« Le coeur des louves » Stéphane Servant

Le cœur des louves
Stéphane Servant
Rouergue, « doado », 2013

Les bêtes les plus terrifiantes ne viennent pas la nuit. 
Elles vont sur deux jambes 
et elles ont tout de l'apparence d'un homme. 
Les bêtes peuvent parfois avoir le visage d'un père.

Célia arrive avec sa mère Catherine dans le village où habitait leur grand-mère. Elle renoue avec l’histoire de sa famille, ces générations de femmes mises de côté. Mais il est un bien un jour où les secrets doivent être déterrés.

coeur louvesIl est vraiment difficile de faire un résumé de ce roman fleuve de 540 pages. Un roman dont je sors le cœur tout serré, un de ces romans dont on a un poignant besoin de connaître le dénouement mais dont on ne veut surtout pas qu’ils finissent. Et maintenant, il faut que je trouve des mots pour en parler…

Nous sommes en huis-clos dans un village encerclé par des montagnes, un village où se répand une ambiance lourde – qui m’a beaucoup rappelé Un roi sans divertissement de Giono – qui indique à Célia qu’elle est déjà connue comme le loup blanc. C’est le moment pour elle de découvrir tous les secrets qui tournent autour de sa famille : trois générations de femmes, toutes solitaires, toutes brisées, dont elle fait partie. C’est un héritage dont elle veut pouvoir assumer les moindres détails. Ce sont des histoires qui se mêlent, et peu à peu, la voix de la grand-mère, Tina, qui se joint à celle de Célia, pour venir conter sa propre histoire. Une reconstitution minutieuse qui se fait à l’aide de tous les personnages du roman.

Pour Célia, c’est une épreuve, des découvertes macabres, de l’incompréhension mais aussi un partie d’elle, dissimulée jusqu’à présent, qui naît au contact avec la nature. Avec son amie Alice, elle devient louve, vit dans la forêt, laisse libre court aux instincts. Elle goûte à la plus pure liberté avec une grande avidité. Mais c’est aussi le besoin de vengeance qui se fait ressentir, le prix du sang. Elle touche à la folie, au désespoir, à la colère sourde, pour mieux sortir du gouffre. C’est une transition brutale où elle touche du doigts aux légendes ancestrales de ce rude pays.

Stéphane Servant porte la littérature jeunes adultes bien au-delà de ce qu’on pourrait attendre. Évidemment, c’est une lecture exigeante, mais c’est une merveilleusement passerelle entre les ados et les adultes, et qui peut certainement changer le regard de ces derniers sur la production jeunesse. Lorsqu’on s’y plonge… C’est un vrai piège. C’est pénétrant, obsédant, ça vous prend aux tripes, ça vous fait oublier tout autour, c’est terrible et beau, c’est grand, c’est cruel, c’est fort. Du sang dans la neige, le retour au naturel sauvage.

Je refuse de me séparer de ce roman! Il m’a fait du mal, il m’a fait du bien. Je suis bouleversée.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Culturez-vous
Librairie Mlire : Onlikoinou
Benoît Broyart

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5 réflexions sur “« Le coeur des louves » Stéphane Servant

    1. Je suis contente que ca te tente. C’est très difficile de passer des livres aussi beaux. Mais ça irait complètement avec le nom et le thème de ton blog 🙂

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