« Prodigieuses créatures » Tracy Chevalier

Prodigieuses créatures
Tracy Chevalier

Trad. de l’anglais par Anouk Neuhoff
Éditions Quai Voltaire, 2010

 

Ma vie aboutissait à cet instant-là, puis elle repartait,
comme la marée laissant sa marque la plus haute avant de se retirer.

 

Angleterre, 1810. Elizabeth Philpot et ses deux soeurs doivent quitter Londres et viennent s’installer à Lime Regis, en bord de mer. Aucune d’entre elles n’est mariée. Elizabeth commence à s’intéresser à la recherche de « curios », de petits fossiles vendus aux touristes. Mary Anning, une jeune enfant, en fait le commerce et a un don pour les reconnaître. Un jour, elle tombe sur un spécimen bien plus gros que tout ce qu’elle avait trouvé auparavant.

 

Je suis toujours en attente d’un nouveau Tracy Chevalier. Certes, l’attente est longue, mais on n’est jamais déçu du résultat. Plus c’est long et mieux c’est documenté et recherché. En l’occurrence, l’auteur a choisi un sujet assez peu traité, et je dois avouer qu’il m’a peu tenté (ou bien était-ce un résumé peu accrocheur?) : la recherche de fossiles. Replacé dans son contexte, le sujet trouve toute l’importance et la profondeur qu’il mérite.

L’histoire suit d’abord le point de vue d’Elizabeth Philpot, personnage qui, selon l’Histoire, est un peu en retrait. Son intérêt pour les fossiles tient au divertissement : elle les cherche pour s’occuper et les expose dans un joli meuble chez elle. Cependant, elle comprend leur valeur à juste titre. Elle se propose de guider la jeune Mary Anning, dont le second point de vue nous apporte un éclairage différent. Tout d’abord amenée à en chercher pour vivre, ils deviennent rapidement sa grande passion.

Parallèlement à cette très belle histoire d’amitié entre ces deux femmes, ce roman met en lumière la place mineure de la femme dans les milieux scientifiques de l’époque. Aucune crédibilité ne leur est accordée, et tout un chacun est d’accord pour dire qu’elles sont d’authentiques menteuses quand elles prétendent qu’on leur vole leurs découvertes. C’est une lutte de chaque instant pour la reconnaissance, une lutte d’autant plus choquante qu’elle est menée par une vieille fille indépendante et rebelle et une pauvre gamine.

En plus d’être faite par des femmes, cette découverte remet en cause les principes les plus élémentaires des théories de la vie sur Terre. Il est acquis pour tous que Dieu a créé le ciel et la terre ainsi que tous les animaux tels que nous les connaissons aujourd’hui. Mais qu’en est-il de ces squelettes qui ne correspondent à aucun animal connu? L’auteur a choisi ce sujet pour montrer à quel point ces découvertes peuvent ébranler toute une société dans ses croyances, et pour rappeler que le milieu scientifique n’a pas toujours été entièrement rationnel.

Bref, un roman complet, abouti, très bien mis en scène et documenté. Comme d’habitude. J’en veux encore!

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Le dévore-tant
1001 classiques
Bricabook
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