« Fats Waller » Igort et Sampayo

Fats Waller
1. La voix de son maître
2. Chocolat amer
Igort (ill)

Carlos Sampayo
Trad. de l’espagnol par Dominique Grange
Éditions Casterman, « Un monde », 2004

Et de toute façon, sa musique n'a pas de frontières...
Et parvient à s'insinuer dans d'étranges situations.

Thomas « Fats » Waller est un des solistes piano jazz les plus adulés de son époque. Menant son rythm orchestra avec une inépuisable bonne humeur, il écrit des chansons sans s’arrêter, pour diffuser sa joie, pour lutter contre les désastres du monde, pour vivre et survivre. Partout, sa musique amène courage, détermination et inspiration.

D’habitude, je laisse décanter ce que je lis avant d’en écrire une critique. Je fais entorse à ma règle pour une fois. Là, là, c’était trop bon pour ne pas partager. Dans la lignée du Roi invisible, voici donc une autre bande-dessinée sur le thème du jazz. Cette fois-ci, on lâche la guitare et on va s’asseoir au piano.

Les deux auteurs de cette BD nous relatent la vie de Fats Waller, dans tout ce qu’elle a de plus beau, de plus rythmé, de plus tragique aussi. Comme beaucoup d’artistes jazz (ou d’artistes en général), Fats Waller avait un faible pour les femmes et la boisson. Cela ne l’empêchait pas d’être un compositeur extrêmement prolifique. L’originalité de cette bande-dessinée réside dans le fait que les auteurs replacent cette vie au milieu des autres, au milieu d’un contexte géopolitique compliqué, de l’émergence du nazisme, de la guerre d’Espagne.

La narration est traitée de manière épisodique. Les époques, les lieux sont tous mélangés. L’auteur a voulu montrer les événements dans leur simultanéité (difficile, hm). Ca peut être parfois un peu dérangeant, perturbant. Mais c’est une manière de raconter les choses qui montre l’influence de la musique sur tous les milieux et sa présence dans toutes les situations. Cela fait aussi l’originalité de la BD.

Le dessin, quant à lui, est très fin, précis, expressif. Des aquarelles dans les tons terres, sienne sont parsemées par quelques touches de couleurs plus vives généralement chaudes. Et quel bonheur de tenir une BD imprimées sur du si beau papier. On ne le dit pas assez. Le tout distille une ambiance à la fois inquiétante, un peu désuète mais pleine de passions et de rêve.

Bluffant et passionnant.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là…

BD Paradisio
Coin BD

 

 

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