« Les Hauts de Hurlevent » Yann, Edith

Les Hauts de Hurlevent
D’après le roman d’Emily Brontë

Yann (scénario), Edith (dessin et couleurs)
Éditions Delcourt, « Ex-Libris », 2009-2010

Aussi longtemps que je vivrai, 
aucun mortel ne parviendra à nous séparer.

La famille Earnshaw recueille un jour un enfant vagabond mourrant de faim dans la rue. Le père le nomme Heathcliff. Les enfants de la famille ne réussissent pas à l’accepter, et l’insultent sans arrêt. Cependant, avec la jeune Catherine au caractère impétueux, un lien indestructible se forme, qui doit influer sur les destins respectifs de tous les personnages.

Moi qui adore la littérature britannique et la BD, bien sûr, je me suis jetée sur cette adaptation. Les dessinateurs retranscrivent cette histoire en deux tomes. L’action se déroule dans la lande anglaise. La palette de couleurs est tout à fait appropriée : beaucoup de vert, de pastels, de couleurs sombres et ternes pour appuyer le caractère glauque du paysage. Les personnages sont portraiturés de manière efficace, même si un peu exagérée sans doute, pour pallier au manque de définitions. Le dessin est un peu naïf et je dirais même trop propre au vu de l’histoire mais s’harmonise dans le ton général de la bande-dessinée.

Mais comme cette adaptation est courte! Seulement deux tomes pour cette oeuvre majeure. C’est mon principal regret. Le rythme est soutenu et l’ensemble de l’histoire est résumée aux principaux événements de l’intrigue. Le récit est très simplifié. L’histoire est racontée dans l’ordre chronologique des faits, ce qui n’est pas le cas dans le roman (voir l’extrait plus bas). Le temps n’est pas assez pris pour développer l’atmosphère fantastique. Cette dernière découle naturellement de silences, de non-dits, de longueurs qui n’ont pas leur place dans la BD. L’épisode de la branche qui tape sur la fenêtre, généralement cité comme un des modèles du fantastique, n’est pas retranscrit comme tel. À part la mention des fantômes à la fin, le fantastique est donc presque entièrement évacué. C’est rare de dire qu’il manque des longueurs, mais oui, quelques cases muettes, quelques dessins en pleine page ou même en double page auraient ajouté beaucoup à cette adaptation.

Cependant, pour avoir testé cette bande-dessinée sur quelqu’un qui ne connaissait ni le roman, ni les adaptations cinématographiques, je peux dire que cela invite le lecteur à aller plus loin. Cette adaptation n’est pas forcément une fin en soi, mais constitue une passerelle vers le texte intégral, autant pour un public adolescent que pour un public adulte. Elle est donc à conseiller dans tous les cas!

J’en profite pour mettre à la fin de cet article la scène d’ouverture de l’adaptation cinématographique de Peter Kominsky, avec Juliette binoche et Ralph Fiennes, et une musique absolument poignante et magnifique de Ryuichi Sakamoto (souvenez-vous : Furyo, David Bowie!).

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