« Le fil à recoudre les âmes » Jean-Jacques Greif

Le fil à recoudre les âmes
Jean-Jacques Greif
Ecole des Loisirs, « Médium », 2012

Qui a jamais vu chose pareille ? 
Dehors, plus de ciel bleu. 
Un brouillard épais, gris et noir. 
Les maisons détruites, je croyais seulement la mienne. 
Une bombe puissante.

USA, 1941. Kenichiro et sa famille sont poussés à quitter leur maison pour habiter dans un camp réservés aux japonais. Il y rencontre Yuriko qui, n’ayant pas les moyens de rester aux Etats-Unis, doit repartir chez elle, à Hiroshima.

Autant vous le dire tout de suite, il s’agit d’un roman choc. Un des romans les plus frappants que j’ai pu lire dernièrement. Le résumé m’a tout de suite attirée. Les camps de japonais aux USA ? Je n’ai jamais lu de roman jeunesse là-dessus, et pour cause le sujet est souvent éludé. La première partie est une correspondance entre Kenichiro et son ancienne prof d’anglais. Dans ses lettres, Ken se montre très positif et optimiste malgré la condition à laquelle il est réduit. Il explique l’organisation des camps qui se passe plutôt bien. Sans transition, on passe à Yuriko, narratrice très blasée. Elle vit la destruction d’Hiroshima et décrit tout ce qu’elle voit en sortant de sa maison. Sous le choc, elle aligne des bouts de phrases qui se tiennent les unes à côté des autres, hagardes. On n’y croit pas, on ne comprend pas.

Pas de transition, pas d’introduction à l’horreur que décrit Yuriko et pour cause, eux n’ont pas eu le droit à un avertissement. La surprise et l’incompréhension sont ce qui ressort le plus de ce passage. L’espoir suit l’horreur, mais il faut bien un tel choc pour que le lecteur comprenne la réalité de l’événement.

Le roman est particulièrement bien documenté, agrémenté de données historiques et scientifiques, de personnages réels et de débats. Evidemment, on cherche à savoir à qui la faute. Le roman évite le piège de pointer du doigt un coupable trop évident et cherche à entamer un dialogue.  Ce qui montre bien que pour interpréter un tel événement, une mise en contexte est absolument indispensable.

C’est extrêmement dur, mais une lecture qui grandit et fait beaucoup cogiter.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Les mots de Melo
Fantasia (Sophie Pilaire)

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