« Indignez-vous » Stéphane Hessel

Indignez-vous!
Stéphane Hessel

Éditions Indigène, « Ceux qui marchent contre le vent », 2010

 

C'est tout le socle des conquêtes sociales 
de la Résistance qui est aujourd'hui remis en cause.

 

Stéphane Hessel, ancien résistant haut placé, écrit ce court essai pour exhorter la population, et notamment les jeunes générations à rester attentifs aux injustices et à se tenir prêts à réagir. Il défend tous les acquis de la Seconde Guerre Mondiale et dénonce la décadence de la société actuelle.

 

En tête des ventes de livres depuis plusieurs semaines, on ne peut décemment pas passer à côté de ce petit livre. Toujours méfiante envers ces best-sellers, mais encline à changer d’opinion, j’ai lu les quelques pages d’Indignez-vous! en m’indignant… Mais peut-être pas pour les mêmes raisons.

Voyons d’abord pourquoi ce texte a-t-il fait un tel buzz. C’est très simple : voilà un essai politique qui ne donne ni envie de s’endormir, qui ne fait pas 300 pages et surtout qui ne nécessite pas un Bac+5 et un savoir encyclopédique de la politique actuelle pour tout comprendre. Le texte de Stéphane Hessel fait une trentaine de pages, coûte trois euros et est tout à fait lisible par tout le monde. Il s’agit d’une sorte de testament pour l’auteur, un homme au vécu impressionnant, qui tient à transmettre un héritage fondamental… Fondamental, au fondement, pour ainsi dire les bases.

Car ce sont des notions d’indignation de base que l’auteur détaille. Il faudrait s’inquiéter de ce besoin d’exhorter les foules à se rebeller contre des choses qui sautent aux yeux dès qu’on lit des journaux, qu’on cultive son esprit critique et qu’on cesse d’allumer sa télévision à 20h. Se méfier de la pensée unique, de la culture de masse, de la société de consommation comme de menaces permanentes qui provoquent l’indifférence totale du peuple et son insensibilité face aux injustices.

L’auteur a peur de voir disparaître tout ce pour quoi il s’est battu, mais il admet que la société actuelle est bien différente de la post-Seconde Guerre Mondiale. C’est sûr, tout le monde était mort ou pauvre et déprimé, et la préoccupation principale était de pouvoir nourrir les enfants le soir (je caricature, ne vous indignez pas trop). Comment comparer cela à notre société aujourd’hui où des organisations obscures contrôlent médias, politiciens et pensée publique? Plus besoin de propagande quand on a le matraquage médiatique volontairement subi par les gens. Je ne parle bien sûr pas d’information, puisqu’elle n’est diffusée que partiellement ou de manière détournée. Mesurez les efforts à faire pour démêler tout ça. Devant cet énorme problème, l’auteur s’éclipse. Très idéaliste, il prône aussi une insurrection pacifiste. Sans commentaire! Il évoque également le conflit en Palestine… deux pages pour tout résumer. Impressionnant.

Mais le faux pas qu’il fait, et qui me rebute plus que tout le reste rassemblé, est contenu dans quelques phrases sur l’indifférence.

En se comportant ainsi, vous perdez l’une des composantes essentielles qui fait l’humain. Une des composantes indispensables : la faculté d’indignation et l’engagement qui en est la conséquence.

Alors l’un ne va pas sans l’autre? Je devrais donc me considérer comme un concombre de mer. Ce n’est absolument pas un moyen de pousser à l’engagement que d’insulter les lecteurs en leur faisant comprendre qu’ils ne sont même pas humains s’ils n’agissent pas comme lui. Je préfère réfléchir et me méfier que d’aller hurler dans une manifestation sans rien comprendre, mille excuses. Mais bon, je ne suis sans doute pas le meilleur récepteur de ce texte.

Pour conclure, cet essai est tout plein de bons sentiments mais malheureusement, même s’il exalte le lecteur sur le moment, je crains qu’il ne prenne la poussière d’ici peu de mois. Désolée de rentrer dans le camp des détracteurs, largement critiqués sur la toile, mais ce livre ne m’a strictement rien appris.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Le Monde
Pierre Assouline
Slate.fr : premier article, second article 

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