« Dieu me déteste » Hollis Seamon

Dieu me déteste
Hollis Seamon
Trad. de l’américain Marie de Prémonville
La Belle colère, 2014

"Tu es là pour quoi, fiston? Qu'est-ce qui ne va pas?" 
Et là, je fais mes grands yeux innocents 
et mon air sérieux, et je réponds : 
"J'ai un DMD. DMD, comme dans Dieu me déteste." 
Qu'est-ce que vous voulez que je vous réponde d'autre? 
Le syndrome DMD, c'est la seule réponse qui ait un putain de sens.

Richard vit dans une unité de soins palliatifs. Avant d’être « l’incroyable garçon mourant », il est surtout un adolescent qui aimerait vivre une vraie vie d’ado : fuguer pour aller s’amuser le soir d’Halloween, être obsédé par la perte de sa virginité et se faire entendre au milieu des adultes, entre autre choses…

dieu me detesteJ’ai repéré ce roman grâce à une belle campagne de publicité dans le métro où on le voyait dans les mains d’auteurs, notamment Héloïse Guay de Bellissen dont j’avais parlé il y a quelques mois pour son très bon roman sur Kurt Cobain. Chez la Belle Colère, on fait des « romans pour adultes dont les héros sont adolescents ». Des romans frappants, marquants, qu’on a envie de transmettre aux adolescents. Et c’est tout à fait ce que j’ai envie de faire avec leur première parution.

Richard est un ado. Il est même plus ado que malade du cancer. Sa maladie, il n’en parle pas tout de suite. Il parle surtout de la vie à l’hôpital. Je répète. De la vie à l’hôpital, en service de soins palliatifs. Il vous prend comme ça, avec son langage parlé, l’air de rien. Il vous fait faire le tour de son quotidien. Vous ne vous méfiez pas. Et au détour du couloir, BIM, vous vous prenez une grosse claque. Voilà exactement l’effet que m’a fait ce roman. Il nous prend en traître et nous en met un grand coup dans la figure.

Pas la peine de vous raconter l’histoire. L’intérêt ne réside pas dans les détails de la maladie ou de la lutte héroïque pour la survie. C’est surtout l’art de s’en détacher, de montrer qu’on a les mêmes besoins que tout le monde, même malades. Que la vie continue, jusqu’à ce qu’elle s’arrête. Et Richard, il compte bien la vivre jusqu’au bout. Ne sortez pas les kleenex. Nul larmoiement à prévoir. Pas que ce soit une happy end mais c’est une fin ouverte bien plus adaptée au roman. Une parfaite conclusion. C’est un roman qu’on pourrait éventuellement rapprocher des Etoiles contraires de John Green même si le sentiment qui en ressort est vraiment très différent. Beaucoup plus sarcastique et noir, même si plein d’espoir malgré tout.

La Belle colère publiera 4 romans par an. A guetter attentivement. Pour leurs beaux livres, aussi bien dedans que dehors.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Plume de Cajou
Lire au jour le jour
A chacun sa vérité

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Une réflexion sur “« Dieu me déteste » Hollis Seamon

  1. Livre prévu pour mes vacances ! vraiment hâte de le commencer ! dans le même ordre d’idée, je conseille « les mots qu’on ne me dit pas » de Véronique Poulain. Il aborde certes le thème que la famille Bélier ( Une fille entendante ayant des parents sourds) mais le ton est radicalement différent: caustique, drôle et surtout véridique !
    https://clairebelgato.wordpress.com/2015/02/21/les-mots-quon-ne-me-dit-pas/
    bonne fin de semaine !
    Clairebelgato

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