« Mémoires d’un libraire pornographe » Armand Coppens

Mémoires d’un libraire pornographe
Armand Coppens
Trad. de l’anglais par Françoise Maleval
Préface Emmanuel Pierrat
Editions du Sonneur, 2011

Le narrateur, libraire, raconte ses pérégrinations et rencontres avec de grands amateurs de littérature érotique et d’érotisme en général. On découvre à travers ces portraits des personnages plus excentriques les uns que les autres…

C’est l’histoire d’un livre que j’ai acheté pour offrir à une amie libraire, et je voulais qu’il soit un peu original. Une jolie couverture violette irisée a d’abord accroché mon oeil, puis le titre. « Mhinhinhin » me suis-je dit en moi-même, et je l’ai acheté. Et je l’ai lu, bien sûr.

Je dois avouer que le début était très très bizarre. On a du mal à savoir où on va, quel est le sens de toutes ces anecdotes. Ces dernières tournent autour des clients mais aussi de la censure, des méthodes de dissimulation pour œuvrer discrètement parmi un cercle restreint de connaisseurs. Ce libraire est un modèle pour chaque libraire : il relève des défis pour répondre à des demandes extrêmement pointues de clients plus ou moins pervers. Ces derniers paient cher, les moyens varient, mais en tout cas, c’est un commerce fort lucratif. On oscille constamment entre humour, sexe et philosophie de la vie.

Le fil conducteur se dénude (si je puis dire). Derrière de la recherche d’une collection bibliophile et érotique idéale, le narrateur désire aussi trouver cet équilibre entre pornographie et amour. Romantisme et érotisme vont-ils ensemble? Je vous laisse découvrir la réponse par vous-même. Surtout, ne soyez pas effrayés par le côté « erotica », vous passeriez à côté d’une belle curiosité littéraire.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
L’oeil au vert
Reading in the Rain
Librairie Publico

*** *** ***

Il m’arrive de penser qu’on devient libraire par marginalité, afin de compenser un sentiment d’infériorité en s’identifiant à la gloire des livres que l’on vend et aux succès des célébrités que l’on rencontre. Cela dit, je ne crois pas que les libraires spécialisés dans l’érotisme souffrent de ce complexe. Ils sont parfaitement conscients que la seule aura dont ils peuvent se prévaloir est celle d’être d’odieuses enflures. Ce qui ne saurait être un motif de vantardise. Quoi qu’il en soit, qu’est-ce que la culture? Et comment les gardiens du temple de la culture réagissent-ils lorsque de nouvelles idées ou découvertes viennent ébranler les fondations de leurs convictions âprement défendues? De la même façon infantile que celui qui sent sa vie lui échapper.
P 327-328

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