« Journal d’un vieux fou » Junichiro Tanizaki

Journal d’un vieux fou
Junichiro Tanizaki

Gallimard, « Folio »

 

Un vieil homme de 70 ans tient son journal, une de ses dernières distractions. Il fantasme sur sa belle-fille, Satsuko. Un brin manipulatrice, elle se sert de cette affection pour obtenir des faveurs et des cadeaux particulièrement coûteux. Au fur et à mesure que la santé du vieil homme se détériore, il s’attache de plus en plus à Satsu, jusqu’à en faire une obsession. Mais la voir l’excite inutilement, augmente son rythme cardiaque et présente des dangers pour lui.

Sujets piquants, un peu scandaleux, développés avec un style délicat. C’est ce que j’assimile à la finesse du style japonais.

Dans cette maison, les acteurs principaux sont donc le grand-père et la belle-fille. Valsant ensemble au milieu des querelles familiales, ils exécutent des pirouettes dans lesquelles Satsuko est maîtresse. En l’échange de cadeaux honéreux, Satsuko accorde au vieil homme une étreinte, un baiser sur la jambe… Définie dans la famille par sa légèreté de moeurs, Satsuko est au contraire hautement estimée par celui que tous appellent Père, si hautement qu’il la compare à une déesse.

Le grand-père est décrit à la perfection. Chez lui, c’est une lutte constante entre mauvaise santé, angoisse de la mort et pulsions sexuelles. Il a l’opiniâtreté de la vieillesse et son esprit de contradiction. Sa plus grande manie (qui est sans doute aussi un petit plaisir personnel) est de contrarier sa femme à toute occasion. Mais ses méconduites avec Satsuko amènent sa santé à se dégrader sérieusement et c’est dans une foule de traitements qu’il est embarqué. Sa philosophie est de profiter pleinement des derniers plaisirs que lui offre la vie, même si cela doit lui coûter pas mal de souffrances.

L’auteur est un parfait portraitiste de ses personnages. Il exhibe les secrets, les complications qui font qu’une vie familiale n’est pas toujours aisée. Tout cela à travers l’oeil d’un vieil homme qui éloigne la pensée de la mort par des fantasmes envahissants. A lire, absolument.

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