« Lucie » Muller, Grisseaux

Série Lucie
1. Le train fantôme (2003)

2. La funambule (2004)
3. Tout conte fait (2006)
Catel Muller, Véronique Grisseaux
Casterman, « Ligne de vie ».

 

Tu joues avec le feu.

 

Lucie est une trentenaire mariée avec une enfant et un chat qui a de l’arthrose. C’est l’heure de sa crise sentimentale. Elle  tombe subitement amoureuse d’un musicien, beau guitariste ténébreux. Elle finit par divorcer, mais pas pour s’installer avec lui. Elle se met en ménage avec un homme – macho au possible – lui aussi divorcé et son fils. L’ex femme de cet homme harcèle Lucie, crève ses pneus, met le feu devant la maison… Finalement, elle se rend compte que c’était vraiment bien mieux avec son mari. Sans blague.

 

Aïe, aïe, aïe. C’est rare que je parle d’un de mes coups de gueule. C’est un exercice dont je ne suis pas trop friande, mais une fois n’est pas coutume. Le résumé témoigne de mon extrême déception quant à la trame générale de cette série. Je précise immédiatement que le dessin n’est pas à remettre en cause : Catel Muller m’avait précédemment enchantée dans son ouvrage Kiki de Montmartre. Mais ce scénario…

De toute évidence, cette bande-dessinée est destinée à un public de femmes trentenaires ou quadragénaires. Je suppose que l’histoire est faite pour que les lectrices s’identifient au personnage principal. Lucie essaie de se prouver qu’elle est encore jeune et frétillante et qu’elle a le pouvoir de faire tout ce qu’elle veut. Notons que le sujet du one-shot qui précède cette série, Lucie s’en soucie, était la déprime de Lucie face à son âge et le fait qu’elle soit encore célibataire. Jamais contente, la madame. On peut même avancer que c’est un personnage égocentrique, capricieux et indécis, qui rechigne à voir ce qu’il y a de bien dans sa vie. Elle se plaint donc à longueur de BD à une copine qui se fait faire des injections de Botox.

Certes, elle essaie de prendre du recul et de se remettre les idées en place. Elle n’agit pas dans la fougue du moment, et met du temps à prendre ses décisions. Mais comment apprécier ces moments de lucidité quand sont réunis sous mon nez tous les clichés du mélodrame romantique. Elle tombe amoureuse d’un artiste, puis d’un homme, un vrai, un macho man, qui ne fait pas le ménage, n’éduque pas son gosse et ne défend pas sa femme. Elle essaie de retrouver son moi intérieur à l’occasion d’un voyage dans le désert. Elle mesure tout le mal qu’elle risque de faire autour d’elle mais le fait quand même, y compris à son enfant.

Et que dire du mariage? Pas un seul exemple positif en trois tomes. Lucie le considère comme un cage, et elle serait un petit oiseau coincé à l’intérieur. Les femmes autour d’elle ont toutes regretté leur mariage. La mère de sa copine retrouve son véritable amour, un homme espagnol, après la mort de son mari qu’elle a épousé par arrangement. Toute une vie gâchée? Waou.

Je suis bien désolée par ce déferlement de critiques, mais honnêtement, c’est ça une vision moderne de la femme? C’est douloureux, je trouve.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Loula 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s