« Les Enfants du Roi » Sonya Hartnett

Les Enfants du roi
Sonya Hartnett
Trad. Fanny Ladd, Patricia Duez
Les Grandes Personnes, 2013

Elle ressentit alors la tristesse de l’abandon, 
sans savoir encore qu’il s’agissait 
de la tristesse de la fin de l’enfance.

Angleterre, Seconde Guerre Mondiale. Les gens envoient massivement leurs enfants dans la campagne depuis Londres pour les protéger des bombardements. Cecily et Jeremy rejoignent avec leur mère le domaine de leur oncle et adoptent May, jeune fille instruite et surtout très curieuse qui part en exploration sur les terres. Elle trouve, dans les ruines d’un château, deux étranges petits garçons.

enfants du roiLe nouveau roman de Sonya Hartnett confirme ce qu’on pensait déjà d’elle : un grand auteur pour adolescents. Elle aborde dans ce roman un fait rarement évoqué, cet exil des enfants adoptés par des familles complètement inconnues pour toute la durée de la guerre. Cela lui permet aussi de toucher à un autre thème : l’engagement. Certains enfants étaient déjà des adolescents. Certains veulent participer à l’effort de guerre, comme Jeremy. Se posent alors des questions essentielles : les enfants doivent-ils pouvoir s’engager dans les conflits ? Quand ils sont volontaires et que leur choix est réfléchi, doit-on les en empêcher ? Où est la limite de l’autorité parentale ? Précisément ici où leur opinion ne compte plus autant qu’avant.

Les descriptions de la vie quotidienne des gens fait très bien comprendre également ce fameux adage du Keep Calm and Carry On. Oui, c’est la guerre. Oui, on s’inquiète. Mais si l’on peut continuer la vie comme avant pour montrer qu’on est imperturbables, il le faut. C’est une forme de résistance.

Dans les Enfants du Roi, un peu comme dans l’Enfant du Jeudi, l’auteure glisse une savante dose de fantastique, très relié au réel et surtout au contexte historique pour le mettre en relief, le faire ressortir. Ces deux étranges garçons sont liés à une histoire antique que leur conte leur oncle et qui les éclaire sur la période historique trouble qu’ils vivent. Ils ont besoin d’aide et c’est dans le passé qu’ils puisent, à moins que ce soit en eux-mêmes…

Cette lecture était un vrai délice, autant par l’histoire que la plume délicate et exigeante de l’auteur. Car oui, cette lecture demande de l’attention, son style très soutenu ne permet pas une vilaine lecture en diagonale mais c’est aussi bien. Car alors le texte s’ancre vraiment en vous et vous laisse un souvenir que je sais très durable.
A ne pas manquer

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Fantasia (Sophie Pilaire)
Le labo de Benoît Broyart
Lire au jour le jour

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s