« Embrasse-moi » Bart Moeyaert

Embrasse-moi
Bart Moeyaert

Trad. du néerlandais Daniel Cunin
Éditions du Rouergue, « doAdo », 2009

En omettant certaines choses, elle garderait
suffisamment de secrets pour elle.

Molly passe une sale journée. La Fausse Blonde lui avait promis la révélation d’un secret pour finalement se débiner au dernier moment. Ses amis se disputent. Tout va mal jusqu’à ce qu’un mystérieux et timide garçon, Yan, l’invite à faire un tour de barque sur le lac.

Ne vous y méprenez pas (comme ça a été mon cas), malgré un résumé et un titre qui semblent annoncer un roman d’amour, l’auteur nous emmène dans une toute autre direction. J’avoue que je me sens toujours un peu piégée dans ces cas-là. Et quand le roman déçoit c’est une sensation encore plus désagréable.

Le début du roman est saturé de ressentiment et de violence. On ne comprend pas ce qui peut bien lier Molly et la Fausse Blonde. Cette dernière assume tous les clichés de son surnom. Elle force Molly (une fille assez grosse) à grimper sur une colline pour finalement lui dire que son secret a disparu. Ca semble cruel et immature. Les relations d’amitié sont donc d’abord dépeintes par touches de manipulation, de fausseté et de mensonges entre amis. L’ambiance générale est également très inquiétante. Malgré le fait que tout le roman se passe en extérieur, on a l’impression d’assister à un huis-clos assez oppressant. On revient toujours sur cette colline au bord du lac depuis laquelle on voit se profiler un établissement psychiatrique. Malgré un dénouement plus positif, on ne peut pas se sortir de la tête que cette pauvre Molly est vraiment le dindon de la farce.

Déception aussi face au style, plein de redondances, de répétitions et de formules maladroites. Dois-je attribuer ça à la traduction? Je ne le saurai jamais car je ne parle pas néerlandais… L’auteur opte souvent pour des changements de registres impromptus, sans doute pour être plus proche du parler « ado ». Enfin (sans vouloir vous gâcher toute l’histoire), le sujet du handicap est mis de côté par principe de tabou, ce que je trouve assez maladroit.

Bref, je suis assez déçue. Pourtant, il y avait de quoi faire quelque chose de vraiment intéressant : l’amitié, le handicap, le pardon, la compréhension… Mais toute l’intrigue laisse un arrière goût d’insatisfaction dans la bouche. En bref, je ne m’y suis pas retrouvée.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là!
Clarabel
Otium
Des livres et moi

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