« Sektion 20 » Paul Dowswell

Sektion 20
Paul Dowswell
Trad. de l’anglais par Christine Auché
Naïve, 2013

Après un peu de persuasion corrective et quelques conseils, 
nous pouvons encore espérer qu'il mûrira et deviendra 
un membre utile et productif de la RDA.

1972. Alex vit à Berlin-Est, capitale de la RDA. Il essaie de passer inaperçu et de mener sa vie en privée comme il l’entend, notamment en jouant de la guitare et en fondant un groupe de rock. Mais le parti l’a à l’œil, sa conduite n’est pas exemplaire et aucune critique du régime n’est acceptée.

sektion 20Accrochez-vous, on a encore le droit à un superbe roman grâce à Naïve qui décidément me déçoit rarement. Au cœur de la Guerre Froide, nous suivons Alex et sa sœur Geli, deux adolescents curieux, créatifs et avides de liberté. Leurs pensées les portent au-delà du Mur. A l’école, ils subissent un matraquage politique et une propagande permanents. Toujours, ils doivent se méfier, ne jamais critiquer trop ouvertement le gouvernement, sous peine d’être dénoncés par leurs camarades ou leurs professeurs. Après les dénonciations vient la Stasi, la police politique, qui a des yeux et des oreilles absolument partout. On touche à Big Brother et à 1984, sauf que c’est historique, et je dois dire, assez bien documenté.

Vous l’aurez compris, c’est un roman plein de tension et de suspense. On se surprend à développer une paranoïa constante. Il ne faut faire confiance à personne. On tremble pour Alex confronté à la Stasi. Pour la liberté, il faut risquer sa vie. Il faut comploter, faire des compromis, se salir les mains… On espère, on angoisse bref on vit tout avec les personnages. L’auteur montre également que si la vie à l’Est était si étouffante, elle pouvait parfois se montrer rassurante voire simple pour certaines personnes par rapport au mode de vie à l’Ouest. Clairement, on se rend compte de l’abîme qui séparait les deux moitiés d’une seule et même ville. L’auteur évite intelligemment une séparation trop manichéenne car manifestement, la situation était plus compliquée que cela.

Ca fait réfléchir, ça donne quelques sueurs froides, et ça emporte loin! A écouter avec l’album Led Zeppelin IV qui est mentionné dans le roman…

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Les buveurs d’encre

 

Pour prolonger la lecture…

  • Etranger à Berlin, Paul Dowswell
  • Stasiland, Anna Funder
  • La vie des autres, réal. Florian Henckel von Donnersmarck

Et puis forcément, comme on y parle de musique…

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