« Les Orphelines d’Abbey Road, Le Diable Vert » Audren

Les Orphelines d’Abbey Road
1 : Le Diable Vert
Audren
Ecole des Loisirs, 2012

Je réalisais que l’enfer était en fait bien souvent 
dans l’expression de la vérité 
et qu’il valait sans doute mieux mentir pour avoir la paix.

Joy vit dans l’orphelinat d’Abbey Road, tenu par des religieuses. Un jour, son amie Margarita découvre un passage secret sous l’abbaye. Leur amie Prudence s’y aventure seule et en ressort affligée d’une étrange brûlure.

orphelines abbey oradRoman historique ? Roman fantastique ? Roman d’aventure ? A la croisée de plusieurs genres, Audren se débrouille très bien. Pour ce début d’une trilogie, elle prend son temps et installe l’ambiance et les personnages. Toutes ces jeunes filles toutes très différentes, ce qui peut largement faciliter l’identification pour les lectrices. Toutes orphelines mais chacune un vécu bien différent qui les ont façonnées. Leur envie d’indépendance n’est évidemment pas compatible avec l’éducation des sœurs. Celles-ci sont d’ailleurs assez salement dépeintes comme d’habitude. Rigides, austères, injustes… Mais cela ajoute à l’atmosphère.

Le meilleur du roman reste la partie d’aventure fantastique. On attend que ce mystère soit développé dans le reste de la trilogie. Sans tout vous dévoiler, je dirais qu’il s’agit d’un monde féérique parallèle. Sa caractéristique principale est qu’il n’est pas ouvert à tout le monde. La passeuse (qui s’ignore) refuse d’y amener certaines personnes.

Comme d’habitude avec Audren, c’est bien écrit, plein de candeur mais plein de sens aussi. J’ai particulièrement aimé le passage sur les « miséricornes » que je cite plus bas. C’est une écriture facile à lire dans laquelle on s’installe confortablement. Plein de suspense mais pas de violence, cette trilogie est accessible à un public de bons lecteurs dès 12 ans. La suite est déjà sortie forcément, je suis un peu en retard…

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De l’autre côté du miroir

Je ne m’étais jamais demandé qui était ce « prochain » dont parlait l’Evangile, comme je n’avais aucune idée de ce que pouvait signifier « accordez-nous votre miséricorde ». Pendant plusieurs années, j’avais dit « miséricorne » et je pensais alors qu’il s’agissait d’une sorte de vache déprimée, mais depuis que j’avais lu le mot et rectifié sa prononciation, cela évoquait pour moi un instrument à cordes qui pleurait une musique triste. En fait, je n’avais pas vraiment envie d’en savoir plus sur mon prochain ni sur la miséricorde. Le sens que j’accordais aux mots ou le mystère que je leur prêtais me satisfaisait en général. Les mots inconnus m’offraient la possibilité d’imaginer ce que bon me semblait et me permettaient de faire des rêves qui n’appartenaient qu’à moi. Les miséricornes avaient peuplé mes heures de messe, broutant aux quatre coins de mon imagination, pleurant de chaudes larmes de ruminants tristes sur leurs lourdes cloches. Quant à mon prochain, j’avais jusqu’ici préféré ne lui attribuer aucun sens. C’était bien plus facile d’aimer un mot vide de sens que d’aimer ses frères et ses semblables autant que soi-même.

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