« Sommeil » Haruki Murakami

Sommeil
Haruki Murakami

Trad. du japonais Corinne Atlan
Illustrations de Kat Menschik
Éditions Belfond, 2010

Voilà 17 nuits que je ne dors plus.

Le narrateur est une femme mariée, mère d’un enfant. Cela fait une quinzaine de jours qu’elle ne dort plus. Les activités quotidiennes qu’elle faisait avant avec plaisir deviennent mécaniques alors qu’elle se met à lire des romans toute la nuit durant. Ces lectures lui donnent l’impression de seulement commencer à vivre.

Je ne m’y connais pas trop en littérature étrangère et comme je picore à droite à gauche, je tombe parfois sur des livres qui ne sont pas fondamentaux mais originaux. Celui-ci l’était, et les illustrations m’ont particulièrement attirée. Cependant, je ne sais pas du tout si c’était le livre à lire pour découvrir Murakami.

Le début de la nouvelle touche au fantastique. L’ambiance cauchemardesque, mystérieuse, la limite floue entre rêve et réalité jaillissent dans une scène, mais se dissipent assez rapidement par la suite. L’absence de sommeil qui résulte de ce cauchemar est plutôt l’occasion de réflexions métaphysiques sur la mort, l’angoisse, la nécessité physique du repos pour le corps… La narratrice refuse de laisser la vie s’écouler sans pouvoir la contrôler ou simplement la vivre. Dans la lecture, elle renoue avec les passions et découvre d’autres vies à vivre. Ainsi elle prend du recul sur sa vie de femme mariée et tombe dans le cauchemar de la réalité en considérant son enfant et son mari comme des étrangers.

Les illustrations, toutes en bleu nuit, blanc et argent, portent l’imagination sur les rives du rêve éveillé. Des images et des impressions se superposent dans une logique qui n’appartient qu’à elles. Tout se mélange, rêve et réalité, confusion et netteté. Le style très beau est pur et cristallin, bien que très lourd de significations. L’art des métaphores est mené par une plume dextre et le détachement de la narratrice apporte juste ce qu’il faut de froideur.

Malgré tout cela, ce livre sur le sommeil m’a donné… sommeil. Je l’avoue. Je n’ai pas réussi à m’expliquer la fin et je trouve qu’elle gâche un peu ce beau récit. Je pense qu’il s’agit plus d’un livre fait pour les admirateurs de l’auteur (de plus, publié fin novembre 2010, il est clair qu’il est conçu comme un cadeau de Noël), mais je ne suis pas sûre de le conseiller pour une découverte. Cependant, c’était une belle expérience de lecture et je compte bien lire un autre roman de Murakami prochainement.

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