mari. C’est le cas d’Éloïse qui, à 15 ans, épouse Robert un chevalier ayant le double de son âge. Isolée dans une région montagneuse, loin de sa famille, elle se morfond et perd sa bonne humeur et sa témérité naturelles. Thomas, un jeune domestique chez son père se reconvertit en troubadour, et la rejoint dans sa retraite pour lui conter fleurette.

Un roman du Moyen-Âge! Cela faisait longtemps que je n’en avais pas lu. Guidée par la qualité de la collection « Scripto », je me suis laissée tenter par ce roman.

Éloïse pourrait être une femme moderne. Faite pour de grands sentiments, et une histoire d’amour fougueuse, elle est désignée comme héroïne. Son chagrin est sans fin lorsqu’elle doit se séparer de sa famille. C’est un point de vue que l’on a rarement dans les romans médiévaux, ou même dans leurs reprises. Normalement, toutes les femmes semblent préparées au fait qu’on ne leur laissera pas choisir leur mari, et qu’elles devront se marier par intérêt. Si Éloïse est rebelle, elle conclut tout de même son histoire de manière assez réaliste. Il y a donc un petit conflit entre la mentalité d’Éloïse et son époque. Peut-être est-ce un moyen de rapprocher ce personnage de plus jeunes générations pour leur permettre de s’identifier?

Ce qui attire surtout l’attention dans ce roman, c’est le style que choisit l’auteur pour mettre en scène le récit. Cela n’a rien à voir avec une narration linéaire, mais au contraire, tout est fragmenté. De courts épisodes se succèdent en prenant des libertés avec la chronologie et en accélérant le rythme de la narration. Cela va vite, mais ce n’est pas forcément signe d’action. Ce qui est un peu dommage avec ce roman, c’est que l’auteur ne prend pas le temps d’approfondir les sentiments et les relations entre les différents personnages et choisit de se fixer sur la force de quelques instants. La grande histoire d’amour passionnée se fait longuement attendre et prend fin de suite. Malheureusement, Éloïse et Thomas ne pourront rejoindre le panthéon des amoureux avec Lancelot et Guenièvre, Tristan et Iseult…

Malgré ces quelques défauts, c’est un roman agréable à lire et au style tout à fait unique et audacieux.

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