« La dernière fugitive » Tracy Chevalier

La dernière fugitive
Tracy Chevalier
Trad. de l’anglais par Anouk Neuhoff
Quai Voltaire, 2013

Elle ne pouvait pas revenir en arrière.

1850, Etats-Unis. Honor Bright est une jeune quaker qui vient d’arriver d’Angleterre. Elle s’acclimate très difficilement à ce nouveau pays, dans lequel l’esclavage sévit. Elle tente d’aider les esclaves fugitifs en toute illégalité.

derniere fugitiveUn nouveau roman de Tracy Chevalier, c’est toujours la promesse d’un beau voyage dans l’espace et dans le temps. Prodigieuses créatures avait été un grand coup de cœur et j’attendais beaucoup de ce nouvel opus.

On découvre la communauté des Quakers, ou la société des Amis (attention, pas les mêmes que les Amish), installés sur le Nouveau Continent, et venant en partie de l’Ancien. Pour Honor, partie sans trop y réfléchir, c’est le choc des mentalités et le dépaysement total. La première partie du roman traite de son mal du pays, des différences avec l’Angleterre et de sa difficulté à s’intégrer à sa nouvelle communauté. Le déracinement est amer lorsque l’on passe d’une ville millénaire à une maison temporaire perdue au milieu de vastes étendues. Tout paraît instable, tout a un goût différent, il n’y a rien à quoi se raccrocher.

Sa communauté la traitant comme une étrangère, voire une paria, Honor se sent proche des esclaves qui fuient vers le Nord et passent près de chez elle. A cette époque, déjà, l’esclavagisme est soutenu par l’Etat, de manière subreptice, par des lois insidieuses visant à pénaliser l’aide envers les fugitifs. Les fallacieuses raisons économiques en faveur de l’esclavage et le contexte général poussent la communauté des Amis à fermer les yeux sur cette pratique. Ils ne se sentent pas concernés par ce débat, et Honor ne les comprend pas. Intrépide, elle ne peut qu’adhérer à ses principes et aider les fugitifs.

Les ingrédients classiques de Tracy Chevalier sont toujours là : une héroïne forte et faible à la fois, qui se bat contre vents et marées mais obtient ce qu’elle désire à force de persévérance. Comme d’habitude, on sent beaucoup de recherche, et on ne peut que reconnaître le talent de l’auteur pour distiller une ambiance. Même si je n’ai pas été aussi emportée que dans son dernier roman, cela reste un très bon moment de lecture, un chemin de vie dépaysant et émouvant.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
De ma plume à vos oreilles
Sur la route de Jostein
Télérama

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