« Max » Sarah Cohen-Scali

Max
Sarah Cohen-Scali
Gallimard Jeunesse, “Scripto”, 2012

Je suis l’enfant du futur. L’enfant conçu sans amour. 
Sans Dieu. Sans Loi. 
Sans rien d’autre que la force et la rage. Heil Hitler!

Max est le premier de la génération des Lebensborn, un programme nazi visant à peupler le pays d’aryens les plus parfaits. Il incarne à lui seul la grandeur et la fierté du IIIe Reich… A moins que tout ne soit pas aussi parfait.

maxOn connaît les jeunesses hitlériennes, les enfants recrutés sur leurs critères de blondeur, aussi disciplinés qu’à l’armée. Mais rarement l’on évoque ce programme stupéfiant des Lebensborn. Choisir deux parfaits aryens pour créer un enfant sans tâche, sélectionné à la naissance, mesuré, éduqué sans laisser de place à la moindre erreur. Cette jeunesse “parfaite”, déshumanisée et nourrie de doctrines antisémites devait pouvoir repeupler la terre. Le principe : ne jamais remettre en cause ce qu’on leur apprend et couper court à toute sorte de sentimentalisme grâce à un régime drastique, à la discipline la plus stricte. C’est un brillant lavage de cerveaux orchestré avec une précision chirurgicale. Les enfants, au milieu de tout ça, rentrent trop dans le moule ou bien sont persécutés.

Le Seconde Guerre Mondiale est vue de l’intérieur, d’un endroit fermé ou toute information est filtrée. Ce ne sont que bonnes nouvelles, quasiment jusqu’à la fin. La déception n’en est que plus amère et choquante malgré les indices laissés à voir ici et là. On évite aussi un piège trop simple, celui du manichéisme. Les Russes arrivent? Ils sont crades, ils puent, ils volent, et violent les femmes. La guerre, quoi. Aucun gentil en vue.

Ce roman percutant montre les techniques de pointe utilisées pour rendre faire obéir aveuglément une génération d’enfants, parmi lesquels quelques espoirs, quelques esprits rebelles à la force vengeresse. Un roman extrêmement bien documenté (voir la biblio en fin d’ouvrage). Inutile de préciser que la lecture de ce roman est plutôt conseillé à des lycéens. Ca peut faire office de dessert après le visionnage classique de Nacht und Nebel

Un petit conseil : planquez la couverture si vous le lisez dans le métro. Je me suis pris quelques mauvais regards…

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
P’tite souris
Chez Iluze
S’il était encore une fois

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