« Etrangère au paradis » Gudule

Étrangère au paradis
Gudule

Grasset jeunesse, « Lampe de poche », 2004.

Avoir une mère ailée, moi, ça me plaisait bien. 
Dommage que ce soit si fragile, les papillons.

Léna est la fille de Marie Possa, une auteure jeunesse légèrement névrosée ayant une petite renommée dans son milieu. Son éditeur, l’homme le plus conciliant du monde, part en retraite et laisse sa place à une jeune femme exigeante et généreuse en corrections, Sybille Fromental. Marie s’en fait son ennemie jurée. Léna, essayant de faire le tampon, commence à découvrir et à apprécier Sybille.

 

La jeune adolescente qu’est Léna traverse une période assez troublante. Elle découvre la sexualité, essaie de comprendre son corps, ses envies, et certaines choses qui ne vont pas forcément de soi. Elle se découvre une attirance pour Sybille, traitée avec une juste finesse par l’auteur. L’admiration et la passion qu’elle porte à cette femme, à son allure et son caractère se transforment doucement en désir. Au final, c’est surtout le récit à la première personne d’une adolescente qui est chamboulée par une foule d’émotions inconnues dans lesquelles elle a du mal à faire le tri.

Parallèlement, on observe les relations entre auteur et éditeur. Pour moi qui sors de ma formation métiers du livre, cela m’intéressait beaucoup. Gudule dévoile une façade du métier d’auteur que le grand public oublie parfois ou ignore complètement : cette étape qui consiste à remettre en cause ses acquis. Marie Possa passe, comme sa fille, par une période dérangeante. C’est un choc des mentalités et de générations entre ces deux femmes. Sybille représente le monde de l’édition « actuel » focalisé autour des techniques pour rendre un roman vendeur. Marie était habituée à l’édition « à l’ancienne » où le mot « vendre » n’était prononcé qu’en cas d’extrême nécessité.

L’auteur traite de manière brillante de ces deux sujets qui, même s’ils semblent éloignés, se rejoignent grâce aux sentiments des personnages. L’homosexualité qui est parfois un sujet houleux dans certains romans est abordée ici de manière naturelle, délicate et fine.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Altersexualité
Joannic Arnoi 

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