« Le complexe de l’ornithorynque » Jo Hoestlandt

Le complexe de l’ornithorynque
Jo Hoestlandt

Éditions Milan, « Macadam », 2007

Tout à l'heure, le jardin fermera ses portes,
n'y demeureront plus que nos rêves,
et les oiseaux qui les emporteront dans le secret de leur nid,
pour la courte éternité de la nuit.

C’est l’histoire d’un croisement de quatre voix d’adolescent. Rose, qui a perdu l’usage de ses jambes après une chute grave, ne rêve que de donner la vie à un enfant. Aurélien, jeune homme pensif, silencieux et rêveur, se questionne sur ses penchants sexuels. Carla, mal dans sa peau et assez asociable, est tombée amoureuse d’un homme qu’elle voit en ombre depuis sa fenêtre. Cette ombre, c’est celle de Pierre, qui a quitté le domicile parental pour voler de ses propres ailes. Tous tentent de trouver leur chemin, cherchent à s’accepter avec leurs défauts et à voir la vie du bon côté…

L’ornithorynque et sa « tronche de puzzle raté » semble confirmer l’absence de divin, d’après Carla. Tout arrive donc par hasard. Impossible de contrôler quoi que ce soit. Ou bien?…

Gérer un vécu plus ou moins lourd, pouvoir se projeter dans l’avenir comme on demande de le faire, c’est beaucoup demandé pour ce groupe d’adolescents à la dérive qui semblent absorbés par leur mal-être. Le passé pèse lourd même s’il n’y a pas beaucoup d’années au compteur : accident grave, perte d’un être cher, violentes disputes familiales, insultes proférées par un ami proche… Comment vivre et avancer avec un boulet au pied? Au moment où commence le roman, ces expériences plombent les personnages et leur estime personnelle. Ils cherchent à la reconquérir, à coup de rêves ou de poésie et toujours avec persévérance. Il faut s’affirmer, trouver sa place dans la vie même si elle n’a pas fait de cadeaux.

L’auteur nous offre un joli coup de plume. Chaque personnage est clairement identifiable par son style, chaque voix se distingue de l’autre. Par un jeu de miroir, on voit chaque personnage dans le regard de l’autre. Les anecdotes et les fantasmes se croisent mais tout aboutit à un ensemble parfaitement cohérent et facile à suivre. Ce mode de narration privilégie évidemment l’identification, et il n’y a rien de plus simple : tous ces personnages sont terriblement touchants. J’avoue, j’ai versé une ou deux larmes…

Ce beau roman grave, c’est le récit de la lumière au bout du tunnel, l’affirmation que la vie ne fait que commencer. On éclôt, on sort de ses rêves, on sort de l’enfance pour aller vers l’âge adulte et enfin pouvoir les réaliser ces rêves.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là!
Altersexualité
Joannic Arnoi
Malivo

Interview de l’auteur par les libraires Citrouille

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