« Les boîtes de ma femme » Eun Hee-Kyung

Les boîtes de ma femme
Eun Hee-Kyung

Trad. du coréen par Lee Hye-Young et Pierrick Micottis
Éditions Zulma, « Littérature étrangère », 2009

Trois chimères surgissent en eux : 
je suis amoureux (autosuggestion),   
cette personne est spéciale (fantasme),
cette fois, c'est véritablement mon premier amour (naïveté).

Séoul, années 1990. Dans ces cinq nouvelles nous sont contées des histoires de couples où les femmes étonnent leurs maris. Femmes secrètes, insoupçonnées, désirant une autre vie s’opposent à leurs compagnons, englués dans la routine.

Oui, c’est un bien maigre résumé, mais je préfère laisser la surprise du contenu des nouvelles et plutôt donner le fil conducteur. Le recueil est très uni par cette problématique de l’insatisfaction amoureuse et en général dans la vie. Tout commence au sein de la vie de couple. Dans l’intimité de la famille, il est possible de lire en filigrane des problèmes de société plus larges.

Chaque couple est confronté aux pressions sociales de leur entourage. Ils doivent se conformer à un modèle prédéfini : se marier, se ranger, faire des enfants. Mais chacun doit apprendre à assumer les différences qui les empêchent de coller aux standards. Cette femme ne peut pas avoir d’enfants, enferme divers éléments de sa vie dans des boîtes et ennuie son mari avec des réflexions sans queue ni tête (pour lui). Cette autre a des enfants et tombe derrière les barreaux de la vie de mère au foyer. Celle-là n’a tout simplement pas encore trouvé de mari à l’âge crucial de trente ans. Face à ces pressions sociales, chacun s’échappe comme il peut. Les hommes sont souvent tentés de noyer leur dur travail dans l’alcool avec leurs collègues.Tous arrivent à des considérations sur leurs vies et la direction qu’ils auraient dû prendre.

L’auteur parle de ces problèmes avec un humour très fin. Donnant aussi bien la parole aux personnages féminins que masculins, l’auteur pose un regard quelque peu cynique mais tout à la fois sérieux sur ces vies. Lorsque lui prend la tentation de tomber dans un ton dramatique, et cela à cause des situations des personnages, il reste loin du pathétique, froid et pudique. Au final, ce n’est donc pas un roman centré sur la condition des femmes comme je m’y attendais, mais un portrait de la dureté de la vie de couples dans une société où les mentalités ont du mal à évoluer et où personne ne sait réellement où est sa place. Il m’a beaucoup rappelé l’ambiance du film Peppermint Candy, je suppose donc que le portrait de cette société coréenne est réussi.

Un recueil de nouvelles subtiles et poétiques, miroir d’un vrai malaise.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Lectures sans frontières
Le Livraire
Le jardin d’Hélène

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s