« Fuir les taliban » André Boesberg

Fuir les taliban
D’après l’histoire vraie de Sohaïl Wahedi
André Boesberg

Traduction du néerlandais d’Emmanuèle Sandron
Thierry Magnier, 2011

 

Dans la montagne, nous pouvions encore nous bercer de l'illusion 
qu'il était possible de faire demi tour.
Cette illusion a maintenant volé en éclats.

 

Sohaïl habite en Afganistan et se souvient du pays dans sa prospérité révolue. Avec la montée de l’extrémisme et des taliban, son ami Obaïd se lance discrètement dans la résistance. Hafiza, quant à elle, devra être mariée à un riche propriétaire terrien de 25 ans son aîné. Le propre père de Sohaïl est recherché et doit se cacher. Toute la famille doit fuir le pays.

 

C’est par une scène d’exécution publique dans un stade que ce roman débute, la toute première à laquelle Sohaïl est témoin. On ne peut pas dire que ça commence en douceur, mais cela annonce la couleur. A travers le regard de Sohaïl, on assiste à la vie de tous les jours : les brimades inattendues, les femmes en tchadri toujours accompagnées d’un chaperon, les hommes en turbans… C’est le portrait d’un peuple complètement asservi à un ensemble de lois, de règles et d’obligations aussi nombreuses qu’inapplicables. Il est impossible de ne pas fauter. Malgré la souffrance, pas de rébellion. Une explication? Ce peuple a été soumis à plusieurs jougs auparavant et préfère attendre que la roue tourne.

Comme dit le grand-père de Sohaïl, les taliban sont peut-être drogués et analphabètes, mais ils sont surtout imprévisibles. La peur habite donc chaque ligne de ce roman. Toujours sur le qui-vive, les personnages sont constamment menacés d’être exécutés sommairement ou de devoir rentrer dans la clandestinité. Mais certains se réclament un devoir de résistance.

Avec un style candide et un ton très nostalgique. Sohaïl raconte sa fuite. La conscience d’être arraché d’un pays qu’il aime malgré tout lui brise le cœur. Il doit également vivre dans l’incertitude, n’ayant pas toutes les informations en main, mais ainsi, il est protégé et blanchi. Il ne comprend pas tout, comme le lecteur. Il tente cependant de garder un mince espoir.

Un roman très frappant à lire et à faire lire aux ados et adultes.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Sophie Pilaire
Libouli 

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