« A quoi servent les clowns? » Anne Percin

À quoi servent les clowns?
Anne Percin

Éditions du Rouergue, « Dacodac », 2010

 

 

Un clown, c’est quelqu’un qui te fait marrer
quand tu voudrais pleurer.

Mélinda, sa grande soeur Cindy et leur mère habitent dans une caravane au bord de l’autoroute depuis l’incendie de leur HLM. Dans la ville voisine de Saint-Dizier, un cirque s’installe pour quelques jours. Un bébé tigre s’échappe sur le terrain vague derrière leur caravane. Mélinda voit un beau jour ce gros chat sur son terrain de jeu.

Anne Percin un jour, Anne Percin toujours. Encore un auteur dont je ne me lasse jamais.

Dans ce roman, elle introduit une originalité assez significative : son héroïne, la petite Mélinda n’est pas une adolescente, et pourtant c’est à travers son regard, et celui d’un petit garçon de cirque qui a son âge que la majorité de l’histoire est décrite. Cindy, sa soeur, est l’adolescente de la famille. Je ne sais pas ce que pensent les lecteurs adolescents de ce changement de point de vue mais j’espère que ça ne les rebutera pas.

La famille de Mélinda fait preuve d’une incroyable solidarité et force morale dans l’adversité. Mélinda se doit d’être à la hauteur et donc de devenir responsable, comme sa grande soeur. Cindy et sa mère prennent en effet beaucoup sur elles pour éviter tout stress à la petite enfant. La famille est vraiment pauvre, mais cela est évoqué de manière très fine et sans pathos. Cela pousse seulement l’enfant à quelques imprudences avec le bébé tigre, qu’elle ne reconnaît pas comme tel, et qu’elle cache pour avoir quelque chose bien à elle, son chat qui ne doit pas lui être enlevé.

La métaphore du cirque est très justement développée. Elle évoque les petits moments de bonheur qu’il ne faut pas laisser passer, comme des bouffées d’air frais quand on a la tête sous l’eau. Mélinda aide sa soeur et sa mère à continuer de voir la vie avec un émerveillement d’enfant. On pétille avec les trois filles devant le spectacle, on dévore le roman comme on mord dans la brume sucrée d’une barbapapa. On en veut encore et encore!

Ca tombe bien puisque l’auteur vient de publier Comme des trains dans la nuit, toujours chez Rouergue… Et puis, il m’en manque quelques uns que je n’ai pas lu! Je fais durer un peu le plaisir.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Miss Orchidée
Amanda Meyre
Télérama 

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