« Les larmes noires » Julius Lester

Les larmes noires
Julius Lester

Hachette jeunesse, « Black Moon », 2007

Ce n'est pas de la pluie. Ce sont les larmes de Dieu.

1859, Georgie, États-Unis. Emma et ses parents comptent parmi les esclaves de la plantation Butler. Leur maître a perdu tout son argent au jeu et décide d’organiser une vente massive d’esclaves, la plus grande qu’a connu les États-Unis. Emma accompagne les deux filles du maître à la vente. Sous une pluie diluvienne, la vente se déroule et éparpille tous les esclaves aux quatre coins du pays. Emma, pour une large somme d’argent, est vendue elle aussi. La jeune Sarah, fille du maître, ne lui pardonne pas une telle lâcheté.

L’auteur, Julius Lester, est un professeur à l’université du Massachusetts et un musicien. Le thème de l’esclavage qu’il aborde ici est récurrent dans la plupart de ses romans (dont aucun autre n’est traduit en français). C’est un sujet réellement délicat, encore aujourd’hui. Ce roman le traite de manière pertinente car il aborde le problème de différents points de vue : celui classique des esclaves voulant être libérés en étant conscients du prix, de ceux qui essaient juste de rester en couple ou en famille, des propriétaires indulgents, des tortionnaires… Cette multiplicité de points de vue est absolument indispensable et permet de cerner tous les tenants et les aboutissants de l’esclavage, de la ségrégation et de la possibilité de leur abolition.

L’histoire d’Emma est basée sur des faits réels et historiques, une vente d’esclaves sans précédent aux USA qui dura deux jours. Le compte-rendu de cette vente, document à partir duquel l’auteur à bâti son roman, est lisible en ligne sur le site de la Library of CongressL’auteur a su entremêler Histoire et fiction de manière à expliquer l’une grâce à l’autre, grâce à la sensibilité de tous les personnages qui ponctuent le récit. Et tout cela grâce à un style assez unique, que je n’ai rencontré dans aucun autre roman. À mi-chemin entre le roman et la pièce de théâtre. Les dialogues sont rapportés comme au théâtre, entrecoupés par des dialogues intérieurs et des interludes consacrés aux différents personnages. C’est un style original, bien maîtrisé, et parfaitement adapté au sujet.

En bref, un roman émouvant, passionnant et authentique. Il est d’ailleurs complètement perdu dans la collection « Black Moon » dédiée à toute la bitlit découlant de Stephenie Meyer…

À lire sans attendre.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Otium
Claire (bis)
Ma cabane en Guyane

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