« Moi, Christiane F. … »

moi christiane 1Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée…
Christiane Felscherinow avec Kai Hermann et Horst Rieck
Trad. de l’allemand par Léa Marcou
Gallimard, Folio, 1983

Christiane F., Wir Kinder vom Bahnhof Zoo
Réal. Uli Edel, 1981

Moi, Christiane F., la vie malgré tout
Christiane Felscherinow avec Sonja Vukovic
Trad. de l’allemand par Richard Couffère et Rose Labourie
Flammarion, 2013

Cela faisait longtemps que j’épiais ce Folio jauni de nicotine dans la bibliothèque de mon frère aîné. Je me disais, « à 13 ans, je pourrai le lire ». Forcément, c’était écrit dans le titre qu’elle avait 13 ans. Donc c’est logique, à 13 ans, je serai asse grande pour le lire. Je ne sais pas si les professeurs nous l’avait conseillé. Je sais en tout cas que nous en parlions entre amis. Christiane F. m’a ouvert la voie vers d’autres récits autour de la drogue, notamment l’Herbe bleue et Trainspotting. Et voilà qu’il y a quelques mois, je la découvre en première page du magazine du Monde. Incroyable… Christiane vit toujours! La voilà, sourire énigmatique et yeux bordés de noir. Elle se raconte de nouveau, et forcément, j’étais obligée de la lire… et de relire ce que j’avais lu 15 ans auparavant.

christiane_f_articlePublié en France en 1981, le premier livre racontant la vie de Christiane avait eu un grand retentissement, pas seulement en Allemagne mais partout ailleurs. On réalise l’ampleur du problème de la drogue et de la prostitution des mineurs dans certaines de nos belles capitales européennes. En effet, ce n’est pas juste l’histoire d’une seule vie, et le titre allemand en témoigne mieux : Christiane F., Wir Kinder vom Bahnhof Zoo (nous les enfants du métro Zoo). Pour moi, gamine de 13 ans, « ça finit bien ». Christiane s’en sort, on la quitte sur une note d’espoir.

Un film sort en même temps ou presque que l’édition française en 1981. Réalisé par Uli Edel avec l’apparition de David Bowie, il met en image le mal être et l’angoisse et les scènes de shoot dans les chiottes publiques, tout un programme. Pourtant, ce n’est pas forcément la violence de ces scènes qui m’a le plus hantée dans ce livre, mais bien le cercle vicieux et son éternelle répétition, ce cercle qu’il est tellement difficile de quitter comme en témoigne le reste de sa vie. Les drogués ou anciens drogués se reconnaissent et se rassemblent. Et l’histoire se répète inlassablement.

9782081324473,0-1848520Dans sa nouvelle autobiographie, je retrouve Christiane en tant que lectrice adulte. Il faut bien revenir à la réalité : celle de la maladie, de l’addiction qui a continué au fil des années, et tout à la fois, du bonheur de la maternité et de la famille, et la chance d’avoir vécu jusque là. Ce nouveau livre, c’est un peu tout ça. De l’exotisme, du voyage, encore des témoignages sur son époque et certaines scènes de la drogues disparues (je pense à Zurich). Christiane s’est laissée convaincre de raconter la suite de son histoire par une jeune journaliste, Sonja Vukovic. Sans doute quelqu’un de fort bien puisque Christiane fuyait les reporters depuis plusieurs années. On ne regrette pas. On renoue un lien avec Christiane dont on s’aperçoit qu’on ne l’avait jamais perdu.

J’avoue avoir été toute émotionnée. C’est un profond coup de cœur et un récit qui continuera de marquer de nombreuses générations.
La page Facebook et le site officiel de Christiane Felscherinow en allemand et en français.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Le Bouquinovore
La Mouette bâillonnée
Le chat de bibliothèque

1981
1981, promotion du film aux USA.
christiane-felscherinow-veroeffentlicht-am-10-oktober-ihre-autobiographie-christiane-f-mein-zweites-leben-
2013

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3 réflexions sur “« Moi, Christiane F. … »

    1. Je l’ai lue adolescente et c’était déjà 20 ans après sa parution. Oui, le livre a bien vieilli, le film un peu moins. Il n’y a pas nécessairement d’aspects qui pourraient faire que ce témoignage devienne kitch, en réalité. Certaines choses sont encore très actuelles : misère des enfants qui vivent dans les cités, besoin d’appartenance à un groupe, besoin d’évasion par la drogue.

      Si possible, ne vous en passez pas!

      1. J’ignorais qu’il y avait un film.

        Pour moi besoin d’évasion n’a jamais voulu dire drogue ! Je pense plutôt vacances, sport,sortie entre potes, boire un verre, lire un bon bouquin ..

        Je ne suis pas sûre que ce livre m’intéresse .. à voir.

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