« Super Zelda » Lo Porto, Marotta

Super Zelda
L’incroyable histoire de la femme de Francis Scott Fitzgerald
Tiziana Lo Porto, Daniele Marotta
Trad. de l’italien par Louise Lavabre
Sarbacane, 2014

Elle dit que seules deux choses lui importent : 
la nage et les garçons. La rumeur court qu'elle se baigne nue. 
Elle en rit mais ne fait rien pour la démentir.

La vie de l’excentrique femme de Francis Scott Fitzgerald est enfin mise en images. De son enfance en Alabama, à la rencontre avec Francis, leurs voyages, leurs enfants, jusqu’à sa santé mentale déclinante qui la force à cesser les excès.

zeldaEn voilà un personnage bien intriguant que cette Zelda Fitzgerald. On l’adore, parce qu’elle est vive, insolente et libérée. On l’exècre, parce qu’elle est jalouse, hystérique et empêche son mari d’écrire. Alors que penser? Il faut tout simplement concevoir cette personne dans son entièreté. C’est ce que fait cette BD, avec beaucoup de poésie. Ce sont deux femmes qui s’attaquent à ce morceau de choix. Il fallait bien deux femmes pour parler de Zelda. Tantôt fascinées, tantôt inquiètes, leurs voix résonnent à travers celles des personnages qu’elles convoquent.

Un narrateur extérieur nous raconte la vie de Zelda, dans tous ses excès. On sent les auteures très documentées sur leur héroïne, aussi bien au niveau biographique que graphique puisqu’on retrouve dans leurs dessins des traces d’anciennes photos du couple. Plus qu’un portrait d’une seule femme, c’est aussi le portrait d’une époque et de toute une génération d’artistes fréquentant Paris entre les deux guerres. Cela m’a fait penser à beaucoup d’égard à Minuit à Paris de Woody Allen. On croise donc Hemingway, John Dos Passos ou Dorothy Parker, gravitant tous autour du couple.

scottzelda2C’est un dessin très poétique aux teintes de nostalgie : uniquement coloré avec du bleu clair. Cela ressemble à d’anciennes photos. Une couleur froide pour raconter la vie d’une personne débordant de passion, cela peut sembler contradictoire, mais c’est finalement pertinent. Le trait est tour à tour précis et maladroit. Les visages ne sont pas forcément toujours détaillés à outrance. Mais ce n’est pas gênant. Les traits se brouillent comme les souvenirs.

Une très belle BD, destinée aussi bien aux amateurs de littérature ou des Années Folles, aux curieux, aux femmes fortes et faibles, aux amoureux et aux passionnés.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
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Une autre histoire

SuperZelda_2

– L’ennui avec toi, Zelda, c’est que tu ne t’es pas contentée de boire à la fontaine de la jeunesse. Tu as continué à te pencher du parapet pour contempler ta propre image, jusqu’à tomber dedans et t’y noyer ou presque.
– Je ne me penchais pas pour contempler mon image, j’essayais de te repêcher.

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2 réflexions sur “« Super Zelda » Lo Porto, Marotta

  1. J’adorais découvrir cette BD ! Elle a l’air très sympa et le dessin original. J’espère autant aimer que toi =)

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