« Trois femmes puissantes » Marie N’Diaye

Trois femmes puissantes
Marie N’Diaye

Gallimard, 2009
Prix Goncourt 2009

 

Norah retourne chez son père, homme fier et solitaire, mais qui semble avoir besoin d’elle. Devenue avocate, elle doit aider son frère à sortir de prison.
Rudy n’a peur que d’une chose : perdre sa femme, Fanta. Mais il l’éloigne d’elle par ses accès de violence. Sa vie est balisée d’échecs.
Khady Demba vit chez la famille de feu son mari, jusqu’à ce qu’elle en soit expulsée. Elle cherche des moyens de gagner de l’argent pour s’enfuir en Europe.

 

J’évite généralement de lire les grands prix de la rentrée littéraire, mais cette fois-ci, une prescription universitaire m’y forçait… Pas bon signe.

Les trois nouvelles sont liées par le réseau des personnages et un ensemble de caractéristiques communes. La narration se déroule dans une ambiance lourde, rendue palpable par la chaleur écrasante. Les personnages n’ont aucun contrôle sur leur corps : sueur, énurésie. Ils sont en quête de leur identité. Les relations familiales sont décrites sous l’angle de la violence. Le fantastique rôde également parmi les lignes, sous la forme d’oiseaux menaçants. Enfin, la mort tient un rôle dans chaque nouvelle.

On parle souvent de l’auteur pour la particularité de son style, qui selon les critiques, est arrivé à son aboutissement. C’est un style très travaillé, si travaillé qu’il en devient alambiqué. J’avoue avoir buté sur des paragraphes entiers, sur les excès de style bien trop visibles, notamment les répétitions. Les phrases sont longues, très longues. Des « oh » sont parsemés en début de phrases, sans doute pour accentuer le ton dramatique : on se croirait en effet dans une pièce de théâtre, mais avec de mauvais acteurs. J’évoque à peine l’habitude de la queue de poisson, ou de la fin brutale, usages qui me paraissent un peu faciles.

Finalement, le style m’a tant gênée que j’ai pris trop de distance avec l’histoire, et que je n’ai pas apprécié l’ensemble. Mais ce roman déclenche des réactions très différentes parmi les lecteurs. À vous de voir !

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Encore un blog ennuyeux
Encres noires
Carnets de sel 

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4 réflexions sur “« Trois femmes puissantes » Marie N’Diaye

  1. Avez-vous lu Pseudo, le dernier roman d’Ella Balaert ? Je crois que c’est fait pour vous : un roman par mail, où trois femmes inventent une femme, Eva, dont chacune écrit les mails à tour de rôle. L’enjeu est de séduire un homme, Ulysse. Un jeu de masque fort périlleux, où l’ identité elle-même est remise en question. L’écriture est somptueuse, précise, presque précieuse, et si sensuelle… C’est un peu Les liaisons dangereuses, aujourd’hui.
    Je viens de le découvrir, et je le présente en ce moment sur mon site de philosophie :
    http://jeanpaulgalibert.wordpress.com/
    A bientôt, peut-être…

    1. Non, je n’ai pas lu ce livre. J’ai vu que c’était une toute petite maison d’édition, et comme j’ai moyennement suivi la rentrée littéraire de cette année… Mais j’y jetterai un coup d’oeil. Merci beaucoup du conseil!

    1. Merci beaucoup, et je suis déjà contente d’avoir un lecteur fidèle, surtout en ayant pas encore diffusé le blog! (Mais il se diffuse tout seul sur WP, c’est ça la magie de la technologie)

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